Le monde de l’art a été dominé par les théories de la forme qui priment sur tout le reste. Bien que
Louise soit une maître dans la forme, ce sont les émotions qu’une sculpture évoque qui l’intéresse.
Après avoir longtemps été ignorée, elle devient une héroïne. Le mouvement féministe fait d’elle une icône, bien qu’elle se soit toujours définit comme artiste, et pas comme femme-artiste.
En 1980, elle déménage son studio à Brooklyn après avoir travaillé pendant des années de chez elle. Ce studio est immense. Elle le divisa en « cellule » où l’on peut déambuler au milieu des installations qui défilent devant nos yeux comme un paysage rêvé.
Depuis ses premiers dessins, peintures et gravures, son œuvre tourne autour de la procréation, de la naissance et de la maternité sous la forme des femmes-maisons, mêlant le corps à l'architecture, l'organique au géométrique : buste en brique, maison à colonnes sur les épaules, cage thoracique en forme d'escaliers et de portes. Mais le fil rouge de son œuvre sont le phallus (le père), qu'elle baptise « fillette » et l'araignée (la mère).
Selon
Louise Bourgeois, l'araignée représente la mère, « parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable, indispensable qu'une araignée ». L'araignée est pour elle le symbole des tapisseries que réparait sa mère (toile de l'araignée) et de tout ce qui s'y rapporte : aiguilles, fils.
De nombreux musées lui rendent hommage et la consacrent comme une grande artiste : le musée Guggenheim ouvre sa galerie à Soho en 1992 avec l’exposition « de Bracusi à Bourgeois ». Elle représente les Etats Unis à la Biennale de Venise en 1993. Quand la Tate Modern de Londres ouvre ses portes en 1999, c’est
Louise Bourgeois qui est appelée pour arranger l’immense espace à l’entrée du musée. En 2001, elle devient le premier artiste vivant à être honoré par le musée de l’Hermitage à St Petersbourg.
En octobre 2007, une rétrospective de son œuvre s’ouvre à la Tate Modern de Londres. Cette exposition franchit la Manche et s’installe à Paris au centre Pompidou en 2008, puis de l’autre côté de l’océan au musée Guggenheim à New York. Elle traverse les Etats Unis pour s’installer fin 2008 au Musée d’Art Contemporain de Los Angeles avant de rebrousser chemin et d’être présentée à Washington DC.