Notes de Prod. : Les Insurgés

    en DVD le 16 Septembre 2009

Notes de Production

« Nous sommes peut-être chassés comme des animaux, mais nous ne deviendrons jamais des animaux. Nous avons tous fait ce choix pour vivre comme des humains libres aussi longtemps que nous le pourrons. Chaque jour de liberté est un acte de foi et si nous devons mourir en essayant de vivre au moins nous mourrons comme des êtres humains.»

Tuvia Bielski, les Insurgés

C’est une histoire comme seule la réalité sait les inventer. Les Insurgés est l’incroyable histoire vraie de trois frères et de leur extraordinaire héroïsme pendant la Seconde Guerre mondiale. Faisant front devant la barbarie, Zus, Asael et leur aîné Tuvia vont se battre sans jamais renoncer. Ils se sont cachés pour survivre, ils vont combattre pour un idéal bien plus grand : la liberté.
Lorsque leur petit village d’Europe de l’Est est envahi pendant le Blitzkrieg, les frères Bielski se réfugient dans une profonde forêt biélorusse qu’ils connaissent depuis leur enfance. Avec l’aide d’un groupe de résistants russes, ils vont contrecarrer les plans de leurs redoutables attaquants et rapidement recueillir des centaines de pourchassés. Face à l’adversité, ils reconstruiront un village dans la forêt où ils vivront pendant toute la guerre en sauvant la vie de plus de 1200 réfugiés.

Edward Zwick, le célèbre réalisateur de Glory, et Blood Diamond, est connu pour allier grand spectacle et humanité. Avec les insurgés, il porte pour la première fois à l’écran cette histoire extraordinaire. Il est question de la vengeance et du salut, de la force de l’union dans l’épreuve, et de la volonté de vivre quand tous les espoirs semblent perdus. Tourné en Lituanie avec un casting d’acteurs international mené par Daniel Craig et Liev Schreiber, les cinéastes ont voulu recréer le plus fidèlement possible cette histoire remarquable qui offre un nouveau regard sur la Seconde Guerre mondiale. Edward Zwick observe : « L’image que nous avons de l’Holocauste est celle d’une implacable persécution qui n’a laissé aucune chance aux juifs.
C’est évidemment ce qui s’est passé partout en Europe, mais je crois qu’il faut aussi avoir un regard plus précis sur cette notion, comprendre qu’il existe une différence entre la passivité et l’impuissance, et savoir que certaines personnes ont eu la farouche volonté de résister aux assassins du Reich. Les Insurgés raconte l’histoire de ceux qui se sont battus, mais c’est aussi une histoire qui nous interpelle : qu’aurions-nous fait dans les mêmes circonstances ? »

Cinq génération plus tard, l’histoire d’un combat enfin révélée

Le combat des frères Bielski et de la communauté qu’ils ont formée est une des histoires les plus exceptionnelles de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, peu de gens en ont entendu parler. Cette épopée a été racontée pour la première fois à la fin de la guerre en 1944, lorsque des témoins ont eu la surprise de voir 1200 juifs sortir des bois. Le spectacle était tellement surréaliste que les gens pensèrent d’abord qu’il s’agissait de fantômes. Comment tous ces juifs avaient-ils pu survivre alors qu’ils avaient été envoyés par milliers dans les camps de la mort ? Les survivants racontèrent comment les frères Bielski leur avaient sauvé la vie.

À l’époque où l’antisémitisme se répandait chaque jour, les Bielski ont grandi dans la ferme de leurs parents à Stankevich, dans ce qui est actuellement la Biélorussie, mais qui appartenait alors à l’Union Soviétique. Charismatiques et physiquement impressionnants, les trois frères Bielski étaient connus pour leur goût pour la bagarre et leur rejet de l’autorité. Quand, après une violente attaque terrestre et aérienne, les nazis ont envahi le pays en 1941, les trois frères ont rapidement été désignés comme des perturbateurs potentiels et pris pour cibles par les SS et la police locale. Très vite, les tragédies se succédèrent et leurs parents et la plupart des membres de leur famille – dont la femme et la fille de Tuvia – furent tués au cours de l’exécution massive de 4000 juifs dans le ghetto de Novogrudok.
Pour sauver leurs vies, les frères se réfugièrent dans les vastes et profondes forêts qu’ils connaissaient depuis leur enfance. Là, hors de portée de leurs persécuteurs, ils formèrent un groupe de partisans déterminés à affronter l’occupant nazi et leurs collaborateurs. Mais ce qui avait débuté comme un combat pour la survie et la vengeance prit rapidement une ampleur inattendue, et se transforma en un sauvetage d’un maximum de juifs, qu’ils soient jeunes ou vieux, riches ou pauvres. Grâce au courage et à l’intelligence de Tuvia, le succès de cette mission dépassa tout ce qu’ils avaient pu imaginer.

Les Bielski aidèrent des centaines de juifs à fuir des ghettos et à échapper aux massacres et à la déportation. Après avoir fui et changé de lieu à chaque alerte, les Bielski construisirent dans la forêt de Naliboki un village composé d’abris souterrains (appelés zemlyankas) auxquels s’ajoutèrent par la suite un hôpital de campagne, un moulin, une forge, une boulangerie, des bains, et même un théâtre et une synagogue. Alors que l’horreur était partout, le campement secret devint un véritable lieu de vie que ses habitants nommèrent la « Jérusalem des Bois ».

Le récit de leurs efforts s’étant répandu, la communauté fut rejointe par de nombreux réfugiés, parmi lesquels des médecins, des avocats, des fermiers, des charpentiers, des enfants, et des femmes qui montaient au combat avec les hommes. Malgré la malnutrition, les maladies, les patrouilles ennemies et les dissensions internes, la communauté parvint à maintenir une vie presque normale qui permit à chacun de garder espoir, et surtout, de vivre en êtres humains libres. Les enfants allaient à l’école, des couples tombaient amoureux et se mariaient, et tout le monde participait selon ses compétences à l’effort collectif.

Pendant ce temps, les nazis avaient promis d’énormes récompenses pour les têtes des frères, espérant ainsi mettre un terme à ce qui devint rapidement une source d’espoir pour ceux qui n’en avaient plus. Peu à peu, le village prospéra. Sa survie était assurée par ses combattants de fortune qui payaient de leur vie pour protéger la communauté, et pillaient des villages ennemis pour trouver la nourriture, les produits de première nécessité et les armes dont ils avaient besoin. Bien qu’extrêmes et meurtrières, leurs méthodes étaient efficaces, et le groupe Bielski, connu par les autres partisans qui se cachaient dans la forêt de Naliboki sous le nom de « Bielski Otriad », devint le plus grand groupe de partisans juifs de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, tuant plus d’Allemands et sauvant plus de juifs que n’importe quel autre groupe. On estime qu’environ 20 000 juifs se sont battus dans des unités partisanes en Europe de l’Ouest. Il y avait aussi d’autres groupes de partisans juifs cachés dans les forêts, dont celui de Zhukov et Zorin, mais ils étaient beaucoup plus petits que celui des frères Bielski.

Après la fin de la guerre, l’histoire des frères Bielski a bien failli sombrer dans l’oubli. Tuvia et Zus émigrèrent d’abord en Israël, avant de partir s’installer aux États-Unis, à New York, où ils devinrent de modestes routiers et chauffeurs de taxi. Si les survivants de la « Jérusalem des Bois » racontaient volontiers leur histoire, les frères Bielski n’ont jamais aimé parler du passé. Dans un article du New York Times en 2000, Sulia Rubin, une femme qui fit partie de la communauté, racontait : « Je n’aurais jamais survécu sans les frères Bielski. Est-ce qu’ils étaient parfaits ? Non, tout le monde fait des erreurs. Mais ma reconnaissance leur est acquise pour toujours, ils sont ma famille, je les aime. »

Ce n’est qu’après la mort de Tuvia en 1987, quand des chercheurs se sont à nouveau intéressés à certains aspects du conflit, que l’histoire des frères Bielski a été révélée au monde entier. Parmi les plus réputés de ces chercheurs, une historienne, le Dr Nechama Tec, professeur émérite de sociologie à l’université du Connecticut, a publié en 1993 « Defiance : The Bielski Partisans ». Les longs entretiens de Nechama Tec avec ceux qui étaient encore en vie donnèrent un premier aperçu de cette remarquable aventure. Dans un article, le Los Angeles Times décrivit le livre en ces termes : « une des histoires les plus édifiantes et exaltantes de cette chronique de la mort et du désespoir qu’est l’Holocauste. »

Quand le scénariste Clayton Frohman a lu le livre de Nechama Tec, il s’est demandé pourquoi l’histoire de la résistance juive était autant méconnue. Tout le monde avait entendu parler du soulèvement du ghetto de Varsovie et des Justes comme Oskar Schindler, mais personne ne parlait jamais de la résistance juive. Clayton Frohman raconte : « J’ai grandi dans la tradition juive, j’ai lu beaucoup de choses sur l’Holocauste et mon père était un soldat américain pendant la Seconde Guerre mondiale, j’ai donc entendu bien des histoires très intéressantes sur cette époque, mais personne ne m’avait jamais parlé des Bielski. J’avais le sentiment qu’il fallait absolument raconter cette histoire et montrer aux gens que des juifs s’étaient battus et avaient résisté. Toute ma vie, j’ai entendu dire que les juifs avaient été des victimes impuissantes qui ont accepté leur sort avec résignation. C’était ce que voulaient nous faire penser les Allemands, et ils ont presque réussi.

Pour moi, ce film a une grande importance parce qu’il raconte un aspect de notre histoire que nous avons bien failli oublier. » Clayton Frohman donna le livre de Nechama Tec à son ami, le réalisateur Edward Zwick. Clayton Frohman explique : « En tant que cinéaste, Edward sait combiner l’intime et l’épique, et mettre en scène des personnages complexes dans des histoires intenses où leurs vies sont en jeu. Nous tenions une chance unique de faire un grand film d’action dramatique comme on en fait rarement aujourd’hui. » Une seule lecture du livre de Nechama Tec a suffi à Edward Zwick pour partager la passion de Clayton Frohman pour cette histoire, et il a décidé de faire tout ce qui était en son pouvoir pour la porter à l’écran. Ce fut le début d’une collaboration qui dura dix ans avant de lancer la production du film. Edward Zwick raconte : « Les hommes ont toujours accordé de l’importance à leur passé. Avec Les insurgés, je voulais raconter une histoire riche et prenante, mais je me sentais aussi l’obligation de rester fidèle à la réalité des faits. C’est une aventure passionnante, mais c’est aussi un récit qui pose de nombreuses questions, qui pousse les spectateurs à se demander ce qu’ils auraient fait dans les mêmes circonstances, et qui les aide à comprendre le monde moderne. Malheureusement, dans des conflits modernes comme en Bosnie ou au Darfour, nous sommes encore les témoins de l’horreur du génocide. »

Deux pour une vie

Écrire un scénario basé sur l’épopée des partisans des Bielski a été un travail long et délicat. Plusieurs versions ont été rédigées avant d’arriver au scénario définitif du film. Clayton Frohman raconte : « Écrire ce livre a été un acte de foi. Je n’avais jamais imaginé qu’un jour je me retrouverais à Vilnius, là où est né mon grand-père, en train de tourner ce film avec des acteurs aussi fantastiques. Pour moi, c’était le rêve d’une vie qui se réalisait. »
Pour porter cette histoire à l’écran, la plus grande difficulté a été de condenser les trois années de combats, la rivalité entres les frères, et toutes les épreuves qu’ils ont endurées, en seulement deux heures. Edward Zwick note : « Je voulais rester fidèle aux événements, mais je ne voulais pas non plus faire un documentaire. J’ai toujours vu ce film comme l’histoire de personnes déterminées qui parviennent à conserver leur humanité dans les pires circonstances. En plus de mettre en scène des personnages passionnants, je voulais offrir un vrai spectacle. Par chance, nous n’avons pas eu à changer beaucoup de choses pour y parvenir parce que tous les ingrédients nécessaires pour créer un film plein de suspense étaient déjà présents dans l’histoire originale. »

Toujours par souci de fidélité, Edward Zwick n’a pas voulu passer sous silence les violences commises par les partisans au nom de la survie. Edward Zwick déclare : « Les Bielski n’étaient pas des saints. Ils étaient des héros imparfaits, et c’est ce qui les rend aussi fascinants et proches de nous. Malgré cela, je pense qu’ils ont aussi découvert en eux une humanité et une beauté à laquelle ils ne s’attendaient pas. Leur communauté devenant chaque jour un peu plus grande, ils ont été obligés de devenir de vrais chefs, d’assumer cette responsabilité énorme et de donner le meilleur d’eux-mêmes. Ils ont dû faire face à des choix moraux très difficiles que le film aborde : faut-il devenir un monstre pour combattre un monstre ? Doit-on sacrifier son humanité pour sauver l’humanité ? »

D’autres aspects rencontrés étaient de nature plus intime. Edward Zwick ajoute : « Même dans les temps les plus difficiles, et en particulier en temps de guerre, l’amour et le désir sont toujours présents. Les gens qui ont tout perdu ont encore plus besoin que les autres de réconfort et d’amitié. Dans leur détresse, ceux qui ont perdu les êtres qu’ils aimaient ont tenté de se consoler auprès des personnes qui les entouraient. C’est ainsi que sont nés les « époux des bois », des hommes et des femmes dont la relation reposait souvent plus sur un besoin de chaleur que sur une véritable histoire d’amour. Beaucoup d’entre eux ignoraient où se trouvait leur ancien conjoint, et même s’il ou elle était vivant. Vouloir en prendre un autre était simplement humain. C’est ce que nous avons essayé de montrer à travers la relation de Zus et Bella. »
Pour Edward Zwick, montrer avec réalisme la traque dont les partisans ont été la cible était un élément clé de sa vision du film. « Je crois qu’il est important pour les spectateurs de comprendre ce qu’ont enduré ces gens qui ont vécu dans des conditions effroyables, dans le froid et la saleté, affamés, constamment apeurés et cachés, et qui malgré cela ont découvert en eux ce qu’ils avaient de meilleur. »
Le fait est que sous une telle pression, beaucoup d’entre eux se sont découvert un courage et une compassion qui sont mis en avant dans le scénario. Pour Edward Zwick, le personnage le plus important du film n’est pas un individu, mais la communauté tout entière. « Tuvia, Zus et Asael sont des personnages forts, explique le réalisateur, mais la communauté est un groupe invincible. C’est un véritable personnage qui exprime peu à peu sa propre volonté et son identité. Une dynamique fascinante se développe entre l’expression des besoins individuels et la survie du groupe dans son ensemble. »

Le producteur Pieter Jan Brugge commente : « J’ai été très impressionné par le scénario de Clayton Frohman et Edward Zwick. C’était une histoire passionnante qui avait à la fois beaucoup d’ampleur et une intimité très touchante. Pour moi, c’est le film le plus personnel d’Edward, je ne l’avais jamais vu aussi concerné et touché par une histoire. On ne peut faire son travail de producteur correctement qu’avec un réalisateur qui a une vision très claire de son film. Je me sentais le devoir de raconter cette histoire au monde entier, et grâce à Edward ce rêve est devenu une réalité. »

Trois frères

Malgré leur individualisme farouche et une saine rivalité, les Bielski étaient des frères tout à fait normaux unis par l’amour et la loyauté, et Edward Zwick voulait pour les incarner des acteurs capables de créer entre eux ce lien fraternel.

Edward Zwick raconte : « Daniel Craig et Liev Schreiber ont développé hors écran une relation de franche camaraderie, ils n’arrêtaient pas de plaisanter et de se taquiner, et cela donne à leurs scènes communes un humour et une émotion que nous n’attendions pas. Daniel et Jamie Bell sont aussi devenus très proches l’un de l’autre, Daniel l’a pris sous son aile et a joué avec lui le rôle d’un grand frère, à la fois devant la caméra et dans le privé. »

Le film a vraiment pris forme quand Daniel Craig a accepté de jouer le rôle de Tuvia, le frère qui devient le chef de la communauté. Bien qu’il soit plus connu pour la noirceur de son interprétation de 007 dans les deux derniers James Bond, Daniel Craig a aussi joué une grande variété de rôles salués par la critique. C’est cette capacité à incarner des personnages très différents les uns des autres qui a poussé Edward Zwick à vouloir travailler avec lui. Le réalisateur confie : « Daniel est un homme d’une très grande modestie, mais il dégage une puissance et une énergie absolument incroyables. Il est très expressif mais ce n’est pas quelqu’un qui se dévoile très facilement. Il est aussi physiquement très impressionnant et tous ceux qui ont connu Tuvia ont raconté que c’était un homme fort et charismatique. Et puis je savais que bien qu’il soit devenu une énorme star, Daniel est resté un acteur aussi courageux qu’exigeant. »

Mickey Bielski, le fils de Tuvia, dit à propos de son père : « C’était un homme plein de contradictions. Je l’ai toujours vu comme un homme en qui cohabitaient une force physique prodigieuse et une bonté de cœur incroyable. Ces deux parties de lui- même étaient aussi importantes l’une que l’autre, et parfois j’avais le sentiment que ces deux qualités étaient en guerre l’une contre l’autre. »

Daniel Craig voit Tuvia comme un héros malgré lui, un homme que des circonstances extrêmes ont poussé à devenir un chef et un protecteur, mais aussi comme un représentant de tous ceux qui n’ont pas survécu. L’acteur confie : « J’ai été fasciné par sa capacité à réagir et s’engager pour les autres, mais je pense qu’il n’était pas si différent de ceux avec qui il a combattu. La seule différence est qu’il a survécu, c’est pour cela que nous pouvons raconter son histoire. »
Le fait que Tuvia choisisse de sauver des vies plutôt que de chercher à se venger a beaucoup touché Daniel Craig. L’acteur commente : « Avoir pris cette décision d’agir est tout simplement époustouflant. Je pense que la tragédie qui se déroulait autour de lui l’a tellement blessé dans son humanité que réagir a aussi été une façon de reprendre le contrôle de la situation. Ce point constituait le plus grand enjeu de son interprétation. « Je pense que Tuvia était plus motivé par l’idée de créer une famille et une communauté que par l’idée de se battre. C’est devenu sa raison de vivre, et pour moi c’est le thème majeur du film. »

Malgré son admiration pour Tuvia, Daniel Craig a brossé le portrait nuancé d’un homme en conflit avec lui-même et qui n’était pas dénué de défauts. Il explique : « C’était un véritable dictateur dans le camp, mais ses règles et sa vigilance ont permis à tout le monde de survivre. Il résolvait les problèmes d’une façon très brutale, et même si le contexte de l’époque appelait parfois des solutions extrêmes, certaines choses qu’il a faites sont indéfendables. »
Malgré cela, Tuvia est aussi capable d’une certaine tendresse qui ne se révèle que dans sa relation avec son « épouse des bois », Lilka, avec qui il établit une confiance fragile. L’acteur explique : « Tuvia ne cherche pas l’amour. L’entrée de Lilka dans sa vie le surprend donc beaucoup, mais c’est aussi ce qui rend leur relation si romantique. Après la guerre, Tuvia et Lilka ont passé le reste de leur vie ensemble, je trouve cela assez incroyable. Je pense que dans ce genre de situation votre partenaire devient plus que votre ami ou votre amant. Chacun est devenu pour l’autre une personne qui faisait d’eux un être humain et qui stimulait au plus haut niveau leur instinct de survie. »
Si la force et la fermeté de Tuvia faisaient de lui un chef, le charisme et la faculté d’adaptation de Zus, son jeune frère, faisaient de lui un homme d’action. Edward Zwick a toujours vu le parcours de Zus de la fureur à l’engagement comme un des thèmes principaux du film. Le réalisateur commente : « Parfois, les gens trouvent ce qu’ils ont de meilleur en eux dans les pires circonstances, et Zus est une personne pour qui cet horrible moment est devenu une libération. Au lieu de passer le restant de ses jours avec sa rage et sa blessure cachée, il a trouvé une façon de s’exprimer dans la violence, et Liev a donné à son parcours une extraordinaire profondeur émotionnelle. »

Liev Schreiber est un comédien de théâtre primé et un acteur polyvalent. Il a approché son personnage en explorant les contrastes entre Zus et Tuvia. Le comédien note : « Zus cherche toujours à se battre. Il pense que la chose la plus importante est de faire payer quelqu’un pour la perte de sa famille et pour tout ce qu’il a enduré. » Finalement, le désir de se battre de Zus l’entraîne loin de ses frères dans les camps de partisans russes. Bien qu’il assouvisse son désir de vengeance contre les Allemands avec ses nouveaux compagnons d’arme, Zus comprend qu’il s’est trompé. Liev Schreiber explique : « C’est une période difficile pour Zus, parce qu’il prend conscience que son vrai foyer se trouve auprès de ses frères et qu’il appartient à une famille. »

Avec son incontrôlable penchant pour la violence, Zus est un personnage qui divise ses compagnons, mais Liev Schreiber met en garde ceux qui voudraient le juger depuis le point de vue confortable de nos vies modernes. « La moralité n’a pas cours en temps de guerre, et c’est à cela qu’étaient confrontés les partisans, Zus, Tuvia, et certainement tous les Alliés. Les horreurs et la douleur que ces gens ont endurées pour survivre aura toujours autant d’importance que l’héroïsme dont ils ont fait preuve. » L’intensité et la violence du personnage de Liev Schreiber étaient souvent compensées par la camaraderie qu’il a développée hors écran avec les autres acteurs.
L’acteur se souvient : « Daniel était toujours plein d’humour et de bonne humeur, nous avons beaucoup répété ensemble. Travailler et échanger des idées avec lui était formidable. Le personnage de Zus s’est vraiment développé pendant nos séances de travail et ce fut un véritable plaisir. »

Le troisième frère Bielski, Asael, est interprété par Jamie Bell, le jeune acteur anglais révélé par le rôle-titre de Billy Elliot de Stephen Daldry. Jamie Bell a beaucoup aimé le réalisme qui teinte la relation des trois frères. Il commente : « Tuvia et Zus sont deux fortes têtes et Asael se retrouve sans cesse entre les deux. C’est souvent comme cela dans une famille. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Asael parce qu’il tente d’unir ses frères autour de la notion de loyauté, et réussit à grandir et à trouver sa propre identité entre ces deux hommes. » Asael aide aussi Tuvia à accepter le fardeau que représentent ses responsabilités vis-à-vis du groupe. Jamie Bell explique : « Comme beaucoup de petits frères, Asael idolâtre son frère aîné, et quand il le voit vaciller il a la force d’aller le voir et de lui demander de se reprendre. Il lui donne la force de rester dans le droit chemin et de devenir le chef qu’il a accepté d’être. »

L’interprétation des frères Bielski a été facilitée par une alchimie immédiate entre les trois acteurs qui les incarnent. Jamie Bell note : « Voir la vitesse à laquelle Liev, Daniel et moi avons développé cette dynamique était fascinant. Même quand les caméras ne tournaient pas, Daniel se comportait avec moi comme un véritable grand frère. Il était donc très facile de le regarder avec les yeux d’un petit frère. C’est un acteur fantastique qui a su rester simple malgré la célébrité. Il est au sommet de sa carrière, et il la dirige de main de maître. Le plus important est qu’il adore faire des films. »
Comme ses frères, Asael se trouve aussi une « épouse des bois ». Jamie Bell note : « Ce qui est très intéressant avec Asael, c’est qu’il est au début très naïf et mal à l’aise avec les femmes. Sa progression vers le mariage est donc très émouvante. » Jamie Bell a aussi apprécié les liens avec les Lituaniens qui jouaient les seconds rôles et les figurants. Il commente : « Ils ont tous travaillé très dur. Grâce à leur implication, nous avions vraiment l’impression d’être la véritable Bielski Otriad. »

Une famille dans la tourmente

Après avoir trouvé refuge dans les bois, une vie incertaine et dangereuse commence pour les frères Bielski, qui va se révéler plus riche qu’ils ne l’avaient imaginé. Peu à peu, la communauté va s’agrandir, et les frères vont se retrouver à la tête d’un véritable village peuplé de combattants, d’instituteurs, d’enfants, de docteurs et de vieillards.
Comme beaucoup de leurs compagnons, chaque Bielski va rencontrer une femme qui aura un profond impact sur sa vie. Pour Edward Zwick, le choix de ces trois « épouses des bois » était aussi essentiel que celui des acteurs qui interprètent les frères. Pour jouer celle qui passera toute sa vie avec Tuvia, Lilka, une femme raffinée qui a étudié la musique à l’université et dont la vie dans le campement va développer en elle une farouche indépendance, Edward Zwick a choisi Alexa Davalos. À propos de Lilka et Tuvia, Edward Zwick explique : « Leur histoire d’amour n’est pas conventionnelle. Ils considèrent leur mission comme bien plus importante que leurs sentiments. Malgré cela, les scènes où Daniel et Alexa sont ensemble sont d’une grande beauté. Au début il tente de lui résister, mais son besoin d’amour finira par l’emporter. »

Alexa Davalos a immédiatement été attirée par la force intérieure de Lilka. L’actrice déclare : « Sa capacité à se dresser pour défendre ce qui est bien est ce qui attire Tuvia vers elle. Elle se bat pour ses convictions, c’est une qualité rare chez une femme de cette époque, et une chose qu’ils ont en commun. »
Pour Alexa Davalos, les scènes comme celle où Lilka et Tuvia sont étendus sur un lit de paille, loin de la violence et de la peur qui les entoure, est ce qui donne au film une humanité qui le propulse bien au-dessus d’un simple film de guerre. La comédienne raconte : « Daniel et moi avons beaucoup discuté de la façon de jouer leur relation. Daniel est très ouvert et très généreux et cela nous a aidés à laisser de côté notre réserve naturelle. Je pense que ce sont des moments comme ceux-là, des moments qui n’arrivent que dans la vie réelle, qui donnent au film cette joie qui le traverse. Pour moi ce n’est pas un film sur la mort et la souffrance, mais un film sur la survie et sur le désir de profiter de chaque seconde que vous offre la vie. »

Le rôle de Chaya, la citadine qui touche le cœur d’Asael et avec qui il se cache pendant plusieurs jours, est interprété par Mia Wasikowska. Pour se préparer, la jeune actrice australienne a lu de nombreux livres sur la Seconde Guerre mondiale, regardé des films, et étudié la culture des juifs d’Europe de l’Est. Elle confie : « J’ai appris énormément de choses en faisant ce film. Il m’a vraiment ouvert les yeux. » Chaya se cache aussi avec Bella, une jeune femme qui deviendra très proche de Zus et qui changera profondément sa façon de voir les choses.
Pour jouer Bella, Edward Zwick a choisi l’actrice danoise Iben Hjejle, que le public a remarquée pour sa prestation dansHigh Fidelityde Stephen Frears. Iben Hjejle observe : « L’un des aspects les plus intéressants de cette histoire est qu’elle se déroule dans un environnement naturel. Même si survivre dans les bois a dû être très dur, je crois que la nature leur a aussi donné beaucoup de courage et de détermination parce qu’ils savaient que c’était le seul endroit où ils pouvaient vivre et mourir en hommes libres. »

De nombreux personnages secondaires peuplent le village. Parmi les plus étonnants d’entre eux se trouvent Shimon Haretz et Isaac Malbin, deux intellectuels qui mènent un débat existentiel houleux opposant la vie spirituelle et la vie matérielle, et ce même quand la bataille fait rage autour d’eux.
Shimon Haretz, un homme très religieux qui a été l’instituteur de Tuvia, incarne un des thèmes du film : comprendre la place de Dieu dans ce monde de souffrance et de destruction. Le personnage est interprété par Allan Corduner. Son propre grand-père étant mort à Auschwitz, cela donnait à son rôle une résonance particulière. Allan Corduner déclare : « Des histoires comme celle-ci ont eu lieu plus souvent que ne le racontent les manuels d’Histoire. Pour moi, il était très important de la raconter parce qu’elle montre que des juifs ont aussi pris les armes pour se battre contre la barbarie. J’ai aussi beaucoup aimé le scénario parce que sans être larmoyant, il était d’une très grande force émotionnelle. Beaucoup de choses restent implicites, et cela permet aux spectateurs de vivre une expérience très personnelle. » Allan Corduner a aussi été attiré par la relation de Shimon et Tuvia. « Les deux hommes partagent quelques moments très profonds et même parfois assez comiques. Voir ces deux souffrances se consoler l’une l’autre est très émouvant. » L’ami de Shimon, Isaac Malbin, est interprété par Mark Feuerstein.
Le comédien confie : « Shimon et Malbin sont comme Estragon et Vladimir dans « En attendant Godot ». Ces deux esprits brillants symbolisent un sujet central dans la vie intellectuelle juive qui concerne l’acceptation de l’horreur et de ce qui s’est passé. Ils se comportent entre eux comme les membres d’une famille juive chez qui hurler, se chamailler et se disputer est une forme d’amour. D’une certaine façon, leurs débats sans fin sont ce qui les garde en vie. » L’acteur ajoute : « Pour eux, le plus dur est de réaliser qu’ils sont inutiles. Dans le monde normal ils étaient des penseurs qui pouvaient aider les autres à comprendre l’univers, mais dans la forêt, leurs connaissances ont bien peu de valeur. Le village a besoin d’hommes capables de construire et de se battre, et cela va obliger Shimon et Isaac à repenser leurs rôles, à apprendre à se battre, à travailler avec leurs mains, et à faire ce qui est nécessaire pour survivre. »

Recréer le village dans les bois

Depuis le début, Edward Zwick savait que la production du film allait demander des moyens et une organisation complexe pour restituer l’ampleur et l’atmosphère de cette période de l’Histoire. Depuis la chorégraphie des scènes d’action et la création des décors et des costumes, jusqu’au tournage en lui-même, le processus s’annonçait aussi épique que l’histoire du film. Edward Zwick s’est entouré d’une équipe d’artistes hautement expérimentés avec qui il avait, pour la plupart, déjà travaillé, dont le directeur de la photographie Eduardo Serra, le chef décorateur Dan Weil, et la chef costumière Jenny Beavan. Le producteur Pieter Jan Brugge raconte : « Edward Zwick a recomposé l’équipe avec laquelle il a travaillé sur Blood Diamand
L’intensité du film ne se dégage pas seulement de la performance des acteurs, mais aussi d’un très grand nombre de détails dans les costumes, les accessoires et les décors, et cela aide beaucoup les spectateurs à entrer dans un monde qu’ils n’avaient jamais vu et dont ils n’avaient même jamais entendu parler. » Choisir où tourner le film fut la première question. Pour des raisons politiques, il était impossible de tourner en Biélorussie. En explorant les pays d’Europe de l’Est environnants, Edward Zwick et son équipe ont découvert la région de Vilnius en Lituanie, un pays qui offrait d’authentiques paysages naturels, et qui disposait d’une petite, mais dynamique, communauté cinématographique.

Pieter Jan Brugge reprend : « Les forêts lituaniennes sont extraordinaires. Dès que nous les avons vues, nous avons su que c’était l’endroit parfait pour tourner ce film. De plus, le fait qu’elles soient situées à moins d’une heure d’une grande ville était un avantage logistique. » Vilnius se souvient encore avec douleur du sort de sa population juive quand les troupes allemandes se sont emparées de la ville en juin 1941. En l’espace de quelques mois, les Allemands tuèrent 21 000 personnes et parquèrent ceux qui restaient dans deux ghettos situés dans la vieille ville juive. En 1943, le ghetto fut définitivement rasé, et les juifs encore vivants furent envoyés dans des camps nazis en Estonie et en Pologne, ou assassinés et enterrés dans les bois environnants. Sur une communauté qui comptait environ 60 000 membres, il ne reste plus aujourd’hui qu’une poignée de juifs à Vilnius. Les survivants de cette époque ont été particulièrement émus par le film et ceux qui s’étaient cachés dans la forêt pour survivre ont été émerveillés par l’authenticité des décors lorsqu’ils sont venus visiter les plateaux. Certains d’entre eux ont même été figurants. Edward Zwick raconte : « Se trouver dans un endroit où se sont déroulés tellement d’événements est forcément fort. Sentir autour de nous ces fantômes et la présence du passé a renforcé notre volonté de rester fidèles à l’histoire. Cela nous a vraiment donné envie de ranimer le souvenir en créant une histoire qui permettra aux générations futures de comprendre ce qui s’est passé. »

Pour créer un style visuel qui souligne plus l’instant que le passé, Edward Zwick a travaillé avec Eduardo Serra. Edward Zwick explique : « Je voulais donner aux spectateurs le sentiment que ces événements se déroulent en ce moment. Je ne voulais pas qu’ils aient l’impression de regarder un vieux film, ni même quelque chose de trop moderne ou tapageur qui les auraient distraits de l’histoire. La faible luminosité du Nord apporte à l’image une désaturation naturelle qui souligne l’obscurité des bois, l’humidité de la mousse, l’absence de ciel, et tous ces détails qui restituent la texture de la vie dans ces endroits. »

Les cinéastes ont passé des heures à explorer les archives photographiques russes qui regorgent de photos prises par les partisans pendant la guerre. Edward Zwick se souvient : « Nous avons trouvé beaucoup d’images très fortes, pas seulement des partisans de Biélorussie, mais aussi de ceux de Lituanie, d’Ukraine et de Pologne. C’était une véritable mine d’informations. » 13 Si Eduardo Serra et Edward Zwick voulaient donner un aspect très moderne à l’action, ils ont préféré ne pas utiliser des mouvements de caméra trop stylisés pour rester concentrés sur l’histoire et les personnages. Edward Zwick remarque : « Parfois, il faut laisser l’histoire se raconter d’elle-même et ne pas en rajouter. Nous étions remplis d’humilité devant la vie des gens dont parle cette histoire, et notre désir était de les honorer. »

Cette même volonté a influencé le travail du chef décorateur Dan Weil. Il a choisi de construire le village avec les moyens dont disposait la Bielski Otriad à l’époque, c'est-à-dire à la main et avec des outils simples, et ce, même pour creuser les bunkers souterrains, les zemlyankas, où les villageois dormaient sur des paillasses. Pieter Jan Brugge raconte : « Dan Weil taillait le bois à la hache et construisait les bâtiments exactement comme ils ont dû le faire dans la forêt. Et tous ses efforts avaient pour but de donner au public un aperçu de ce qu’a été la vie dans ce village. » La chef costumière Jenny Beavan a dû faire face à un défi similaire en habillant les personnages avec ce qui n’était souvent que des guenilles. Edward Zwick observe : « Avec un budget modeste, Jenny a été capable d’expliciter ce que faisait chaque personnage avant de vivre dans la forêt, qui ils étaient, et comment ils se sont adaptés à cette nouvelle vie. »

Les costumes de Jenny Beavan ont aussi permis aux acteurs de garder à l’esprit toutes les épreuves traversées par leurs personnages. L’actrice Alexa Davalos commente : « Jenny a compris qu’elle allait donner une seconde peau aux acteurs, c’est pour cela que ses costumes avaient l’air si authentiques. Même si mon personnage, Lilka, porte une veste d’homme, un pantalon et une ceinture, on peut encore voir dans sa façon de les porter l’ombre de celle qu’elle était auparavant. Les costumes nous ont beaucoup aidés à jouer nos personnages. »

Le film ayant été tourné presque entièrement en extérieur, les cinéastes ont affronté les rigueurs de la nature, depuis les pluies glaciales de la mer Baltique jusqu’au froid, l’humidité et la neige des plaines lituaniennes. Malgré cela, les acteurs et toute l’équipe ont fait preuve d’une remarquable endurance, trouvant sans doute là une inspiration qui les rapprochait encore des personnages.

Pieter Jan Brugge commente : « Ce que nous avons vécu pendant le tournage n’est rien à côté de ce que ces gens ont enduré pendant des années. Prendre conscience de cela et de l’importance que peuvent avoir leur survie et leur combat dans l’Histoire a été pour nous tous une véritable leçon d’humilité. »

La musique

L’un des autres éléments clés du film est sa musique. Edward Zwick explique : « Pour moi, la création d’un film ressemble à celle d’une musique. Il y a des passages qui sont en allegro, d’autres en andante, et d’autres en adagio. Il y a un rythme dans la narration, en particulier quand vous essayez de faire vivre pleinement une scène aux spectateurs avant de passer à autre chose. »
Cette musicalité se retrouve dans la bande originale épurée et fascinante de James Newton Howard, qui fait à nouveau équipe avec Edward Zwick après avoir 14 travaillé avec lui sur Blood Diamond. Le réalisateur et le compositeur ont demandé au jeune et dynamique violoniste Joshua Bell d’interpréter les solos évocateurs de la musique du film, en hommage à tous les artistes disparus en Europe pendant la guerre. Edward Zwick explique : « Je voulais une musique qui reflète l’époque et l’émotion du film. Le violon tient une place centrale dans la culture des juifs d’Europe de l’Est, c’est le son de ce qui a été perdu. Toute la musique du film a donc été composée autour de cet instrument. » Edward Zwick et James Newton Howard ont commencé à parler de la musique du film au tout début de la production. Edward Zwick raconte : « Voir James créer ces thèmes et ces musiques était fantastique. Il est extrêmement prolifique et critique envers lui-même. Il créait sans cesse de nouvelles mélodies sans jamais en être complètement satisfait. Nous avons jeté autant de très beaux morceaux que nous en avons utilisé dans la bande originale ! »

Comme Edward Zwick, James Newton Howard a été personnellement touché par l’histoire du film. Il confie : « Ce fut une expérience très émouvante et un réel plaisir d’écrire cette musique. Mon père était juif, et d’une certaine façon j’ai pu exprimer à travers la musique l’âme juive qui est en moi. » Le compositeur ajoute : « J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer sur la polyvalence musicale du violon. Cet instrument peut exprimer toute la palette des émotions humaines. Il peut être joyeux et enjoué, mais il peut aussi ressembler à des gémissements et des pleurs. Il peut exprimer la nostalgie et le désespoir, et c’est exactement ce dont nous avions besoin pour cette histoire.
C’est un instrument qui dégage tellement d’émotion qu’il fallait se garder de tomber dans le sentimentalisme. Nous avons donc choisi une approche assez minimaliste, et créé pour la musique du film des mélodies qui reposent sur des harmonies simples. » James Newton Howard a beaucoup apprécié de travailler avec le célèbre violoniste Joshua Bell, qui avait déjà interprété des solos de violon pour Le Violon Rougede François Girard. Joshua Bell raconte : « Je ne fais pas beaucoup de musiques de films, mais cette histoire était particulièrement intéressante. J’ai moi- même des origines juives, en fait ma grand-mère vivait très près de l’endroit où s’est déroulée cette histoire, et j’ai été très surpris de ne jamais avoir entendu parler des frères Bielski. Cela m’a ouvert les yeux sur une page de notre histoire que je ne connaissais pas.
Ensuite, j’ai reçu les musiques de James Newton Howard, qui étaient magnifiques. Pour moi, participer à la création de ce film fut un honneur. » Pour Joshua Bell, le violon permet de souligner la force et la passion des personnages. Il explique : « Le violon tient une place très importante dans la culture juive de cette partie de l’Europe. Le son qu’il produit va droit au cœur. James Newton Howard et moi-même avons cherché le juste équilibre entre la puissance et le mélodrame pour trouver la tonalité idéale. » James Newton Howard commente : « J’ai été très touché par la façon dont Joshua a su parvenir à cet équilibre. C’est un des plus grands violonistes au monde, et grâce à lui la musique du film atteint des sommets de beauté et d’émotion. »
L’intégration de la musique lors du montage final a reçu le même soin. Steven Rosenblum, monteur, explique : « James Newton Howard manie la musique avec une impressionnante précision. Edward et moi aimions tellement sa musique que nous avions tendance à la mettre un peu partout. Et puis Edward a fini par comprendre que le film avait son propre rythme, auquel la musique devait rester fidèle. »

Une fable de vie universelle

Pendant toute la production, Edward Zwick a entretenu des rapports étroits avec les membres de la famille Bielski, et en particulier avec les enfants de Tuvia et Zus, pour qui le film est devenu un moyen de transmettre l’héritage de leurs parents aux générations futures.
Les enfants Bielski ont longtemps ignoré l’histoire de leurs parents, et ils se souviennent que des trésors de patience et de ténacité leur étaient nécessaires pour leur arracher la moindre information sur ce qu’ils avaient vécu avant leur naissance. Mickey Bielski, l’aîné de Tuvia, raconte : « Ce sont des survivants qui m’ont parlé des secrets de mon père. Un jour, l’un d’entre eux m’a dit : « Ton père m’a sauvé la vie. » Je n’avais aucune idée de ce dont il parlait, mais cela a immédiatement éveillé ma curiosité. »
Comme beaucoup de survivants de l’Holocauste, Tuvia Bielski n’aimait pas parler du passé et préférait travailler pour assurer un avenir meilleur à ses enfants. Mickey Bielski note : « Je pense que mes parents voulaient juste prendre soin de leur famille et être des citoyens normaux, mais peu à peu nous avons réalisé qu’ils avaient une histoire à part. »
Les enfants Bielski ont été les premiers à encourager leurs parents à raconter leur histoire. Robert Bielski, un autre fils de Tuvia, se souvient : « Mon père était toujours très ému quand il racontait des histoires de cette époque, et plus il vieillissait, plus l’émotion était forte. Cela a donc été très difficile de lui faire raconter tout ce qu’il avait vécu. Souvent, il commençait d’une voix posée, et au bout de quelques phrases il était tellement bouleversé qu’il n’était plus capable de prononcer un mot. » Ruth Bielski, la fille de Tuvia, ajoute : « Lorsqu’ils ont réalisé à quel point il était important pour nous de savoir, ils ont commencé à raconter leur histoire, et nous sommes restés sans voix. Et je le suis encore. »
Zvi Bielski, un des fils de Zus, note : « Mon père était un peu plus causant que son frère aîné. Il aimait raconter comment ils avaient pris leur revanche sur les nazis. Il en était très fier, mais il était encore plus fier d’avoir sauvé tous ces gens. Le véritable héritage des Bielski, ce sont toutes ces personnes qui sont aujourd’hui sur Terre et qui sans eux n’auraient sans doute pas survécu. » Pour les enfants Bielski, l’idée d’un film était très excitante, non seulement parce qu’il parlait de leurs parents, mais aussi et surtout parce qu’il signifiait que cette histoire édifiante ne disparaîtrait pas avec eux. Ruth Bielski raconte : « Mon père savait que cette histoire ne serait jamais racontée de son vivant. Je suis triste qu’il ne soit plus là, mais je pense que ce film lui rend justice et fait honneur à sa mémoire. Nous avons maintenant le devoir de transmettre cette histoire à nos enfants, et j’espère que ceux-ci la transmettront aux leurs. Je pense que ce film y contribuera grandement. » Robert Bielski conclut :
« Quand nous avons rencontré Edward Zwick pour la première fois à New York, il nous a expliqué sa vision du film et nous avons immédiatement senti qu’il avait parfaitement compris le sens véritable de cette histoire. Il avait compris qui étaient vraiment les frères Bielski. Il avait aussi saisi que le fait d’avoir sauvé 1200 personnes, qui en sortant des bois sont revenues à la vie, leur a permis de donner naissance à cinq générations d’êtres humains libres. »

Notes de Tournage...

Le 9 Août 2007 - Daniel Craig au casting de " Defiance "

On vous en parlait il y a quelques mois, le prochain film d’Edward Zwick, Defiance propose d’ors et déjà un casting prometteur !

Le projet Defiance du réalisateur Edward Zwick prend de l’ampleur, le casting se dévoile petit à petit. On retrouvera donc dans les rôles principaux les « frères » Daniel Craig (Casino Royale), Liev Schreiber (Le Voile Des Illusions) et Jamie Bell (Mémoires De Nos Pères).
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 802 entrées
  • 1er jour IDF : 5 682 entrées
  • 1ère semaine IDF : 50 652 entrées
  • Cumul IDF : 97 030 entrées

  • 1ère semaine France : 150 293 entrées
  • Cumul France : 301 178 entrées