Notes de Prod. : Long Way Home

    en DVD le 04 Mai 2004

ENTRETIEN AVEC PETER SOLLETT

À l’origine de LONG WAY HOME, il y a un court-métrage : FIVE FEET HIGH AND RISING est une sorte de récit autobiographique, une traduction de mon expérience, rapportée à l’univers de ces jeunes qui jouent dans le film. LO NG WAY HOME est le reflet de leurs expériences. Pendant qui se sont écoulés entre les deux films, nous avons passé beaucoup de temps avec eux, à les observer, à recueillir leurs impressions sur la vie qu’ils menaient. Ils sont devenus partie intégrante de nos vies…

… J’ai tenté de construire les personnages du film autour de certains traits de la personnalité des acteurs. Comme un moyen de profiter de leurs points de vue sur telle ou telle situation, et de donner un sens à l’atmosphère dans laquelle ils vivent. Tout dans le film est lié, d’une manière ou d’une autre, à la relation qu’un acteur entretient avec divers aspects de sa vie...

…D’ailleurs j’ai commencé par ne pas leur donner le script… Ce qui peut s’avérer tétanisant, mais qui demande aussi à l’acteur d’exister au présent pendant la scène. S’il paraît surpris à l’écran, c’est qu’il l’est peut-être vraiment lors du tournage, et qu’il ne fait pas que donner la réplique.
L’essentiel était leur capacité à se détacher de la réalité et à affronter une situation dans une scène.
Passé cette difficulté, ils étaient libres d’agir et de réagir comme ils l’auraient fait dans la vie. J’ai répété avec les acteurs pendant un mois avant le tournage, période pendant laquelle je les ai préparés à chaque scène par un processus d’improvisation. Et dans leurs décisions prises sur le vif, ils se sont découverts des traits de personnalités qu’ils auraient ignorés s’ils avaient lus le scénario dans leur coin.

...Ces improvisations ont apporté une matière vivante, des instants de vie autour desquels ils ont pu s’affirmer lors des prises. Mon script était à la fois une feuille de route pour l’équipe et un filet de sécurité pour les acteurs…

… Le quartier que je montre dans mon film est fantastique, et il n’a jamais été montré au cinéma de cette manière. Malheureusement, tout est en train de changer, certains endroits que nous avons filmés n’existent plus, ont été rasés et transformés en parking. L’important pour moi c’est que ce film soit l’enregistrement d’un lieu particulier à la fin d’une époque particulière.
LONG WAY HOME est le premier film de Peter Sollett. Il a su capturer les frustrations et les confusions, la totale contradiction entre la violence et la tendresse de l’adolescence, la contradiction entre la violence et la tendresse qui la caractérise.