Les acteurs de Loup Min Man Ma : “Le rôle de Nicolaï a été pour moi une expérience exceptionnelle”
Min Man Ma participe à des castings depuis plus de 10 ans, enchaînant les plateaux, de la simple figuration aux rôles principaux pour des courts, moyens et longs métrages. Fondateur d’un collectif regroupant comédiens et cascadeurs (CLAAW), il tourne pour la télévision et se produit au théâtre. Loup marque un tournant dans sa carrière d’acteur.
“Dès la première journée, le choc a été énorme. C’était au-delà du dépaysement. Les mots me manquent encore pour décrire ce que j’ai vécu. Au fur et à mesure, on se rendait compte dans quelle aventure on venait de s’embarquer. Éloigné de chez soi, de sa famille, les petites habitudes du quotidien ont évidemment disparu. J’ai essayé de combler cela en nouant des liens avec l'équipe technique. Il y avait bien sûr la présence des nomades, malgré la barrière de la langue. Une rencontre exceptionnelle. En plus, j’avais une certaine pression par rapport à mon rôle - un chef de clan, père de famille. La première fois que je suis entré dans leur tente, je ne savais pas trop quoi faire, les sentant non pas méfiants mais timides. Le contact s’est fait naturellement par le thé et avec les enfants. En voyant leurs yeux en amande, et surtout le dénuement dans lequel ils vivaient, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes aïeux qui vivaient en Chine dans des conditions de pauvreté comparables.
Petit à petit, j'ai appris à adopter leurs postures sans jamais prétendre être un Évène car je serais incapable de faire un tiers de la moitié de ce qu’ils font avec leurs rennes ! Chaque jour qui passe depuis mon retour en France, je pense à eux, je regarde leurs photos. Ils me manquent. Quand je me retrouve avec Nicolas Brioudes qui joue le rôle de Sergueï, mon fils dans Loup, et avec Pom Klementieff, qui interprète sa fiancée Nastazia, je parle de retourner là-bas. Pour mon premier grand rôle dans un long métrage, les rencontres humaines et les paysages immenses resteront gravés en moi.”
Nicolas Brioudes, l’incroyable providence
Le jeune homme n’en est toujours pas revenu ! Et le jour où il a entendu, à la radio, l’annonce d’un casting de jeunes asiatiques pour le film de Nicolas Vanier, restera à jamais gravé dans sa mémoire. Encore lycéen, Nicolas Brioudes s’est jeté dans l’aventure pour devenir Sergueï, le héros de Loup. “Cette histoire est arrivée sur moi tel un strike au bowling. Pour mon premier grand voyage loin de tout, dans un cadre exceptionnel, le choc a été énorme dès la descente de l’avion à Yakoutsk. Des deux périodes de tournage, c’est évidemment l’hiver qui m’a le plus marqué. Physiquement, c’était extrême. Le manque de souffle, la difficulté de progression dans la neige, les extrémités qui brûlent par -50°C, c’était vraiment dur.Mais aller au boulot le matin, dans un contexte de tournage et dans de tels lieux, c’était à chaque fois une grande joie,” se remémore Nicolas. Son séjour en Sibérie a été marqué par des rencontres humaines très fortes : “Il y a toujours eu une certaine harmonie, en premier lieu avec les autres comédiens mais aussi avec toute l’équipe technique. On s'est constamment entraidé et soutenu. Et puis, il y a eu cette rencontre magnifique avec les Évènes, un peuple tellement éloigné de nos contingences de citadins.”
Certains moments resteront inoubliables : “Me retrouver en contact avec les loups m’a demandé beaucoup. J’avais une certaine appréhension mais petit à petit la confiance s’est installée. Une des séquences les plus marquantes pour moi est celle où je sauve un loup qui vient de tomber dans l’eau après que la glace d’un fleuve gelé a rompu sur son passage. Dans la panique, happé moi aussi par ce trou d’eau, je réussis au bout d’efforts surhumains à le faire remonter sur la glace. La prise terminée, il a fallu que je me change très vite car le gel commençait à m’engourdir rapidement malgré la tenue de protection que je portais.” Toujours au lycée, Nicolas Brioudes rêve désormais d’autres aventures : “Je ne remercierai jamais assez Nicolas Vanier pour la confiance qu’il m’a accordée. Cette expérience incroyable m’a fait découvrir une nouvelle passion : le cinéma. J’espère avoir l’opportunité de jouer dans un autre film après Loup.”
Pom Klementieff, danse avec les Évènes
Issue de la classe libre du Cours Florent, Pom Klementieff a déjà fait quelques apparitions au cinéma dans Après Lui de Gaël Morel, Sans Arme et Ni Haine, Ni Violance de Jean-Paul Rouve. D’origine eurasienne, la jeune comédienne de 22 ans s’est retrouvée à l’issue du casting catapultée dans une expérience humaine qu’elle qualifie encore d’hallucinante : “se retrouver pendant les deux mois d’hiver coupée du monde, comme sur un bateau, avec toujours les mêmes personnes, laisse évidemment des sentiments particuliers. Il faut se serrer les coudes pour surmonter les petites tensions dues aux conditions extrêmes”. Les rapports amicaux qu’elle a noués avec les Évènes l’ont évidemment beaucoup touchée. Passant d’un plateau à l’autre au galop à dos de poney, elle les retrouvait avec plaisir à chaque fin de journée de tournage.
“Dans ce rôle, j’ai surtout essayé d’aller au plus simple, de chercher le côté sauvage qui est en moi, avec le plus de sincérité possible. J’ai appris auprès d’eux à faire du traîneau avec les rennes, à faire du pain, à chanter quelques-unes de leurs chansons. Tout cela naturellement car nous étions en permanence dans l’action. J’ai eu le sentiment d’être véritablement adoptée par ces familles évènes. Ils m’appelaient Pompouchka qui veut dire “petit pompon”. J’ai passé énormément d’heures dans leurs tentes, à rire et à danser. Je me souviendrai toujours des regards des enfants, dont le petit Kiril, et de ceux des babouchkas ; des grands-mères incroyables dont les sourires effaçaient la rudesse de leurs vies,” ajoute Pom Klementieff.
“Je voulais que le réalisateur soit content, que l’histoire soit belle, que les Évènes soient fiers de Loup,” conclut-elle.Le Nord, champ magnétique de Nicolas Vanier, réalisateur de LoupPendant plus d’un quart de siècle, Nicolas Vanier a arpenté les espaces sauvages des territoires “d’en haut”. De ses périples sont nés de nombreux récits, romans et documentaires. L’aventure débute toujours par le respect absolu de la nature et des peuples qui y vivent. Jean-Pierre Bailly et Nicolas Vanier, l’aventure renouvelée avec LoupProducteur d'environ 1400 documentaires principalement tournés vers la nature, Jean-pierre Bailly, à la tête de la société MC4, connaît Nicolas Vanier depuis plus de 20 ans. Après le succès du Dernier Trappeur en 2004, il s’est lancé avec autant d’enthousiasme dans l’aventure de Loup. Philippe Gautier - Directeur de production de LoupInstallation rocambolesque
“Au début, je me suis retrouvé avec des responsabilités gigantesques et un Nicolas Vanier exigeant qui voulait tourner à mille kilomètres de la première agglomération. Lorsque je suis arrivé avec lui pour les premiers repérages, en septembre, il n’y avait qu’une cabane d’une vingtaine de mètres carrés, avec un poêle et deux étagères servant pour les couchages. Michaugrad, un village éphémère dans LoupResponsable de la construction du camp de base en Sibérie, le régisseur Pierre Michaut collabore depuis longtemps avec son neveu Nicolas Vanier. Déjà à pied d’oeuvre au Canada à l’époque du Dernier trappeur, il a tout naturellement accepté le défi de la production : créer ex nihilo, loin de tout et dans conditions hostiles, un lieu de vie pour une centaine de personnes. Voici quelques extraits des rapports de Pierre Michaut à la production, témoignant des difficultés gigantesques liées à une entreprise hors du commun. |
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