Les Poupées Russes
Genre : Comedie - Durée : 2H5 mn
Sortie en salles le 15 Juin 2005 - en VOD/DVD le 15 Décembre 2005
Presse
Spectateurs

Interview de Cedric Klapisch

Comment est né le projet des POUPÉES RUSSES ?
J'avais envie de retravailler avec , , , et ! Et puis, il y a eu aussi l'envie de retrouver le plaisir que j'avais eu en tournant L'Auberge Espagnole, un plaisir que je n'avais jamais connu avant. J'avais peut-être un peu peur d'aller vers le plaisir en pensant que s'il n'y avait pas de souffrance, il n'y avait pas de qualité... Avec L'Auberge Espagnole, je crois vraiment avoir découvert que c'était le contraire. J'ai donc eu envie de retrouver ce plaisir-là, (…) mais aussi de retrouver un style qui me permettait de me sentir assez libre dans la façon de raconter une histoire.C'est-à-dire le côté brouillon de Xavier et le fait de pouvoir raconter une histoire dans le désordre... Et puis, six mois après la sortie de L'Auberge Espagnole, quand je me suis décidé à faire une suite,je me suis rendu compte que le film n'était pas aussi bouclé que ça.

Lorsque vous avez parlé du projet aux acteurs, vous n'étiez pas du tout sûr de leurs réponses...
Non, je pensais même qu'ils allaient tous me dire non. Je me disais qu'ils n'auraient pas forcément envie de revenir sur les traces d'un personnage qu'ils avaient déjà interprété. Pour Romain, avec tout ce qui s'était passé par rapport au succès de L'Auberge Espagnole, je pensais que c'était lourd à porter. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu qu'on regarde ensemble les films de Truffaut avec Antoine Doinel. Je voulais qu'il voie un acteur jouer le même personnage à travers différentes époques... Et donc, après avoir vu ces films de Truffaut, le premier à me dire oui, c'était lui. Ensuite, je ne savais pas du tout si Cécile avait envie de rejouer le personnage d'Isabelle. Le fait d'avoir déjà joué une homo, je me disais qu'elle en avait peut-être assez ! Mais dès que je lui en ai parlé, elle a tout de suite voulu le faire, avant même de connaître le scénario. Et Audrey, je n'étais pas sûr de sa réponse parce qu'au moment deL'Auberge Espagnole, elle n'était pas connue comme elle l'est devenue après Amélie. Et elle a accepté sans hésiter aussi. Pour Kelly, je n'avais pas eu de nouvelles d'elle depuis L'Auberge Espagnole, (…). Mais quand je lui ai proposé le personnage de Wendy en lui disant comment il avait évolué, elle a sauté sur l'occasion ! Si l'un d'entre eux avait dit non, j'aurais peut-être abandonné l'idée d'une suite mais ils avaient tous tellement envie que ça m'a encore plus dopé à l'écrire...

Et quand avez-vous trouvé la trame de l'histoire ?
L'idée du film est née en faisant la promotion de L'Auberge Espagnole, à Saint-Pétersbourg. (...) je suis vraiment tombé amoureux de cette ville. Avec , on s'est dit que s'il devait y avoir une suite, ce serait bien qu'elle se passe ici. Et puis, parallèlement, on est tombé sur un événement qui a beaucoup marqué ce film. On a vu les coulisses d'un mariage dans un restaurant où le marié était complètement bourré dans les toilettes pendant que sa femme en robe de mariée l'attendait devant la porte. Avec Bruno, on s'est dit que ça pourrait être drôle si William se mariait en Russie. Et tout s'est enchaîné... Il y a eu à la fois la ville, cet événement-là et j'ai rajouté ce qu'était devenu Xavier à 30 ans, c'est-à-dire un célibataire qui cherche la femme de sa vie et qui a des démêlés avec son travail. Mais ce petit moment d'intimité (...) vécu à Saint-Pétersbourg, c'est vraiment ce qui m'a donné l'idée et l'envie de faire le film.

Pourquoi ce titre LES POUPÉES RUSSES ?
C'était le titre parfait ! J'avais envie qu'il y ait un rapport avec L'Auberge Espagnole et c'est aussi une expression qui utilise un pays. Au début, Xavier dit : «Écrire, c'est ranger le vrac de la vie»... J'ai toujours pensé qu'un scénario, c'était trouver la bonne boîte pour ranger les bons désirs ou les bonnes idées dedans. En tant qu'écrivain, Xavier cherche des boîtes et, parallèlement, cherche aussi la femme de sa vie. On met des boîtes dans d'autres boîtes pour essayer de ranger des sentiments complexes. Et, comme il le dit à la fin du film, les femmes qu'il rencontre sont comme des poupées russes. Et il doit bien y en avoir une petite cachée dans toutes ces boîtes et c'est celle-là qu'on cherche.

Et ces retrouvailles?

Comment se sont déroulées les retrouvailles de la bande?
: C'était un peu étrange...Quand le groupe s'est reconstitué, c'est parti dans tous les sens, mais dans le bon sens du terme. On s'est vite retrouvé dans un bar...C'était un peu la même ambiance qu'à Barcelone. Le temps a passé, nos parcours sont différents, on a changé... Mais il y avait un réel plaisir de se revoir.

: C'était formidable ! Il y avait un tel esprit de bande sur L'AUBERGE... C'était très émouvant de les revoir. On est beaucoup sortis tous ensemble... Tout le monde a accepté de revenir même ceux qui avaient des rôles moins importants. Ils étaient là avec le même enthousiasme et la même énergie, juste pour le plaisir d'être ensemble!
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