Notes de Prod. : Les Rivières Pourpres 2 : Les Anges de l'Apocalypse

    en DVD le 06 Octobre 2004

Notes de production

Un nouveau chapitre

Le producteur du film raconte que dès la fin du tournage, l'idée de poursuivre l'aventure est venue. Jean Reno lui a ce moment confié qu'il aimait bien son personnage. C'est là que le déclic est venue.
Jean Reno, l'interprète de Niemans se souvient : "à cette époque-là j'étais heureux de ce que j'avais traversé avec Vincent Cassel et Mathieu Kassovitz. Mais je ne songeais pas pour autant à une suite, je n'ai pas ce genre d'idée. Ce qui compte pour moi, ce sont d'abord les personnes avec lesquelles je travaille. Dans les derniers jours, Vincent a suggéré l'idée de reformer un tandem. Le tandem se sera finalement concrétisé avec Olivier Dahan et Benoît Magimel."
Le succès du premier opus a encore plus motivé l'équipe. Ilan Goldman a songé à ce qui s'était passé avec ALIEN. Quatre films, quatre visions d'un univers commun. Ridley Scott, James Cameron, David Fincher et Jean-Pierre Jeunet s'étaient succédé pour offrir leur version à travers une base commune. Ces metteurs en scène n'étaient pas simplement là pour réaliser une suite ; c'étaient des auteurs ayant chacun une spécificité et un grand talent.
LES RIVIERES POURPRES offre un univers et un concept suffisamment forts pour être déclinés à travers différentes sensibilités. Cela pouvait permettre à plusieurs metteurs en scène d'explorer leur imaginaire en affirmant leur propre vision. Les règles communes se définissaient logiquement : deux enquêtes qui se rejoignent, retrouver Niemans et l'esprit de mystère et de danger mortel.

A la recherche d'un auteur percutant

Jean-christophe Grangé, le père spirituel et l'inventeur des héros et de leur histoire a été associé au projet très tôt et il lui a été proposé de concevoir une intrigue. Pourtant au bout de plusieurs mois, tout en étant content de voir se prolonger quelque chose qu'il avait créé, il ne trouvait rien à écrire sur le sujet. Lorsque Ilan Goldman a rencontré Luc Besson au Festival de Cannes, il lui a dit qu'il préparait ce film et lui a confié que Jean-Christophe ne souhaitait pas écrire un deuxième opus.Trois semaines plus tard, Luc l'a recontacté en en lui racontant une histoire que le producteur a trouvé excellente. Il lui a alors proposé d'être scénariste sur le projet. Etre uniquement auteur le tentait et il a donné son accord. Par la suite, il a également accepté de devenir distributeur du film à travers EuropaCorp, sa société.
Lorsque Olivier Dahan a découvert le scénario, il l'a apprécié mais il a souhaité l'adapter à son style, à son rythme. Jean Reno a accroché de suite. Benoît Magimel a donné son accord très rapidement aussi. L'élan était là, c'était un bon présage.

Un tandem inédit

Jean Reno commente : "Un nouveau tandem se formait avec mon personnage. Niemans retrouvait l'un de ses élèves de l'école de police et ensemble, ils allaient mener une enquête très rythmée, à la limite du fantastique."
Benoît Magimel, l'interprète de Reda, le jeune capitaine dont l'enquête rejoint celle menée par son ex-instructeur, confie : "évidemment j'avais vu les RIVIERES POURPRES et j'avais vraiment adoré. Lorsque Olivier Dahan, avec qui j'avais tourné six ans plus tôt DEJA MORT, m'a proposé le rôle du coéquipier de Niemans, j'étais emballé mais le personnage devait être complètement réinventé. Nous avons travaillé dans ce sens, en lui définissant une personnalité différente. Je lui ai trouvé son nom et nous leur avons inventé un passé commun. J'aimais l'idée de considérer Reda comme ressemblant à un Niemans débutant."

Une autre vision pour une autre aventure

Olivier Dahan a une approche très picturale de la mise en scène, c'est un peintre ! Il définit l'image avec autant d'élégance que de poésie. C'est perceptible même dans un univers aussi sombre que celui des RIVIERES POURPRES. Il a un véritable sens de la lumière, du mouvement.
Jean Reno parle de la vision d'Olivier Dahan : "la vision d'Olivier est bien sûre différente de celle de Mathieu, mais elle ne change pas mon personnage. On ne ressent pas la même chose lorsque l'un ou l'autre est derrière la caméra. Ils sont chacun des artistes à leur façon. Mon travail consiste à faire exister Niemans dans leurs univers respectifs. Avec Olivier, j'ai galopé tranquillement. J'ai affiné les détails selon ses indications. Nous n'avions pas besoin de beaucoup parler pour nous comprendre."
Benoît Magimel poursuit : "avec Olivier, nous avions l'avantage de bien nous connaître et de nous apprécier. Nous n'avions pas tourné ensemble depuis six ans et chacun dans notre métier, nous avions progressé. En nous retrouvant pour ce film, nous avions tous les deux un point commun : être des nouveaux venus dans un univers qui existait avant nous. Pour moi, le projet possède la dimension des films qui nous fascinaient lorsque nous étions gamins. C'est une combinaison d'aventure et de mystère, le tout mené par des policiers très atypiques."

A la croisée des chemins

Le film illustre une normalité qui bascule et dont on ne peut plus échapper. Benoît Magimel commente : "c'est un thriller avec une dimension fantastique ésotérique. Peu à peu on glisse de deux enquêtes simples vers une seule affaire qui nous entraîne sans relâche au fond d'un gouffre. On s'approche de l'antre du diable ; chaque nouvelle information épaissit le mystère et relance l'intrigue dans une direction de plus en plus sombre. (…) Il est question de forces qui nous dépassent, aussi bien sur le plan matériel que spirituel. Ce mélange de normalité et d'extraordinaire est excitant".
Le scénario de Luc Besson offrait des éléments de base très forts, comme le parallèle entre les victimes et les apôtres. Sur cette trame, Olivier a assombri l'intrigue, l'a pousée vers un univers de thriller oppressant avec beaucoup d'action. Cette atmosphère est encore renforcée par le choix de lieux inhabituels et d'ingrédients aux confins du réel.

Un policier aux frontières du possible

Jean Reno dit de son personnage : "Niemans porte un peu de la souffrance dont il est chaque jour le témoin. Paradoxalement, même s'il est décidé à se battre contre le mal, il s'y est résigné. Il sait qu'on ne peut pas le vaincre, qu'au mieux on peut juste l'endiguer. Il faut être fort pour être conscient des choses et garder la foi. (…) A son poste, il est le témoin de ce qu'il y a de plus lourd dans la vie, et il en est marqué. De plus en plus. Je crois que c'est le cas de tous les flics. On ne peut pas fréquenter la face sombre du monde impunément. (…) Le personnage de Niemans se révèle davantage et évolue forcément dans cette nouvelle aventure. Il gagne en épaisseur, en recul, en ironie face à la vie. Il change de coupe de cheveux aussi ! (…) Le fait d'avoir un nouveau partenaire influe aussi beaucoup sur sa manière d'être. Son coéquipier le regarde comme une espèce de dinosaure. Le personnage de Benoît est très différent de celui de Vincent. Il ressemble un peu à un James Dean, décidé à faire son travail correctement et à commettre le moins d'erreur possible".

Un jeune détective prêt à tout

Benoît Magimel dévoile les facettes de son personnage : "c'est un jeune flic, capitaine à trente ans, ce qui prouve qu'il est assez doué. Il se caractérise par son obstination, il ne lâche pas. (…) J'ai fait deux mois de préparation pour devenir un capitaine crédible. J'ai même eu l'occasion de faire quelques patrouilles dans Paris. (…) J'ai eu le temps de prendre mes marques avec mon personnage. Nous avons commencé par les scénes où j'attrape Jésus au pied de l'église. J'ai trouvé le personnage assez vite, même si au début, j'y vais toujours progressivement".
Il dit à propos de Jean Reno : "Travailler avec un excellent acteur est toujours facile. Jean est un homme qui donne, qui partage, comme tous les grands. Nous étions instinctivement assez proches. Nous avons tout de suite trouvé notre mode de fonctionnement : laisser la place à l'autre quand il le faut, s'appuyer l'un sur l'autre chaque fois que nécessaire".
Olivier Dahan parle de Benoît : "Ce film lui donne l'occasion de révéler d'autres aspects de son talent. C'est l'un des meilleurs comédiens de sa génération, il peut tout jouer. Il a l'instinct, le physique et le mental. Grâce à lui, le film est dense, intense".

Un tournage intense

La Lorraine offrait des paysages forts. Il y avait tellement de lieux étonnants. La ligne Maginot est très impressionnante.
Jean Reno parle de l'utilisation de ce lieu pour le film : "le lieu colle véritablement à l'esprit des RIVIERES POURPRES. Il est angoissant et fascinant".
On retrouve dans le film un monastère, des bunkers souterrains, une usine abandonnée et une forêt où surgit une tourelle.