Notes de Prod. : Les méduses

    en DVD le 06 Mars 2008

Les Méduses par Etgar Keret & Shira Geffen

Couple d’artistes israéliens, nous avons vécu la majorité de notre vie à Tel-Aviv. Il n’est donc pas étonnant que nous ayons choisi la mer comme personnage principal de notre premier film.

Dans cette réalité israélienne si dense, imprégnée de violence, de suspicion et d’idéologies extrémistes, la mer sert d’abri, de secours et de réconfort. Territoire autonome, la mer serait le seul lieu où l’homme est considéré comme un homme, et non pas comme un être vague se résumant à sa carte d’identité ou à son statut social.

Dans ce film composé de plusieurs histoires, la mer est l’élément fédérateur, comme une subconscience collective, un lieu où nos personnages peuvent se confronter à eux-mêmes. Les trois trames narratives du film fonctionnent ainsi comme les différentes facettes d’un même état d’âme. Un état existentiel fait de solitude et du désir inassouvi de communication et d’échange affectif.
Nos héros ont besoin d’un intermédiaire pour exprimer et transmettre leurs sentiments. Malka embrasse Joy, l’employée étrangère, pour toucher sa propre fille Galia. Michaël découvre les désirs et les angoisses de Keren, sa jeune épouse, grâce à la lettre de suicide découverte auprès d’une inconnue, rencontrée dans un hôtel. Et Batya réussit à renouer avec son passé à travers une petite fille perdue trouvée sur la plage. Même si l’histoire se déroule dans un lieu précis, la ville de Tel-Aviv n’est pas le Tel-Aviv connu. Grâce à un filmage particulier et à un cadrage très défini, nous avons souhaité recréer une réalité décalée de la ville telle qu’elle est montrée dans la plupart des films israéliens.

Comme un bateau enfermé dans une bouteille, le film tente de prendre cette ville connue à bien des égards et de l’installer dans une atmosphère différente, afin de créer une nouvelle réalité émotionnelle. Les héros du film ont l’illusion de choisir leur propre chemin. Ils se déplacent, tels des méduses, sans pouvoir contrôler leur vie. Les courants souterrains qui les poussent viennent du passé, d’expériences traumatiques ou de stéréotypes. A la fin du film certains personnages réussiront à les vaincre. Ils seront alors arrivés au bord de la plage, face à la mer. Et pour un instant ils pourront se tenir debout, dans un endroit clair et vrai. Et espérer.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 13 205 entrées
  • Cumul IDF : 31 577 entrées

  • 1ère semaine France : 25 944 entrées
  • Cumul France : 72 550 entrées