« Deux cents ans d'urbanisme et d'architecture ont façonné sans le savoir le plus fabuleux terrain de jeu qui soit. Le potentiel est illimité. Et ce sont des jeunes de 11 ans qui en ont découvert les exceptionnelles possibilités. »
Craig Stecyk
« Nous n'avions pas réalisé que les petites roues sous nos pieds allaient nous emmener sur une route qu'aucun d'entre nous n'avait osé imaginer. »
Stacy Peralta
Des vagues mortelles les plus spectaculaires au béton d'un quartier défavorisé, LES SEIGNEURS DE DOGTOWN nous fait découvrir le parcours de jeunes qui sont devenus des légendes mondiales du sport.
Amy Pascal, présidente de Sony Pictures, explique : « Des films comme AMERICAN GRAFFITI ou FAST TIMES A RIDGEMONT HIGH sont devenus cultes parce qu'ils parlaient de la jeunesse de manière vivante, puissante, et que les jeunes s'y reconnaissaient. LES SEIGNEURS DE DOGTOWN appartient à cette veine. Les Z-Boys ont été à l'origine d'un mouvement qui a toujours une forte influence de nos jours. »
Au début des années 70, le skateboard était un sport aussi limité que marginal. Il n'est alors question ni de vitesse, ni de style. En Californie du Sud, un concours de circonstances va tout révolutionner : l'invention des roues en uréthane, une forte sécheresse qui a vidé les piscines de la région, et une esthétique du surf née dans l'esprit de kids comme Tony Alva, Jay Adams et
Stacy Peralta.
Ce dernier explique : « Ces roues d'uréthane, un plastique qui agrippait le béton, nous permettaient d'un seul coup de faire des verticales. Nous roulions sur les murs comme si nous surfions sur eux. C'est de là que tout le style des Z-Boys est parti. Nous étions avant tout des surfers, qui avions mis toute notre volonté, notre motivation et notre ambition à devenir professionnels… nous avons alors décidé de devenir des skateboarders professionnels. »
C'est à la fois leur pratique du skateboard dans des piscines vides et leur attitude rebelle qui ont rendu célèbres les Z-Boys. En utilisant les courbes et les murs des piscines du quartier, ils ont inventé un style inédit. Une main tendue pour toucher le béton lorsqu'ils tournent, à la manière de leur idole du surf, Larry Bertleman, le skate des Z-Boys était unique et a inspiré les gamins et ados du monde entier… Les Z-Boys ont littéralement transformé ce sport. Passionnés, libres, ils ont repoussé les limites en développant une approche radicalement nouvelle de n'importe quel terrain.
En 1999, Spin publiait un article sur l'histoire de la Zephyr Team et des Z-Boys, sur leurs débuts et l'époque Dogtown. Cet article attira l'attention de
John Linson, alors chargé de développement à la Fox. « J'ai grandi à Santa Monica, raconte-t-il, et j'ai toujours connu ce mouvement. J'avais très envie d'y consacrer un film. »
John Linson a immédiatement parlé de son idée à Jay Adams et à d'autres anciens des Z-Boys pour s'assurer de leur coopération et de leur participation au projet.
Avant de faire un film de fiction,
Stacy Peralta désirait réaliser un documentaire : en 2002, « Dogtown and Z-Boys » sortait sous la bannière Sony Pictures Classics. Le film valut à l'ancien Z-Boy champion de skateboard le Prix du public et le Prix du meilleur réalisateur pour un film documentaire au Festival de Sundance, et remporta le Prix du meilleur documentaire à l'AFI Film Festival, ainsi qu'un Independent Spirit Award.
Stacy Peralta et les autres membres originaux des Z-Boys ont d'abord considéré avec méfiance le fait qu'Hollywood veuille raconter leur vie. Après tout, ils étaient passés de la pauvreté à un train de vie, une image et des revenus de rock stars, et certains avaient à peine survécu... Ils désiraient que leur histoire soit racontée avec authenticité. Après avoir fait son documentaire, qui raconte leur véritable histoire,
Stacy Peralta était prêt à écrire la version romancée.
Il raconte : « J'ai commencé à écrire LES SEIGNEURS DE DOGTOWN peu après avoir présenté le documentaire au Festival de Sundance, au printemps 2001. J'avais écrit cinq scénarios avant celui-ci, et il a été sans aucun doute ce que j'ai fait de plus difficile, de plus ambitieux et de plus éprouvant dans toute ma vie. Quand c'est vraiment devenu dur, je me suis enfermé chez moi pendant deux semaines, jusqu'à avoir quelque chose qui me satisfasse. »
Pour réaliser un tel film, il fallait non seulement un réalisateur qui sache ce que représentait le projet, mais aussi quelqu'un dont la vision et le style s'accordent avec cet univers particulier et une histoire qui parle de rébellion et d'attitude.
Stacy Peralta raconte : « Je connaissais
Catherine Hardwicke depuis plusieurs années - nous avions pris des cours d'art dramatique ensemble dans les années 80 et nous nous recroisions de temps en temps depuis. J'ai vu son premier film, THIRTEEN, et il m'a impressionné. J'ai appelé
John Linson et lui ai dit de le visionner, que Catherine était celle qu'il nous fallait. Il m'a confié que la scène d'ouverture était l'une des plus troublantes qu'il ait jamais vues au cinéma. Et nous avons contacté Catherine. »
Catherine Hardwicke avait rencontré Tony Alva et Craig Stecyk sur le film THRASHIN : elle était chef décoratrice, et leurs photos originales et articles sur les Z-Boys avaient été utilisés pour le film. Elle avait suivi le projet des SEIGNEURS DE DOGTOWN et avait très envie d'y prendre part. Lorsqu'elle a reçu l'appel de
John Linson lui offrant de réaliser le film, elle n'a pas hésité.
« Ce film est un projet de rêve, confie-t-elle. Je vis à Venice, je surfe et je connais les gens impliqués dans ce projet, alors pour moi c'était une évidence. J'ai lu le scénario écrit par Stacy, j'ai rencontré Amy Pascal chez Sony. Après quelques mois de recherches et de préparation, ils ont donné le feu vert. »
John Linson explique : « Je ne vois pas qui aurait pu réaliser ce film en dehors de Catherine. Elle avait une véritable affinité avec les gamins, le sens du moment, du mouvement. Elle a du respect pour ces gens. »
L'authenticité était la clé, et la production a pris la décision de faire appel au plus grand nombre possible des véritables personnes pour travailler comme consultants à la pratique du skate et à la technique. C'était une garantie de fidélité aussi bien à l'histoire réelle qu'à l'esprit de l'époque. Tony Alva est resté un skateur professionnel pendant plus de trente ans et a immédiatement accepté de participer au projet. Célèbre dans le monde entier, il a chorégraphié les cascades pour les skateurs et a enseigné aux acteurs non seulement à pratiquer le skate, mais à le faire à la mode Z-Boy.
Catherine Hardwicke explique : « Avoir Tony dès les tout débuts a été un atout incomparable. Il nous a aidés à trouver les lieux, les piscines, il a entraîné tous les skateurs. Il se souvenait de tout. Je pouvais par exemple lui demander : « De quelle manière tu roulais quand tu voulais impressionner une fille ? », et il me montrait tout ce suite ce petit mouvement cool, fluide, génial… Lui, Stacy et Jay ont vraiment ça dans le sang. »