Les Tortues Ninja ont été créées en 1984 par
Peter Laird et
Kevin Eastman. «Ils les ont inventées pour tourner gentiment en dérision l’univers des superhéros», rappelle le scénariste/réalisateur
Kevin Munroe. «Le comic-book original, en noir et blanc, fut tiré à seulement 3000 exemplaires, qui, à la surprise générale, se vendirent comme des petits pains.» En l’espace d’un an, Laird et Eastman furent sollicités pour une multitude de produits dérivés : d’abord des jouets et figurines, puis une série TV animée, et enfin trois longs métrages en prises de vues réelles qui donnèrent au public international l’occasion de vivre une « expérience Tortue » jubilatoire, associant à une animatronique de pointe une chorégraphie d’arts martiaux des plus élaborée.
Thomas K. Gray, producteur de
TMNT Les tortues ninja et des trois films de départ, explique à propos de cette nouvelle mouture infographique : «Nous voulions donner encore un autre visage aux Tortues Ninja. Depuis plus de vingt ans, Les Tortues sont les jouets les plus vendus dans plusieurs régions des États-Unis, ainsi qu’en Europe, en Australie et dans certains pays d’Asie. Leurs séries télé connaissent également une grande popularité et leurs BD sont cultes. Nous avions envie d’apporter aux fans quelque chose d’inédit.» Pour réinventer les Tortues Ninja à l’usage de la nouvelle génération, les producteurs se tournèrent vers le jeune réalisateur
Kevin Munroe : «II a commencé par nous concocter une formidable bande-annonce, montrant clairement que les Tortues le branchaient et que ce projet l’excitait. Nous n’aurions pu faire un meilleur choix.»
Un parcours inédit
La réalisation du film s’étala sur environs 28 mois, dans deux centres de production distants de quelque 11 000 kilomètres : Sherman Oaks, en Californie du Sud, et Hongkong. Plus de 300 artistes se mirent à l’œuvre dans l’ancienne colonie britannique, et près de 70 à L. A. Seul l’Internet à haut-débit pouvait permettre de coordonner le travail de ces deux équipes, via des téléconférences quotidiennes et de fréquents échanges de fichiers.
Kevin Munroe : «Fort de ces dispositifs, j’ai eu l’impression que l’atelier de Hongkong était en permanence à nos portes. En outre, le décalage horaire nous permettait de travailler 24 heures/24. Nous pouvions joindre Hongkong pour une téléconférence à la fin de notre journée de travail, alors qu’eux commençaient tout juste la leur.
H.
Galen Walker (Producteur) : «Cette organisation nous a permis d’avancer très vite, mais, chez nous, les journées se prolongeaient parfois bien au-delà de 17 heures car Hongkong rencontrait quantité de problèmes qu’il leur fallait résoudre durant leur journée, c’est-à-dire au milieu de notre nuit. C’était très astreignant, mais Kevin et son équipe ont brillamment relevé le défi, et les animateurs de Hongkong se sont révélés de merveilleux partenaires.» Ce qui n’excluait pas certaines difficultés de communication…
Paul Wang (Producteur) : «Il a fallu donner à l’équipe de Hongkong un cours accéléré d’américanismes, en expliquant par exemple que lorsque Kevin disait «cool», il ne faisait pas allusion à la température ambiante, mais exprimait simplement son approbation?!»
Kevin Munroe : «C’était intéressant de travailler avec autant d’artistes connaissant intimement les arts martiaux. Ces gars, âgés de vingt à trente ans, ont vu depuis l’enfance des centaines de films de kung-fu et étaient totalement emballés à l’idée d’en réaliser un à leur tour. «Ne voulant pas faire un vague remake de l’original, nous avons choisi d’ouvrir un nouveau chapitre dans la saga des Tortues, en nous focalisant davantage sur chacun de nos héros et en mettant l’accent sur leur vie familiale et son évolution depuis leur dernière apparition au cinéma.»