Une histoire d’amour
Cédric Kahn _
Les Regrets est parti du constat que j’avais toujours évité les émotions, même dans
L'Ennui, qui est d’abord une histoire d’obsession sexuelle, de cruauté et de rapports de force, pas de sentiments. Une histoire d’amour, c’est un basique au cinéma, l’équivalent d’un tailleur pour un couturier ! Au vu de l’histoire du cinéma, c’est ultra rebattu et classique, mais au vu de mon histoire personnelle, c’était un défi énorme !
Valéria Bruni Tedeschi _
Les Regrets est un film très romanesque qui pose la question : «Quand est-ce qu’on a vraiment aimé dans sa vie ? Est-ce aujourd’hui, il y a 20 ans, 6 ans ? Combien de fois peut-on aimer ? Quelle est notre capacité à aimer ? Et si un jour on a rencontré le grand amour, pourquoi n’est-on plus avec lui ? Est-ce que notre vie a du sens ailleurs que dans cet amour ? Autant de questions que parfois on n’ose pas se poser parce qu’elles peuvent être trop bouleversantes.
Yvan Attal _ On croit à l’histoire d’amour entre Maya et Mathieu. Elle n’est pas posée comme telle, on a vraiment l’impression qu’il faut qu’ils soient ensemble.
Arly Jover _ Est-ce vraiment de l’amour que Mathieu éprouve pour Maya ? N’est-ce pas plutôt une obsession, une maladie ? Peut-être qu’à 15 ou 16 ans, je prenais moi aussi cette forme de sentiments passionnés pour de l’amour. Plus maintenant. L’amour, c’est aussi partager le quotidien, voire le travail, comme le font Lisa et Mathieu. Mais peut-être que je pense ça parce que je jouais Lisa et que j’ai envie de défendre son couple !
Cédric Kahn _ Assumer le film comme totalement sentimental, c’était le plus périlleux pour moi ! Je ne voulais pas me cacher derrière une intrigue policière, une figure de style, une virtuosité ou un défi de mise en scène. Je voulais assumer que les sentiments soient à la fois le point de départ et d’arrivée du film. Je n’avais rien entre les mains, si ce n’est l’impudeur, la sincérité, l’expérience personnelle.
Le scénario
Cédric Kahn _ La construction était compliquée car je ne pouvais que forer, aller en profondeur, progresser «à la verticale», par rebondissements intimes. Je ne voulais pas m’appuyer sur des événements et obstacles extérieurs, car très vite, je serais tombé dans les codes de la comédie ou du drame sentimental. Dans
Les Regrets, l’amour est motivé et empêché de l’intérieur des personnages.
Valéria Bruni Tedeschi _ J’avais entendu parler du scénario et que Cédric pensait peut-être à moi. Mais il ne m’a pas contactée tout de suite. Ce projet était donc en attente dans un petit coin de mon imaginaire. J’étais contente et curieuse d’enfin le lire, d’autant plus que j’aime le cinéma de Cédric, que ça fait des années que j’avais envie de travailler avec lui.
Les Regrets fait partie des films que je n’ai pas choisis de faire. Il s’est imposé de manière évidente. Il y avait à la fois une simplicité et une complexité dans le scénario : complexité des sentiments et simplicité du récit.
Arly Jover _ C’est une histoire simple dont on peut se demander sur quoi elle tient. Les scénarios plus dramatisés et construits sont plus évidents. Là, c’était difficile d’identifier le film au scénario. Ce scénario, dans les mains d’un autre metteur en scène que Cédric, probablement que je ne l’aurais pas accepté. En gros, j’étais moins séduit par le scénario en lui-même que par la possibilité de travailler avec Cédric ! Je me disais qu’il aurait forcément un regard intéressant sur cette histoire.
Valéria Bruni Tedeschi _ J’aimais l’écriture des dialogues, simple et naturelle mais avec des surgissements de moments très littéraires, comme des monologues qu’il me semblait important de ne pas naturaliser ou gommer. Tout d’un coup, comme au théâtre, les personnages se mettent à parler, à parler...
Une histoire d’amour, 15 ans plus tard
Cédric Kahn _ Je voulais me confronter aux sentiments par le biais d’un retour d’amour en référence à
La Femme D'à Côté, qui est un film que j’adore. Il y a quelques films comme ça, avec lesquels on a une relation particulière qu’on n’explique pas forcément, qui fonctionnent comme des rencontres amoureuses, qui font partie de nous. Je ne voulais pas du tout faire un remake du film de Truffaut mais il était ma source d’inspiration. L’amour est encore plus vertigineux quand il s’agit de recommencer une histoire qui nous a laissés sur le carreau des années plus tôt. On revient sur un terrain miné, le suspense et les enjeux sont immédiats.
Les Regrets repose sur un principe de répétition et d’obsession : ce que Maya et Mathieu vivent sous nos yeux est la photocopie exacte de ce qu’ils ont vécu 15 ans plus tôt. Maya et Mathieu sont dans la reproduction. Chaque situation est hantée par un traumatisme antérieur.
Valéria Bruni Tedeschi _ Le récit de ces retrouvailles avec un ancien amour épouse un schéma classique. C’est presque un archétype : regretter ses choix, avoir envie de corriger sa vie, de la refaire... Quand on pense à ses anciens amours, on pense à la vie qu’on aurait pu avoir si on était resté avec eux.
Arly Jover _ Dans un couple, c’est bien de se ménager des temps de séparation, qui permettent de mieux se retrouver. Opportunité que n’ont pas forcément Mathieu et Lisa, qui travaillent ensemble. Ils n’ont pas d’espace pour se manquer, il n’y a pas la place pour les retrouvailles, comme c’est le cas justement pour Mathieu et Maya.
Cédric Kahn _ Les deux personnages n’ont pas la même attitude envers le passé. Maya est dans le culte du passé et elle a des comptes à régler. Elle aime toujours Mathieu mais elle lui en veut encore de l’avoir abandonnée. La peur et le ressentiment arment sa trajectoire, elle a envie qu’il souffre ce qu’elle a souffert. Au départ, c’est elle qui est la plus active à raviver le désir. Elle veut vérifier s’il l’aime encore. Même si c’est inconscient, elle est animée par un désir de vengeance. Mathieu est au contraire dans le présent, dans le réel, il ne regarde pas du tout derrière lui. La peur que Maya connaît aujourd’hui, il l’a traversée à l’époque. Il a fui la passion. Maintenant, il n’est plus mû que par l’amour et le besoin de reprendre cette histoire qu’il a interrompue prématurément.
Les contretemps de l’amour
Yvan Attal _ Maya et Mathieu ne font que se croiser, leur histoire n’est faite que de contretemps. Le film trouve sa forme et son rythme dans ces allers et retours constants. Ce sont eux qui donnent de l’énergie aux sentiments.
Cédric Kahn _ Le film décline une même situation qui évolue : Maya prend l’iniatitive, puis c’est Mathieu, le manque change rapidement de camp. C’est un va-et-vient permanent d’un personnage à l’autre. Et aussi un match de boxe. Il y a beaucoup d’amour et d’attraction dans leurs relations, mais aussi des rapports de force. Ils sont très différents dans leur attitude au monde mais ils se ressemblent dans leur immaturité, ils fonctionnent en miroir. Quand il y a des sentiments très forts entre deux personnes, c’est très ver- tigineux et ça fait peur. J’aurais pu appeler ce film : le vertige. On a tous connu, évité ou fantasmé ça.
Valéria Bruni Tedeschi _ Leurs retrouvailles sont comme un coup de foudre mais j’ai l’impression que Maya se laisse plus bouleverser et que Mathieu se protège plus de lui-même. Puis quand Mathieu commence à s’ouvrir, Maya commence à se fermer.
Yvan Attal _ Dans le scénario, il est dit qu’il se sont séparés parce qu’elle est arrivée en retard à l’un de leurs rendez-vous. Valéria et moi, nous n’étions pas d’accord avec cette raison : rater l’amour de sa vie pour un lapin ou un retard, c’est un peu dur ! Cédric m’a expliqué que Maya rendait dingue Mathieu parce qu’elle n’était jamais là quand il fallait et je me suis souvenu d’une histoire de ce genre que j’ai eue avec une fille qui se comportait comme un sale mec : elle venait quand elle avait envie ! Le reste du temps, elle était injoignable Elle me rendait dingue, je n’arrivais pas à résister. Quand j’ai repensé à cette fille, j’ai eu un déclic, j’ai compris que c’était possible de renoncer sur un détail. Comment peut-on laisser une fille sur un simple retard ? En fait, ce retard veut dire qu’elle ne sera jamais là au bon moment. Ils n’auront jamais leurs montres réglées à la même heure. Parfois, on passe à côté des gens parce que ce n’était pas le moment.
Valéria Bruni Tedeschi _ S’il s’en va du café, c’est parce que lui aussi se sent tout le temps abandonné par elle, lui aussi a la panique de l’abandon.
Yvan Attal _ À un moment, Mathieu est prêt à quitter sa femme pour Maya. Mais elle n’est pas au même endroit dans sa tête, elle a connu une autre vie. Elle est allée en Afrique, a eu un enfant dont le père est mort. Lui n’a pas encore fait ce chemin, il n’a pas eu d’enfants. C’est presque comme si sa vie n’était pas faite. Il en est encore à faire des concours comme un étudiant, il a une femme mais ils n’ont pas d’enfants. Maya a une longueur d’avance sur lui.
Un film d’action
Cédric Kahn _
Les Regrets parle de choses sentimentales et psychologiques mais le traitement est très concret : filmer la tension amoureuse, la pulsion, la peur que l’autre vous échappe. Je voulais que le film aille vite, qu’il soit elliptique, dense, monté comme un film d’action. Quand on est pris dans une histoire d’amour importante, elle prend la tête et le corps comme un suspense qui ne nous lâche pas. Le film va tout le temps de l’avant, il est très au présent. Ça vient du personnage masculin, du point de vue duquel je raconte l’histoire. Mathieu ne se projette ni dans l’avenir, ni dans le passé. C’est le passé qui le poursuit et la mise en scène suit le mouvement intérieur des personnages.
Valéria Bruni Tedeschi _ J’ai ressenti un suspense en voyant le film, il y a des coups de théâtre, des revirements, plein de ressorts dignes des films d’action. Ce film n’est pas une promenade, c’est une course !
Yvan Attal _ L’amour, ce n’est pas que des sentiments, c’est aussi à quelle vitesse on les vit. On ne vit pas les choses de manière objective quand on est dans une histoire. On passe de temps forts à des temps morts, de moments exaltants à des moments d’attente et de solitude. Au scénario, je ne mesurais pas forcément le poids de cette tension, de ces allers et retours constants, de ces contretemps qui donnent son rythme à
Les Regrets.
Arly Jover _ Le rythme du film épouse celui de Mathieu. Il est dans l’urgence, il veut rattraper le temps perdu, faire ce qu’il n’a pas fait 15 ans plus tôt.
Cédric Kahn _ J’aime filmer ce qui dépasse les personnages, ce qu’ils ne comprennent pas d’eux-mêmes. Les intuitions et les désirs de Maya et Mathieu devancent leurs pensées. À la gare, ils n’avaient pas l’intention de recoucher ensemble mais ils ont eu tellement peur de se louper que ce désir s’impose à eux. C’est la vraie scène d’amour du film, le moment des retrouvailles, là où ils pourraient repartir ensemble. J’aime voir les gens agir. Le comportement en dit beaucoup plus que les mots.
Maya
Cédric Kahn _ Maya est une amoureuse, sa vie est régie par ses émotions. Contrairement à la femme de Mathieu, elle n’est pas ambitieuse. Son métier est un simple gagne-pain, elle a vécu ici et là, est partie en Afrique, puis est revenue. C’est une nomade, une marginale. Elle vit avec un drôle de type, une sorte de hippie d’aujourd’hui.
Valéria Bruni Tedeschi _ Maya a l’impression que sa vie lui échappe, que le sol se dérobe sous ses pieds. Partir au bout du monde est sa façon à elle de rendre sa vie plus réelle, de se sentir exister. Mais c’est une illusion, bien sûr. Elle ne retrouve rien ailleurs de ce qu’elle n’a pas trouvé là où elle est. Chaque être humain a une solitude qui lui appartient en propre. Maya, sa solitude la fait fuir. Elle prend des avions, des trains, elle laisse derrière elle des morceaux entiers de sa vie.
Arly Jover _ Maya est une femme un peu perdue. Elle a du mal à savoir ce qu’elle veut. Elle est sans attache, peut partir du jour au lendemain. Elle est plus flottante et charnelle que Lisa.
Valéria Bruni Tedeschi _ Je me demandais parfois si sa fille n’était pas une enfant adoptée. En tout cas, elle n’a pas l’effet qu’ont souvent les enfants de relier leur mère à la réalité. Maya n’a pas de racines et elle en souffre. Ce qui pourrait parfois lui donner l’illusion qu’elle a des racines, c’est l’amour.
Cédric Kahn _ Maya est profondément mélancolique, presque maniaco- dépressive. L’idée du bonheur la rend triste. Quand ils partent dans la nuit en voiture et partagent un pur moment d’extase, elle ne peut pas assumer. L’idée que ce bonheur ne va pas être parfait tout le tout temps, de devoir assumer les hauts et les bas avec quelqu’un est une chose insurmontable... Elle préfère s’enfuir.
Valéria Bruni Tedeschi _ Quelque chose en elle ne lui permet pas de s’abandonner au bonheur. Je pense que c’est du bonheur dont elle a peur, pas de Mathieu.
Mathieu
Cédric Kahn _ Mathieu ne se pose pas de questions sur ses choix de vie, c’est un bâtisseur, un architecte. S’il casse une étagère, il va la réparer tout de suite ! Il a un lien très fort au réel. C’est un type «normal» qui n’a pas de point de vue sur cette normalité. Quand Maya lui demande s’il aime sa femme, il ne répond pas «oui» ou «non» mais «bien sûr». Pour moi, cette réaction est presque une définition du personnage : il ne se pose pas ce genre de questions, il aime la femme avec laquelle il vit. De la même façon, quand Maya lui dit «partons, vivons ensemble» il concrétise tout de suite les choses : la ville où ils vont habiter, le métier qu’ils vont faire... Il n’est pas prêt à être débordé par ses sentiments. Cette aventure va être une révélation, une expérience inédite.
Yvan Attal _ Qu’il soit architecte induit qu’il est structuré, qu’il a fait des études, qu’il est inscrit socialement, rangé. On imagine bien qui est ce mec qui a passé des examens, qui construit des choses, voit à long terme, a des repères. Ça crée une opposition avec Maya, qui est une fille en totale liberté.
Elle et lui
Cédric Kahn _ En apparence, Mathieu et Maya sont opposés mais dans le fond, ils se ressemblent. Ils ont pris des chemins de vie très différents mais ils ont la même peur de l’amour, la même peur de grandir. La part d’enfance est très grande chez chacun d’eux.
Valéria Bruni Tedeschi _ Est-ce que c’est juste parce que tu m’échappes que je t’aime ou est-ce vraiment toi que j’aime ? Je pense qu’il y a vraiment quelque chose en lui qu’elle aime, surtout au moment où elle lui dit «Tu as encore ta tête d’enfant». Aimer l’enfant que l’autre a été, c’est toujours un signe d’amour.
Cédric Kahn _ Ce n’est pas qu’une histoire d’amour. Il y a aussi de la passion et de la mise à mort, l’idée symbolique de tuer l’autre au sens de le soumettre. Le conflit des sexes est aussi présent dans la relation de Mathieu avec sa femme, sous l’aspect de la rivalité professionnelle. Sous un jour sentimental, le film reste assez violent.
Valéria Bruni Tedeschi _ Mathieu éprouve un dilemme entre sa femme et Maya. Moi, je n’ai pas tellement travaillé avec le dilemme, ni avec la culpabilité. Je ne sentais pas Maya tellement mariée avec son compagnon. Elle le quitte d’ailleurs sans beaucoup d’efforts. Le conflit intérieur de Maya n’est pas entre un homme et un autre. Il est de s’autoriser le bonheur. J’ai l’impression qu’on est de plus en plus fragile avec le temps qui passe. En tous cas, je ressens Maya ainsi : elle a encore plus peur d’être abandonnée.
Les regrets
Cédric Kahn _ C’est principalement Maya qui est dans le regret. Et à la fin du film, c’est encore elle qui regrette. Elle est tour à tour dans la sublimation du souvenir ou le fantasme du futur, mais jamais dans le présent. Dès qu’il y a une possibilité de réaliser cette histoire, elle s’échappe. Maya est en permanence décalée avec le réel. Elle est tout le temps en train de s’observer, d’exprimer ses sentiments, de commenter ce qu’elle vit. Elle a une forme d’incapacité à vivre.
Valéria Bruni Tedeschi _ J’ai travaillé avec le sentiment du regret, de la difficulté à éprouver le moment présent, à s’abandonner au bonheur, à la confiance. Maya est toujours en avant ou en arrière de là où elle est. Elle est en voyage physiquement mais aussi à l’intérieur d’elle-même. Mathieu a plus de capacité à être dans le présent.
Cédric Kahn _ Maya est profondément contradictoire. Son corps l’entraîne à un endroit et sa tête à un autre, en permanence.
La mort de la mère
Yvan Attal _ Mathieu est en train de perdre sa mère, retourne dans la ville de son enfance... Cédric a vraiment su donner de l’importance à ces moments : on est seul avec Mathieu dans sa maison d’enfance, il lit des cartes postales... Il ne se passe pas forcément grand chose mais ce sont des moments émouvants. Quand on perd ses parents, peut-être est-ce la dernière barrière qui tombe. Jusque-là, on est encore tenu par des principes, une morale, une éducation. Il y a encore des témoins... Peut-être que quand on perd ses parents, on lâche des choses. Et comme par hasard, Mathieu retrouve Maya à ce moment-là.
Cédric Kahn _ Mathieu est à un moment clé de sa vie : il perd sa mère, se retourne sur la mort de son père, change la donne avec son frère, casse son lien avec sa maison de famille, rompt avec sa femme et ses ambitions professionnelles. Il prend beaucoup de virages.
Une histoire sans fin ?
Cédric Kahn _ Il y a des amours qui sont faites pour se réaliser et des amours qui sont faites pour perdurer dans le fantasme. Leur histoire à eux est à la fois éternelle et irréalisable.
Les Regrets aurait aussi pu s’appeler
Toujours ou Jamais : il n’y a pas de fin à leur histoire, elle a un avenir permanent, c’est presque la définition de l’amour absolu.
Valéria Bruni Tedeschi _ Maya et Mathieu n’y arrivent pas mais c’est peut-être juste dû à des petites maladresses. S’ils savaient dépasser certaines paniques à certains moments... S’ils savaient mieux y faire, s’ils étaient un peu plus calmes... Parfois, c’est une question de quelques instants dans la vie. Ils ne sont pas loin d’y arriver, mais ils ne sont jamais complètement au même endroit, à part à de rares instants, quand ils font l’amour peut- être. Leur amour est comme un jouet que l’un ou l’autre va casser par panique. Il n’empêche, je pense que Maya est la grande histoire d’amour de Mathieu, et que Mathieu est la grande histoire d’amour de Maya. C’est bien dommage qu’ils n’y arrivent pas.
Arly Jover _ J’ai l’impression que leur histoire est vraiment finie. Mathieu est beaucoup plus posé, on le sent heureux avec sa nouvelle femme et son enfant. Il a avancé. Son histoire avec Maya restera en lui pour toujours, comme toutes les passions folles mais elle ne va pas reprendre.
Yvan Attal _ Au moment où il revoit Maya au début du film, Mathieu n’a pas encore été assez loin dans cette histoire. C’est pour ça qu’il craque à nouveau. Le retour de Maya à la toute fin induit la question de l’éternelle répétition de leur impossibilité à vivre cet amour mais maintenant qu’il a vraiment touché le fond, peut-être Mathieu va-t-il enfin avoir le courage de ne plus y aller...
Cédric Kahn _ Pour les gens qui rêvent la passion, la fin du film est pleine d’espoir, pour les autres, c’est un cauchemar ! «Sinnerman», la chanson de Nina Simone est très présente. Elle lie les deux personnages. Elle a un côté «chanson du diable», comme si chacun des personnages était poursuivi par ses démons.