Le style, c’est… la Tortue
Pour donner corps à sa vision de
Tmnt Les Tortues Ninja,
Kevin Munroe fit appel au directeur artistique
Simon Murton (
Charlie Et La Chocolaterie,
I, Robot,
Matrix Revolutions).
Kevin Munroe :
«J’étais sûr qu’il nous proposerait un design novateur puisqu’il nous vient du cinéma «live» et n’avait encore aucune expérience en matière d’animation numérique. Ma consigne a été toute simple : lorsque nous aurons fini, je veux que n’importe quelle image du film soit digne de figurer dans un comic-book?!»
Simon Murton :
«Nous avons commencé par chercher nos références visuelles dans certains films en noir et blanc des années quarante et cinquante en vue de créer un environnement urbain très stylisé. Pour la séquence où Michelangelo fait du skate dans les égouts, je me suis appuyé sur des aquarelles japonaises ou hongkongaises illustrant des réseaux d’un design inhabituel et très élaboré. La tour monolithique de Winters trouve ses origines dans des dessins architecturaux de New York et Chicago datant des années 1920. Le pouvoir démesuré et la fortune colossale de ce magnat sont symbolisés par son immense bureau rond qui fonctionne aussi comme une cabine d’ascenseur, lui permettant d’accéder à n’importe quel étage du bâtiment. «Les Tortues disposent de zones sécurisées où elles peuvent se replier entre deux virées. Nous avons décoré ces sections des égouts dans des couleurs plus chaudes, essentiellement du rouge et du brun, pour les démarquer des rues aux enseignes clinquantes et bariolées hautement perturbatrices pour nos héros. Les toits et terrasses des immeubles sont également un espace protecteur pour les Tortues, d’où elles jouissent d’une vue imprenable sur le paysage new-yorkais.»
Des créatures numériques
L’élaboration de ces nouvelles Tortues, aussi combatives que dynamiques, reposa en grande partie sur l’ingéniosité des artistes numériques. Ceux-ci se chargèrent en premier lieu de rechercher et mettre au point la musculature des Tortues, de déterminer le degré de transparence de leur peau et les traits distinctifs de chaque personnage.
Kevin Munroe :
«Nous avons doté les Tortues d’une musculature complète, du fait qu’elles n’ont qu’une moitié de carapace. Nous leur avons attribué des caractéristiques bien spécifiques : par exemple les veines saillantes de Raphael ou des taches de rousseur de Michelangelo. «Splinter, rat mutant de taille humaine, posa un autre genre de problème. Il n’est pas seulement poilu mais vêtu d’une tunique. Il fallut donc à la fois représenter et animer avec précision ce pelage et cet habit pour les faire réagir à ses déplacements et aux éléments extérieurs. «Les treize monstres de Winters sont principalement d’origine folklorique, mais nous avons aussi fait appel à notre fantaisie personnelle pour en créer certains qui sortent résolument des sentiers battus.» Le directeur de l’animation
Kim Ooi supervisa les déplacements de tous les objets et personnages en mouvement, et notamment les combats dont le style dérive des arts martiaux chinois et nippons. «Beaucoup de ses séquences s’inspirent du cinéma d’action hongkongais, mais l’imagerie numérique nous a permis de les styliser bien au-delà des limites inhérentes au cinéma live.» Le plus grand challenge fut de rester fidèle à l’«esprit Tortues» qu’apprécient tant les fans, tout en en élaborant un nouveau look à destination de la nouvelle génération : «Nous avons cherché à respecter le concept original tout en entraînant nos héros dans de nouvelles directions. Pour cela, nous avons opéré un retour au Comic original, qui est plus cru, plus percutant que les films antérieurs. Nous espérons que le résultat fera plaisir à toutes les générations de fans», conclut
Thomas K. Gray.