Notes de Prod. : Les Jolies Choses

    en DVD le 12 Juin 2002

Entretiens avec l'équipe du film

Entretien avec le réalisateur

Les Jolies Choses est l'adaptation d'un roman de Virginie Despentes : comment avez-vous découvert son univers ?
Le premier roman de Virginie que j'ai lu est Les Jolies Choses : j'ai tout de suite eu le sentiment que c'était un truc pour moi. Déjà, d'un point de vue narratif, c'était une bonne histoire avec beaucoup de rebondissements, de la violence, du romantisme et de la vérité. Mais surtout elle écrivait comme j'avais envie de filmer. Une poésie crue et moderne, un langage de la rue paradoxalement très littérale. C'est ce que je recherchais, elle assemblait des mots dont j'avais les images.

Vous avez tout de suite pensé à mettre en scène cette histoire ?
Oui, mais je n'imaginais pas une seconde pouvoir en acquérir les droits. Et bizarrement, au même moment, une amie m'a parlé du producteur Stéphane Marsil, qui avait envie de rencontrer des jeunes réalisateurs. Je suis allé le voir et je lui ai proposé d'adapter ce roman comme on jette une bouteille à la mer. Deux jours après, il me rappelait en me disant "On y va".

Entretien avec Marion Cotillard

Quelle a été votre première impression en lisant le scénario ?
J'ai senti ces personnages très proches de moi. Il y avait énormément de choses qui me touchaient. Mais à mes yeux, cette proximité était aussi attirante que dangereuse. J'avais peur que ça me mette en face de choses que je n'avais pas envie d'affronter à ce moment-là. A cette première réserve, s'est ajouté le fait que Gilles n'avait jamais réalisé de long métrage et que j'avais plutôt besoin d'être rassurée parce qu'il y avait deux rôles très lourds à jouer.

Qu'est-ce qui vous a finalement poussé à accepter le film ?
Après avoir d'abord refusé, je me suis mise à penser au film tous les jours. Tous les, jours, tous les jours, tous les jours. En me disant que j'avais fait une connerie de refuser. J'ai alors fait lire le scénario à deux proches, qui m'ont confirmé que c'était un film pour moi. A ce moment-là, j'ai appelé l'amie qui m'avait fait rencontrer Gilles pour savoir s'il avait trouvé une autre actrice. Comme elle m'a dit qu'il cherchait toujours, je me suis sentie autorisée à le rappeler. Bref, on peut dire que j'ai eu de la chance.

Entretien avec Stomy Bugsy

Connaissiez-vous l'univers de Virginie Despentes avant d'aborder le tournage du film ?
J'avais juste lu Les Chiennes Savantes. J'appréciais son écriture, son univers sexe, glauque, rebelle. Donc quand on m'a parlé du film, j'étais déjà très favorable.

Qu'avez-vous pensé à la lecture du scénario ?
J'ai adoré. Mais je ne pensais pas à mon rôle : j'étais surtout intrigué par le double rôle féminin. Je n'arrêtais pas de me demander quelle actrice allait faire ça. On voit peu de rôles aussi chauds. Et autant le dire tout de suite, je trouve que Marion s'en est brillamment sortie. C'est une très grande actrice.