Notes de Prod. : Les Travailleu(r)ses du sexe

    en DVD le 05 Octobre 2010

Les principales conceptions juridiques de la prostitution, rapport aux Travailleurs du sexe

La prostitution intéresse les autorités sur le plan fiscal, moral et sanitaire. Les politiques des pouvoirs temporels et religieux sont connues et expérimentées depuis longtemps. Toute politique vis-à-vis de la prostitution est difficile à cause de la difficulté de prouver qu'une relation sexuelle a eu lieu suite à un échange d'argent.
On peut distinguer globalement trois conceptions de la prostitution, produisant trois approches politiques des États sur l'existence de la prostitution :

Réglementariste : pour les réglementaristes, la prostitution est une activité comme une autre qu'il suffit de réglementer ; une activité professionnelle normale que l'État doit réguler comme toutes les autres, encadrer cette activité dans un cadre légal, c'est-à-dire en protégeant les droits des travailleurs de même qu'en prévenant et en limitant les abus des employeurs. Les prostituées sont des travailleuses sexuelles.

Abolitionniste : pour les abolitionnistes, la prostitution est une forme d'exploitation et une atteinte à la dignité humaine qui doit être abolie. Les personnes prostituées sont des victimes et les proxénètes des criminels. Les prostituées ne sont pas à priori sanctionnables (sauf en France); les clients peuvent être sanctionnés dans certains cas.

Prohibitionniste : les prostituées et les proxénètes sont des criminels ; police et justice sanctionnent ces activités. Les clients peuvent être sanctionnés.

Les travailleurs du sexe : la genèse du projet

« Plus de caresses, moins de CRS ! », tel fût le slogan inédit que les membres d'un nouveau collectif de travailleu(r)ses du sexe, baptisé «Les Putes», ont scandé le samedi 18 mars 2006 sous les fenêtres du Premier ministre à l’issue d’une manifestation inaugurale : la « Pute Pride ». Bien que passée inaperçue, avec ses 500 manifestant(e)s regroupées place Pigalle, car tenue le même jour que l’énorme manifestation contre le CPE avec plus d’un million de personnes, elle fut néanmoins la marque d’un nouveau type de revendication chez les prostituées, celui de revendiquer l’activité prostitutionnelle comme un métier avec ses droits et ses devoirs.

Les travailleurs du sexe : notes de distribution

« Rendez-nous nos trottoirs » est un slogan entendu sur les manifestations de défense des droits des travailleuses du sexe. Il y a dans la chaleur et la virulence du débat un noeud, un problème que la question de la prostitution, la location du corps, le service sexuel incarne tant et tant que ces putes-là sont niées, repoussées, dissimulées...

Quelques mots du réalisateur des Travailleurs du sexe

L’économie de marché a généré la multiplication des salons de l’érotisme et de sociétés d’éditions de vidéos pornographiques, au nom de la prétendue liberté du consommateur. Dans un autre domaine du travail du sexe, la prostitution est restée plus ou moins tolérée dans la plupart des pays. En France, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, fait voter en mars 2003, une loi dite de « sécurité intérieure » incluant le racolage passif des prostituées. Si la prostitution devient très vite moins visible dans nos rues, la prostitution augmente considérablement sur les réseaux Internet et aux périphéries des villes, rendant à nouveau des prostituées à la merci des proxénètes et des réseaux mafieux.

Quelques personnages des Travailleurs du sexe

Sonia
Sonia est prostituée depuis près de trente ans, elle travaille en vitrine à Bruxelles, elle a la cinquantaine passée.
Sonia est issue d’une famille bourgeoise, sa mère refait sa vie avec un homme avec qui elle ne s’entend pas. Elle tombe enceinte à 18 ans, son beau-père ne veut pas de l’enfant. On lui retirera son fils à la naissance. Elle quitte la famille, et commence à travailler à la caisse dans une maison de passe. Elle est fascinée par l’univers de la prostitution et découvre peu à peu qu’elle apprécie le métier de pute. Sonia aime le sexe.

Quelques phrases des personnages des Travailleurs du sexe

Isabelle, prostituée à Toulouse

- Je continue à m’interroger sur ce qui dérange tant chez les prostituées.
Nous faisons partie de l’ensemble de l’industrie du sexe, sauf que lorsqu’on est prostituée, on ne répond à aucune logique justement de productivité. On maintient à toute force une petite activité à dimension humaine. Nous restons des artisanes.

Les lois sur la prostitution

La loi pour la sécurité intérieure (LSI ou Loi Sarkozy II)

Cette loi a été adoptée par le parlement, le 18 mars 2003 et publié au journal officiel, le 19 mars de la même année. Cette loi crée une série de nouveaux délits et de nouvelles sanctions concernant la prostitution, la mendicité, les gens du voyage, les squatteurs, les rassemblements dans les halls d'immeubles, les menaces, le hooliganisme, l'homophobie ou le commerce des armes. Elle octroie par ailleurs de nouveaux pouvoirs aux forces de l'ordre comme l'élargissement de certains fichiers, des modifications des conditions de garde à vue, etc.