Lovely Bones est une histoire de meurtre, d’amour et d’au-delà ; l’histoire d’une tragédie et de la bouleversante renaissance d’une famille, racontée par la jeune fille même qui a été assassinée. C’est l’histoire d’une vie, d’une mort, et de tout ce qui s’est passé ensuite…
En 2002, un roman que personne n’attendait est devenu en quelques jours un véritable best-seller, émouvant profondément les lecteurs et les critiques du monde entier. Le deuxième roman d’Alice Sebold, « La Nostalgie de l’Ange » (titre original : « The
Lovely Bones »), semble être, en surface, le sombre récit de la disparition et du meurtre d’une enfant ordinaire de banlieue qui, après sa mort, observe ses parents et ses amis qui essayent de continuer à vivre pendant qu’elle-même s’efforce d’accepter sa mort. Racontée par une âme arrachée au monde des vivants, l’histoire offre une vision unique et personnelle de la notion d’au-delà, et fait de ce drame un conte sur la mort éclairé par une lumière, une beauté et un sentiment d’espoir bouleversants.
Le personnage central du livre est Susie Salmon, une jeune adolescente drôle et courageuse qui, après avoir quitté notre monde trop tôt, regarde les vivants depuis un paradis idéalisé où elle peut avoir tout ce qu’elle désire ou imagine, sauf revenir parmi ceux qu’elle aime.
Depuis ce monde, Susie regarde les membres de sa famille qui essayent de surmonter sa disparition. Alors que sa famille est submergée de chagrin et de plus en plus frustrée par l’incapacité de la police à résoudre le crime, Susie essaye d’aider son père à découvrir l’identité de son assassin. Forte de l’amour et de la compassion qu’elle éprouve envers ceux qu’elle a laissés derrière elle, Susie finit par comprendre qu’elle doit s’en aller pour laisser sa famille faire son deuil et retrouver la paix.
Devenu un des romans les plus célèbres et les plus lus de ces dix dernières années, « La Nostalgie de l’Ange » a été salué comme un « triomphe » par le Time Magazine, et comme une « oeuvre remarquable » par le New Yorker. Comme des millions de lecteurs,
Peter Jackson, un des cinéastes les plus imaginatifs de notre époque, a été immédiatement transporté par l’histoire de Susie Salmon et la quête de justice et de paix de sa famille. Il raconte :
« Le roman d’Alice Sebold est un de ces grands livres qu’on ouvre sans savoir à quoi s’attendre ; c’est une histoire forte, palpitante et très émouvante. Une histoire formidablement intéressante pour un cinéaste. »
Peter Jackson a la réputation de raconter à l’écran des histoires envoûtantes. Le monde entier le connaît pour avoir écrit, réalisé et produit la trilogie du
Le Seigneur Des Anneaux : La Communauté De L'Anneau, recréant sur les écrans avec une verve et un souffle épique sans précédent le monde fantastique imaginé par J.R.R. Tolkien. À eux trois, les films ont récolté presque trois milliards de dollars au box-office, cumulé 30 nominations aux Oscars et en ont remporté 17, dont celui du meilleur film pour le troisième,
Le Seigneur Des Anneaux : La Communauté De L'Anneau.
Peter Jackson a obtenu celui du meilleur réalisateur et celui du meilleur scénario pour ce même film. En 2005, il a réalisé, coécrit et produit une version contemporaine d’une des histoires les plus célèbres de tous les temps,
King Kong, qui a rapporté plus de 500 millions de dollars et gagné trois Oscars. Au début de sa carrière,
Peter Jackson a écrit et réalisé un film sombre et émouvant salué par la critique et basé sur une histoire vraie :
Créatures Célestes.
Peter Jackson a lu pour la première fois « La Nostalgie de l’Ange » alors qu’il travaillait sur la postproduction du
Le Seigneur Des Anneaux : Les Deux Tours. Il se souvient :
« Fran Walsh et Philippa Boyens, avec qui je travaille depuis longtemps et qui étaient fans du roman, me l’ont donné en me demandant de le lire. Tout le monde me parlait de ce livre et j’étais très curieux de savoir ce qui provoquait cet enthousiasme chez les gens. J’ai découvert une histoire extrêmement poignante et très évocatrice. A première vue, le roman parle de la plus grande peur de tous les parents, la perte d’un enfant, mais au-delà de cela, c’est aussi une histoire sur le pouvoir rédempteur de l’amour.
Et je pense que c’est pour cela qu’autant de gens ont aimé ce livre ».
Peter Jackson fut immédiatement intéressé, mais pour en faire un film, l’équipe avait besoin des droits du livre et de la bénédiction d’Alice Sebold. Aimée Peyronnet, une productrice de Wild Child Films, et
James Wilson, qui était à l’époque exécutif chez Film4, avaient déjà posé une option sur le roman à l’époque où le manuscrit n’était pas encore terminé. L’intérêt de
Peter Jackson,
Fran Walsh et
Philippa Boyens pour le livre les a finalement menés chez Film4.
Philippa Boyens se souvient :
« Nous nous sommes tout de suite très bien entendus avec Alice Sebold. C’est une femme généreuse et ouverte qui possède une franchise parfois brutale et un sens de l’humour assez sombre. Nous avons discuté de son roman et du film, et un peu plus tard elle nous a recontactés pour nous dire que nous étions les bonnes personnes pour porter son histoire à l’écran. Nous avons eu beaucoup de chance. »
Wingnut et Film4 se sont associés pour produire
Lovely Bones, et
Ken Kamins a mis le scénario que
Peter Jackson,
Fran Walsh et
Philippa Boyens avaient écrit, sur le marché, où il finit par arriver chez DreamWorks.
Steven Spielberg, qui était tombé amoureux du roman dès sa publication, décida de rejoindre le projet et d’assurer avec
Ken Kamins,
James Wilson et Tessa Ross de Film4 la production exécutive du film.
Peter Jackson raconte :
« Steven aimait profondément le livre et tenait à ce que le film se fasse. Nous avons travaillé tous ensemble de manière très fluide, et il avait un tas d’idées pour le développement du scénario et du film. Il a été d’un grand secours dès que nous avions besoin de conseils. »
Comme souvent,
Peter Jackson,
Philippa Boyens et
Fran Walsh ont écrit ensemble le scénario. Bien que le trio ait déjà adapté à l’écran des personnages célèbres et de grands classiques, ce projet présentait toute une gamme de nouveaux défis.
Peter Jackson explique :
« Nous aimons beaucoup les puzzles, et je pense que nous avons vu dans « La Nostalgie de l’Ange » une sorte de grand puzzle pour scénaristes. Le défi était vraiment de conserver la complexité et la poésie du livre d’Alice Sebold tout en donnant à son histoire la structure d’un film. Nous avons passé énormément de temps à chercher comment organiser les pièces du puzzle pour raconter cette histoire à l’écran sans l’alourdir. »
Philippa Boyens note :
« C’est Fran qui a trouvé comment faire. Elle a toujours eu une idée instinctive de ce que pouvait être l’histoire, des raisons pour lesquelles elle valait la peine d’être racontée, et du moyen d’y parvenir en mélangeant magie et réalisme. Elle voyait très bien comment cette histoire pouvait être une rencontre entre plusieurs genres. »
Philippa Boyens poursuit :
« C’était une histoire particulièrement délicate à adapter parce qu’elle est très complexe, qu’elle fait appel à beaucoup d’émotions différentes et qu’elle n’est pas linéaire. Cela a donc été un travail long et méticuleux. C’est une histoire qui ne manque pas d’humour noir, une histoire âpre, surprenante, magnifique et très émouvante, et Peter voulait transposer tout cela à l’écran. » Un des défis majeurs de
Lovely Bones était de trouver comment montrer le lieu principal de l’histoire : « l’entre-deuxmondes » depuis lequel Susie observe les vivants. Dès le début,
Peter Jackson,
Fran Walsh et
Philippa Boyens savaient que l’au-delà de Susie devait être à son image et refléter sa compréhension du monde. Le trio voulait transcender les conceptions religieuses de la vie après la mort et l’imagerie céleste, et montrer la conscience intérieure et la vie émotionnelle de Susie. De plus, cet univers qui est le sien devait ressembler à un rêve et être influencé par les événements terrestres, et offrir à Susie tout ce qu’elle peut imaginer ou vouloir.
Peter Jackson déclare :
« Nous avons essayé de créer un monde onirique, indéfinissable et éphémère. C’est un audelà qui reflète l’être qui l’habite, il n’y a aucun élément visuel lié à une religion ou une autre. Je voulais que ce soit un monde mystérieux et intangible. Susie se trouve dans cet horizon bleu, cet espace qui se trouve entre le paradis et la terre. « L’entre-deux-mondes » n’est pas le paradis au sens propre du terme, c’est plutôt un sanctuaire où Susie fait une sorte de retraite spirituelle et émotionnelle avant d’être prête à aller plus loin. »
« L’entre-deux-mondes » de Susie mélange beauté époustouflante et ténèbres effrayantes.
C’est un lieu réconfortant et triste, sublime et étrange, et profondément lié aux événements qui se déroulent sur terre.
Peter Jackson,
Fran Walsh et
Philippa Boyens se sont concentrés sur les efforts de Susie pour résoudre son propre meurtre, cette démarche qui attise sa rage et son désir de vengeance. Elle sait que son assassin, l’apparemment ordinaire Mr Harvey, a fait quelque chose d’horrible, mais elle ne dispose d’aucun moyen pour guider sa famille ou la police jusqu’à la porte du tueur.
Peter Jackson observe :
« Cette histoire est aussi un thriller. Mr Harvey est un personnage fascinant parce que c’est un Monsieur-tout-le-monde. Il sait l’importance de préserver les apparences : il tond sa pelouse, discute avec ses voisins ; et Susie com- mence à se demander si cet homme sera un jour puni pour son crime. »
Cette incertitude, et le suspense qu’elle provoque, s’inscrit dans une histoire plus vaste et passionnante sur la capacité de l’homme à trouver la joie, quelles que soient les circonstances.
Peter Jackson raconte :
« Pour moi, Lovely Bones est un « thriller émotionnel » sur un homme mauvais qui prend plaisir à tuer et sur une famille qui essaye de trouver comment vivre normalement après la perte atroce d’un enfant. »
Philippa Boyens note que cette tension croissante dans le film est créée par l’espoir du public que Susie et sa famille arriveront à trouver leurs chemins respectifs pour dépasser la peur et la colère. Elle raconte :
« Une des choses brillantes qu’Alice Sebold a réussi à faire dans son livre a été de donner envie au lecteur de voir Susie s’échapper de son état intermédiaire, et de voir la famille Salmon réussir à surmonter cette douleur, à dépasser la tragédie sans pour autant oublier leur amour pour Susie. » Susie finit par comprendre qu’elle doit accepter sa propre mort pour la transcender. A la fin de l’histoire, la jeune fille abandonne sa colère, sa haine, son désir de vengeance, et sa vie sur terre, et devient capable d’accepter de « voir le monde sans elle ». En un sens, elle grandit sans vieillir.
Peter Jackson explique :
« L’histoire commence avec le meurtre de Susie. Malgré le chagrin et la douleur inimaginable liée à sa perte, la famille Salmon trouve la force de survivre à cette épreuve, de se reconstruire et de continuer à vivre, en gardant Susie vivante dans leur coeur. C’est une fin pleine d’espoir. » Bien que
Lovely Bones regorge d’éléments magiques et surréalistes, le film est avant tout, selon
Peter Jackson, l’histoire simple et très réaliste d’une famille qui cherche à continuer à s’aimer les uns les autres après la perte d’un enfant, d’une soeur, dans un monde complètement imprévisible.
Pour le réalisateur, la famille Salmon a toujours été le centre de l’histoire, et son équipe a parcouru le monde pour trouver ceux qui allaient donner vie à ses membres, avec toutes leurs qualités, leurs défauts, besoins et espoirs. Le personnage central de
Lovely Bones, l’adolescente de 14 ans assassinée et prisonnière des limbes, Susie Salmon, s’est révélé le rôle le plus difficile à distribuer.
Peter Jackson cherchait une jeune fille capable d’incarner l’exubérance, l’innocence et le courage de ce personnage, et de montrer ses émotions quand elle doit faire face aux conséquences de sa disparition.
Peter Jackson commente :
« Beaucoup d’adolescentes sont venues aux auditions en se comportant déjà comme des stars de cinéma, mais pour Susie nous voulions justement le contraire, une personne qui donne le sentiment d’être une jeune fille ordinaire de 14 ans. Nous ne nous attendions pas à trouver notre Susie, qui est de Norristown en Pennsylvanie, en Irlande ! »
Parmi toutes les vidéos d’auditions reçues par la production, celle de
Saoirse Ronan s’est rapidement distinguée du lot.
Saoirse Ronan a grandi en Irlande, à la campagne, dans le comté de Carlow, et suivant les traces de son père Paul, elle est devenue actrice. Connue pour son rôle dans le film de Joe Wright
Reviens-moi, Saoirse a été nommée à l’Oscar et au Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation de Briony.
La productrice
Carolynne Cunningham a été la première à regarder la vidéo de son audition pour
Lovely Bones. Elle se souvient :
« Je n’en croyais pas mes yeux. C’était une vidéo enregistrée par son père, qui est aussi acteur, et elle avait vraiment quelque chose de spécial. Il jouait une scène très forte avec elle, et à la fin il la filmait en train de jouer en toute innocence dans le jardin avec son chien. C’était d’une douceur formidable, absolument bouleversante. »
Dès sa première rencontre avec
Saoirse Ronan,
Peter Jackson a su qu’ils avaient trouvé Susie. Il raconte :« Saoirse possède un instinct naturel pour le drame. Elle est intelligente, rafraîchissante et authentique. C’est une actrice née, et c’est rare. C’était un plaisir de travailler avec elle. Nous ne pouvions pas rêver mieux pour
Lovely Bones. »
Saoirse Ronan déclare :
« Ce que j’ai beaucoup aimé chez Susie, c’est qu’elle est une adolescente tout à fait normale, avec des rêves et des espoirs pour le futur. Elle est pleine de vitalité et d’amour. Bien qu’elle soit séparée de sa famille, ses rêves restent plus vivants que jamais, même si elle est hantée par le cauchemar de son assassinat. »
La jeune actrice s’est immergée avec beaucoup de courage dans un rôle très difficile sur le plan psychologique et émotionnel. Elle note :
« Je n’aurais jamais pu y arriver sans Peter, Fran et Philippa. Travailler avec eux a été une expérience fantastique. Ils ont les pieds sur terre, et étant parents eux-mêmes, ils savaient qu’ils devaient me protéger. Ils savent ce que la perte d’un enfant peut faire à une famille, et leur amour et leur soutien m’ont été précieux pour interpréter Susie. Nous avons beaucoup parlé du conflit qui agite Susie dans l’au-delà, le fait qu’elle doit laisser sa famille et le monde dans lequel ils continuent à vivre pour passer définitivement de l’autre côté et profiter de cette nouvelle et magnifique vie qui s’offre à elle. »
Saoirse Ronan remarque :
« Pour Susie, la difficulté est d’apprendre à lâcher prise, à laisser derrière elle ce qu’elle a perdu. Les Salmon formaient une famille très unie, et quand Susie les voit s’éloigner les uns des autres sans rien pouvoir faire, elle veut les aider à surmonter sa mort et à avancer dans leurs vies avant de penser à faire de même pour elle. Une des choses que j’ai le plus aimées dans le film est que même si Susie ne peut pas serrer sa mère dans ses bras ou dire à son père combien elle l’aime, elle découvre qu’ils peuvent ressentir son amour depuis l’endroit où elle se trouve. »
De façon ironique,
Saoirse Ronan est devenue pendant le tournage très proche de l’acteur
Stanley Tucci, qui joue le meurtrier froid et terrifiant de Susie. Elle observe :
« Je pense que nous aurions eu du mal à jouer nos personnages sans cette confiance qui s’est établie entre nous. Nous devions absolument être à l’aise l’un avec l’autre parce que nos scènes étaient très intenses, et par chance nous nous sommes très bien entendus. Stanley a des enfants et je savais que tourner certaines de nos scènes était pour lui très pénible. Mais cela s’est bien passé et il m’a beaucoup aidée. Il donne vraiment la chair de poule dans le rôle de Mr Harvey parce qu’il le joue comme un type normal, un homme dont Susie n’a aucune raison de se méfier. »
Quand Susie Salmon ne rentre pas du collège ce jour fatidique de décembre, sa famille est irrémédiablement transformée par les événements qui vont suivre. Accablé par le chagrin et la culpabilité, le père de Susie, Jack, se met en tête de retrouver l’assassin de sa fille. Habité par le sentiment qu’il n’a pas su protéger sa fille et qu’il doit maintenant corriger son erreur, sa quête va vite tourner à l’obsession. Pour jouer Jack, les cinéastes ont choisi
Mark Wahlberg, qui s’est imposé comme un des meilleurs acteurs de sa génération grâce à une série de rôles inattendus allant du soldat de l’opération Tempête du Désert dans
Les Rois Du Désert, au jeune acteur de
Boogie Nights, jusqu’au marin essayant de survivre dans une mer démontée dans
En Pleine Tempête.
Sa performance dans le rôle d’un policier de Boston dans le film de Martin Scorsese
Les Infiltrés a été saluée par des citations à l’Oscar et au Golden Globe.
Peter Jackson avait très envie de donner à
Mark Wahlberg l’occasion de jouer le genre de père de famille qu’il est dans la vie. Le réalisateur raconte :
« C’est un film sur l’amour, et Jack et Susie sont très liés l’un à l’autre en tant que père et fille. Jack s’en veut de ne pas avoir été là quand sa fille avait le plus besoin de lui, et Mark avait une présence masculine parfaite pour ce rôle. Il est naturellement protecteur, mais aussi très vulnérable. Je savais qu’il pouvait jouer toutes ces choses que je pourrais ressentir dans la situation de Jack. »
Mark Wahlberg a été très ému par ce que traverse Jack en essayant de surmonter ce qui est pour un père la plus grande des tragédies. Il raconte :
« Susie disparaît sans laisser de trace. Il n’y a pas de corps ni de preuve de ce qui s’est passé, et Jack devient obsédé par l’idée de découvrir ce qui est arrivé à sa fille. Il ne dort plus. Il ne mange plus. Il est incapable de faire quoi que ce soit jusqu’à ce qu’il découvre qui a pris la vie de celle qu’il adorait. Sa peine est légitime, mais elle le pousse à faire des choses insensées. Il se met à accuser tout le monde et ne peut plus assurer son rôle de mari et de père. C’est une histoire très douloureuse pour Jack, comme pour tous les autres personnages. »
Interpréter la peine et la rage de Jack a parfois été pour
Mark Wahlberg une véritable épreuve. Il explique :
« J’ai vraiment essayé de me glisser dans sa peau, et cela m’a brisé le coeur. Je voyais ces tragédies familiales aux informations, et je me sentais de plus en plus proche de ce qu’ils ressentaient, de plus en plus concerné. Le tournage n’était pas toujours très amusant, cela a été très difficile en tant que parent, mais très enrichissant en tant qu’acteur. »
Parmi les scènes les plus difficiles de l’acteur figuraient celles où Jack sent que l’esprit de sa fille est auprès de lui. Il raconte :
« Je devais jouer ces scènes comme si Susie était physiquement présente dans la pièce. Pour m’aider, j’imaginais les grands yeux bleus de Saoirse. Souvent, elle était hors champ et narrait la scène, et cela m’émouvait aux larmes. J’étais tellement bouleversé que parfois, Peter disait :« C’était très bien, mais on va essayer de la refaire avec un peu moins de larmes… » Et je répondais :
« D’accord, mais alors il faut que Saoirse arrête de lire. » C’était très fort, et dès que j’entendais sa voix une tristesse et un chagrin insurmontables me fondaient dessus. »
Mark Wahlberg a trouvé sa collaboration avec
Peter Jackson très enrichissante. Il remarque :
« Peter est un réalisateur très différent de ceux avec qui j’ai déjà travaillé. Je lui fais entièrement confiance. Je n’avais pas peur de me laisser envahir par toutes ces émotions aussi douloureuses parce que je savais qu’il était là pour me guider, m’aider et me soutenir. Il y a énormément d’amour chez lui, chez Fran et Philippa. C’était un tournage très difficile sur le plan émotionnel, mais on avait le sentiment que Peter était toujours là pour s’assurer que les gens, en fin de compte, se sentiraient bien après avoir vu le film.
Nous savions que grâce à son imagination, il était capable d’y parvenir. » Si la culpabilité et la peine de Jack le poussent à essayer de résoudre avec acharnement le meurtre de sa fille, sa femme, Abigail, fait son travail de deuil d’une façon complètement différente. Doutant de sa capacité à assumer son rôle de mère et d’épouse, Abigail se renferme sur elle-même et finit par fuir la maison familiale. Abigail est interprétée par
Rachel Weisz, oscarisée pour sa prestation dans
The Constant Gardener.
Peter Jackson observe :
« Abigail n’est pas un personnage larmoyant. C’est une femme qui tente de préserver l’unité de sa famille et qui en même temps, essaye elle-même de tenir le coup. Pour Rachel, le défi était de jouer un personnage qui, pour des raisons personnelles, quitte sa famille quand ils ont le plus besoin d’elle. Elle devait faire cela tout en conservant la sympathie et l’indulgence du public, ce qui n’est pas une tâche facile. Je pense que Rachel a parfaitement rempli son contrat, et bien plus encore. Elle a livré une prestation unique et a été pour moi une véritable révélation en tant que réalisateur. »
Rachel Weisz a exploré son personnage en réfléchissant à ce qu’était la vie d’Abigail avant que son monde ne s’effondre. Elle raconte :
« Abigail est une mère au foyer du début des années 70, mais elle rêvait d’une tout autre vie. C’est une femme frustrée, et quand cette tragédie s’abat sur sa famille, tout le monde réagit à sa façon. Pendant que Jack devient obsédé par sa recherche de l’assassin de sa fille, Abigail sombre doucement dans la dépression. » Elle ajoute :
« Ce que j’aime chez Abigail, c’est qu’elle n’est pas une héroïne. C’est juste une personne très humaine, faillible et imparfaite qui essaye de vivre en dépit de tout. » Selon
Rachel Weisz, cette humanité a pris toute sa dimension à travers le mélange de vie quotidienne, de magie et de mystère créé par
Peter Jackson. Elle observe :
« En plus d’avoir un sens incroyable des personnages et du drame, Peter a une maîtrise parfaite des univers fantastiques et merveilleux, et Lovely Bones est l’alliance de ces deux compétences. »
Il y a dans la famille Salmon une seconde figure maternelle qui joue un rôle tout aussi important dans la dynamique familiale. Grandma Lynn est interprétée par
Susan Sarandon. L’actrice, dont la longue et brillante carrière a été saluée par un Oscar pour le rôle de Soeur Helen Prejean dans
La Dernière Marche, apporte à travers son personnage une touche comique et un élément vital de la structure familiale.
Peter Jackson raconte :
« Susan a beaucoup d’humour et nous avions besoin d’une personne amusante pour le rôle de Grandma Lynn. Elle devait sans cesse rappeler que même dans la pire des tragédies, il ne faut jamais se laisser abattre, et aussi que la vie est pleine d’humour. » Philippa Boyens ajoute :« Grandma Lynn est un personnage fantastique, une femme extravagante et pleine d’énergie qui sait mettre les choses à plat et aller droit au coeur du problème. Susan est parfaite dans ce rôle parce que c’est une femme intelligente qui a le sens du rythme de la comédie. »
Susan Sarandon observe :
« Grandma Lynn a probablement été une alcoolique toute sa vie. Et elle fume aussi. Je crois que je ne dis pas une seule réplique dans le film sans avoir une cigarette ou un verre à la main ! J’ai beaucoup aimé ce personnage parce qu’il y a une grande force chez elle. Elle est complètement égocentrique. Elle dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas parce qu’elle est la seule personne suffisamment insensible pour le formuler. Elle se moque de ce que peuvent ressentir les autres, et cela fait d’elle un personnage très amusant. »
Le personnage évolue dans
Lovely Bones lorsque sa vie est elle aussi affectée par la tragédie qui frappe la famille Salmon.
Susan Sarandon remarque :
« Ce que j’aime chez Grandma Lynn, c’est qu’elle doit changer radicalement pour aider les Salmon. Elle se met à passer l’aspirateur, nettoyer et repasser. Et elle n’est vraiment pas douée pour cela. Elle est aussi celle qui arrive, au sens propre comme au figuré, à faire entrer un peu de lumière dans cette maison, et qui dit :« Allez, ça suffit maintenant. Il faut vous remettre à vivre. Vous ne pouvez pas continuer à étouffer vos émotions et vos vies. » C’est un petit rôle, mais nécessaire : elle les aide à aller de l’avant. »
Rachel Weisz note :
« J’ai vraiment été très heureuse de pouvoir travailler avec Susan Sarandon. Elle était fantastique dans le rôle de cette femme terriblement sexy et impeccable qui est aussi une mère difficile et dominatrice. C’est un personnage très drôle, mais Susan lui a aussi apporté beaucoup de force et de profondeur. »
La force de la famille Salmon se perçoit également chez Lindsey, la jeune et très intelligente soeur de Susie, qui devient une jeune femme au cours de l’histoire. Pour trouver une actrice capable de jouer Lindsey de l’enfance à la fin de l’adolescence, les cinéastes ont organisé des auditions à Londres, Los Angeles et New York, pour finalement trouver
Rose Mciver, qui a fait ses débuts à l’âge de 5 ans dans
La Leçon De Piano de Jane Campion, en Nouvelle-Zélande.
Philippa Boyens raconte :
« Rose a une force de caractère qui masque une fragilité qu’elle n’a pas peur de montrer à l’écran. Lindsey ne s’apitoie jamais sur elle-même, et c’est un trait de caractère que possèdent beaucoup de Néo-Zélandais, une sorte de « On fait avec ce qu’on a ». Nous avons cherché loin et longtemps la bonne actrice pour jouer Lindsey, pour finalement découvrir qu’elle était sur le pas de notre porte. »
Peter Jackson ajoute :
« Rose a parfaitement su jouer le passage de l’enfance à l’adolescence. C’est une actrice née, comme Saoirse, et tout ce qu’elle fait vient du coeur et semble complètement vrai. »
Rose Mciver a beaucoup aimé le dynamisme et l’esprit d’initiative dont fait preuve Lindsey en grandissant alors même que sa famille est sur le point d’imploser. Elle raconte :
« Lindsey est une jeune fille intelligente et déterminée, et quand les membres de sa famille commencent à s’éloigner les uns des autres, elle comprend que si personne ne recolle les morceaux, elle va devoir le faire elle-même. C’est un rôle qui m’a beaucoup touchée parce que perdre un frère ou une soeur est une chose absolument horrible. »
Le plus grand défi de
Rose Mciver a été de faire évoluer la petite fille traumatisée de 11 ans qu’elle joue au début de
Lovely Bones, en une jeune femme courageuse de 18 ans. Elle commente :
« Une même jeune fille est quelqu’un de très différent entre 11 et 14 ans, ou entre 14 et 18 ans. La tournure d’esprit n’est plus du tout pareille. J’ai beaucoup travaillé sur la prise de conscience de soi-même et de son corps, et la façon dont cela transforme Lindsey dans le temps. »
Dans une des scènes les plus angoissantes de
Rose Mciver, Lindsey, qui soupçonne de plus en plus Mr Harvey d’être l’assassin de sa soeur, risque sa vie en entrant chez lui par effraction pour trouver des preuves de son crime. Elle explique :
« Lindsey est très intuitive, et quand elle commence à avoir des soupçons à propos de Mr Harvey, ils deviennent vraiment très forts. C’est quelque chose qui bouillonne en elle depuis longtemps, cet espoir de pouvoir enfin apporter les réponses dont sa famille a tant besoin. »