In bed with Madonna
Diplômé de l’université de Harvard,
Alek Keshishian voit très vite son nom associé à celui de Madonna, à qui il consacre un documentaire en pleine période provoc’.
In Bed With Madonna, réalisé pendant la fameuse tournée Blond Ambition, est présenté à Cannes en 1991, hors compétition, contribuant à dévoiler une image plus intime de la star. Une expérience fondatrice pour le réalisateur, dont il ressent encore l’influence dans son travail de fiction : « ce documentaire m’a appris le pouvoir qu’a la caméra de capter la réalité plutôt que de l’imposer. En terme de style, je pense toujours appartenir à cette école. C’est peut-être moins sexy mais en réalité, c’est beaucoup plus compliqué dans la mesure où cela repose entièrement sur la qualité de la performance ».
Londres
« J’ai habité Londres ces dix dernières années et c’est de mon expérience dans cette ville que sont nés l’histoire et les personnages de Love (et ses petits désastres). A l’époque où j’ai commencé à penser au scénario du film, je vivais à Notting Hill. Mais une fois que le film de Richard Curtis est sorti (Coup de foudre à Notting Hill) je n’avais plus très envie de tourner dans ce quartier. Il fallait que je trouve où était susceptible de vivre une jeune célibataire de 28, 29 ans travaillant pour Vogue. Il y a huit ou neuf ans, cela aurait pu être Notting Hill mais le quartier est aujourd’hui plutôt habité par des couples mariés avec des enfants. Du coup, on s’est rapproché d’East London, vers Spitalfields Market, un coin très intéressant de la ville. Il n’était pas question d’aller dans le pur Est London, le quartier des films de gangsters, ni dans le West London, le territoire de Richard Curtis : je voulais quelque chose de différent».
Breakfast at Tiffany's
Référence-clé de
Love (et ses petits désastres), « ce film est devenu un grand classique de la comédie romantique avec la performance culte d’
Audrey Hepburn. Mais le roman original de Truman Capote se concentrait sur l’amitié qu’entretient un homosexuel avec Holly Golightly. Bien sûr, la première chose que le studio a faite a été de supprimer ce personnage homosexuel, ce qui va à l’encontre de l’histoire telle que Capote l’avait imaginée. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il était si furieux, il s’est senti trahi par cette adaptation. Je pensais qu’il serait intéressant pour Peter de révéler cette trahison des intentions de Capote. Car à la fin du film, c’est très exactement ce que le studio inflige à son propre film ».
Sex and the City
Un petit parfum de
Sex And The City flotte sur le film d’
Alek Keshishian, qui ne revendique pas vraiment l’influence : « je n’y ai pas du tout pensé. Cela dit, je peux comprendre que certains trouvent une certaine familiarité entre la série et mon film, mais je crois que cela tient plus à la franchise et la modernité du ton et des dialogues qu’à quoi ce soit de vraiment précis. Cela est dû en partie au fait que la télévision s’est récemment montrée plus moderne et plus intelligente que les comédies romantiques hollywoodiennes ».
La musique
Egalement réalisateur de clips,
Alek Keshishian a toujours entretenu un rapport privilégié avec la musique. Ses directives concernant la partition de Love (et ses petits désastres) étaient on ne peut plus cinéphiles : « je voulais rendre hommage à Nino Rota et en particulier à la musique qu’il a composée pour Huit et demi. Alexandre Azaria, notre compositeur, a fait un boulot remarquable en écrivant une partition complètement originale mais qui dégage en même temps un vrai parfum de « vintage ». Même sans reconnaître la référence exacte, la musique ramène le spectateur vers les années 60, au même titre que le style des costumes et du maquillage ».