Trois Questions à… Alexandra Leclère, réalisatriceQu’est-ce qui vous a amenée à réaliser ce film ?
Le cinéma m’a toujours attirée. Au début, comme beaucoup de jeunes filles, je me suis d’abord imaginée comédienne. J’ai tenté tout ce qui était à ma portée, un peu au hasard, mais j’étais mal à l’aise devant une caméra.
Il m’a fallu du temps pour comprendre ce qui me rendait vraiment heureuse... Il y a cinq ans, j’ai pris conscience de mon envie d’écrire et de réaliser. Écrire est un vrai plaisir, c’est le commencement de tout. Les gens et leurs sentiments m’intéressent. Je ne pense pas pouvoir inventer des histoires, j’aime ce qui est réel, ressenti, impliquant. J’ai beaucoup observé depuis de longues années et j’ai maintenant envie de le retranscrire. L’écriture d’un scénario et la réalisation m’ont semblé un moyen formidable d’expression.
Votre parcours personnel est assez atypique. Pouvez-vous nous en parler ?
Mon père était militaire et nous déménagions tous les deux ans. De mon enfance, je n’ai gardé ni racines, ni bons souvenirs. Après la séparation de mes parents, j’ai passé mon adolescence avec ma mère à Rennes et j’en suis partie à dix-sept ans... en me sauvant par la fenêtre. Avec cinq cents francs en poche, j’ai pris le train pour Paris où je n’avais jamais mis les pieds. Je suis allée boire une coupe de champagne sur les Champs-Elysées, j’y ai rencontré une jeune femme qui m’a emmenée dans une boîte de nuit, l’Elysée Matignon, très en vogue à l’époque. Un homme m’a ouvert la porte et j’ai vécu sept ans avec lui...
Comment vous êtes-vous préparée pour le film ? Quelles expériences ont nourri votre travail ?
J’ai toujours beaucoup écrit pour ne rien oublier. Mon tout premier scénario était un exercice, un galop d’essai.
Je ne connaissais personne et j’arrivais de nulle part. Je n’ai pas réussi à le monter. Je me suis acharnée et j’ai réalisé un court métrage de cinq minutes, Bouche à Bouche. Une conversation entre deux soeurs, déjà... Louise, venue de province, frappait chez sa soeur Martine, une femme très occupée, pour lui raconter le bonheur qu’elle était en train de vivre. Martine se décomposait au fur et à mesure, se liquéfiait. C’était le principe des vases communicants, l’une débordait de bonheur, l’autre se vidait, se creusait, s’asséchait. Le bonheur de l’une faisait le malheur de l’autre. A la fin, se rendant compte à quel point sa soeur souffrait, Louise faisait croire que sa merveilleuse histoire n’était qu’une plaisanterie. Et sa soeur allait soudain beaucoup mieux...
Et c’est déjà la genèse des Soeurs Fâchées. Après cette première expérience de réalisation, je me suis sentie enfin à ma place et plus décidée que jamais à continuer à être heureuse. L’envie de réaliser un long s’est imposée tout naturellement. Trois Questions à… Isabelle Huppert (Martine)Comment avez-vous rejoint le projet ?
D’une manière à la fois banale et assez originale. J’ai rencontré Alexandra devant l’école de mon fils. Une amie commune m’a dit qu’elle souhaitait me soumettre un scénario. Je ne la connaissais pas du tout et j’ai d’abord été un peu surprise. Dominique Besnehard, devenu son agent, croyait à l’histoire et a insisté pour que je le lise. Trois Questions à… Catherine Frot (Louise)Comment avez-vous découvert le projet ?
Mon agent m’a envoyé le scénario. J’ai tout de suite été attirée par l’opposition franche des deux soeurs, de leurs deux mondes. Deux soeurs reliées par l’enfance qui n’ont plus grand chose en commun si ce n’est leurs racines. Le contact avec Alexandra Leclère m’a donné envie de m’engager, et l’idée de faire soeur avec Isabelle Huppert aussi. Trois Questions à… François Berléand (Pierre)Comment êtes-vous arrivé sur le projet ?
Alexandra est venue me rencontrer lorsque je jouais au théâtre. Nous avons dîné ensemble. Lorsqu’elle m’a raconté l’histoire qu’elle a vécue, cet inconnu à qui elle a donné un petit mot, j’ai été bouleversé. En me confiant cela, elle était émouvante, sensuelle, je me suis même demandé pourquoi elle n’interprétait pas son propre rôle. Je lui ai dit “J’aurais bien aimé qu’une femme me dise cela” sans savoir que cette réplique figurait dans son scénario ! Après, elle m’a parlé de la façon dont elle voyait Pierre, le personnage qu’elle me destinait. Sans avoir lu le script, j’ai tout de suite été tenté de travailler avec Alexandra. |
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