Notes de Prod. : Louise Bourgeois : l'araignée, la maîtresse et la mandarine

    en DVD le 01 Mars 2011

Notes d'Amei Wallach, co-réalisatrice de Louise Bourgeois

Le matin du 28 mai 1993, Marion Cajori et moi-même arrivâmes dans le studio de Louise Bourgeois à Brooklyn pour notre premier jour de tournage. Marion était une réalisatrice primée qui venait de réaliser le portrait de la peintre Joan Mitchell. En tant que critique d’art, j’avais déjà écrit beaucoup d’articles sur les plus grands artistes de notre temps, notamment Louise. Mais ni Marion ni moi n’étions préparées au magnétisme qui se dégageait lors des premiers pas de Louise devant la caméra.

En ce tout premier jour, vêtue de bleu et entourée d’un halo de lumière blanche qui se déversait de la fenêtre de son studio, Louise nous parla avec passion et spontanéité :
« Mes émotions sont trop grandes pour moi, alors elles m’embêtent et je dois m’en débarrasser. Mes émotions sont mes démons. »

Je ne vois aucune autre artiste que Louise pour dégager une telle présence et une telle générosité à partager avec nous les racines les plus profondes de son art. En tant que réalisatrices, nous avons pu apprécier sa personnalité très forte et le processus par lequel son inconscient devient objet de son art.

Ce film est l’histoire de Louise, dans ses actes, son art et ses mots.

Il n’y a rien de tel que d’aller au musée ou dans une galerie. Mais la caméra a cette particularité d’instaurer une relation avec le travail même de l’artiste, tout particulièrement s’il est aussi mystérieux que celui de Louise Bourgeois. L’objectif peut naviguer à travers ses installations et sculptures. Nous avons pu filmer ses œuvres à New York, Madrid, Milan, Venise et Londres, passant parfois des nuits entières à éclairer de façon bien précise une œuvre pour en capturer la magie.

En août 2006, Marion Cajori est décédée d’un cancer à l’âge de 56 ans. C’était devenu mon but que de terminer ce film. Jamais je n’aurai pu mener à terme ce projet sans le talent et l’exemple de Marion, sans les talents de monteur de Ken Kobland, sans la magie de Kipjaz Savoie ou encore la sagesse de George Griffin.

L'art de Louise Bourgeois

A l’âge de 96 ans, Louise Bourgeois est considérée comme l’une des plus grands artistes en activité.

Grâce à un voyage extraordinaire à l’intérieur de sa propre psyché, elle produit de nouvelles formes dans tous les domaines : peinture, sculpture, imprimés, dessins, collages, installations et constructions monumentales. Elle peut tout autant créer des formes ondulatoires dans du marbre qu’utiliser une ancienne robe de sa mère dans une de ses sculptures, recycler une bouteille de parfum Shalimar ou une vieille chaise électrique.

Louise Bourgeois, biographie

Née de Joséphine et Louise Bourgeois le jour de Noël en 1911, elle passe son enfance à Choisy-le-Roy où ses parents tiennent un atelier de restauration de tapisseries.

En 1914, la première guerre mondiale éclate. Son père s’enrôle dans l’armée française. Elle a trois ans quand il est blessé, et sa mère emmène alors la jeune Louise visiter les hôpitaux de guerre. Elle vivra l’absence de son père comme un abandon et une blessure, thèmes récurrents de son travail.

Louise Bourgeois et New York

En 1937, elle rencontre l'historien d'art américain Robert Goldwater. Elle l'épouse et s'installe avec lui à New York dès l'année suivante. C'est là qu'elle entre en relation avec le milieu des surréalistes, dont la plupart ont quitté la France pour les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Louise Bourgeois et la sculpture

Le monde de l’art a été dominé par les théories de la forme qui priment sur tout le reste. Bien que Louise soit une maître dans la forme, ce sont les émotions qu’une sculpture évoque qui l’intéresse.
Après avoir longtemps été ignorée, elle devient une héroïne. Le mouvement féministe fait d’elle une icône, bien qu’elle se soit toujours définit comme artiste, et pas comme femme-artiste.
 

Box-office au 11 Janvier 2010

  • Paris 14h : 86 entrées
  • 1er jour IDF : 260 entrées
  • 1ère semaine IDF : 2 473 entrées
  • Cumul IDF : 6 157 entrées

  • 1ère semaine France : 2 900 entrées
  • Cumul France : 6 855 entrées