Un monde fantastique au fond du jardin. Mais il faut devenir aussi petit qu'une fourmi pour y entrer…
Avec
Lucas, Fourmi Malgré Lui, John Davis, créateur de
Jimmy Neutron : Un Garçon Génial nous invite à découvrir «
un univers inconnu, un monde secret, que vous côtoyez chaque jour dans votre jardin, sans même vous en rendre compte ».
La plupart d'entre nous doivent se contenter d'imaginer un tel environnement… À moins de rapetisser à la taille d'une fourmi. C'est précisément l'étrange aventure que va vivre le petit Lucas Nickle. Victime d'une brute du voisinage, le gamin, craintif et frustré, n'a rien trouvé de mieux que de s'en prendre à la fourmilière de son jardin, provoquant à son insu d'horribles carnages. Un jour, les fourmis, lasses d'être arrosées ou sauvagement piétinées, décident de contre-attaquer. Leur sorcier, Zoc, concocte un élixir magique qui réduit d'un coup Lucas à la taille d'une fourmi. L'enfant, fait prisonnier, passe en jugement devant le Conseil des Fourmis, et la Reine décide qu'il devra payer sa dette à la société en se rendant utile aux insectes qu'il tourmentait naguère avec entrain.
John Davis précise : «
Au début, lorsque vous observez les fourmis à travers le regard de Lucas, elles vous apparaissent aussi petites que dans la réalité, et ne forment qu'une masse indistincte. Mais, lorsque vous vous mettez à leur échelle, vous découvrez qu'elles sont étonnamment expressives, et réalisez, en même temps que Lucas, que les apparences peuvent être trompeuses ; que les choses ne sont pas si simples, et que le quotidien recèle des domaines totalement exotiques ».
«
Qui n'a pas rêvé d'être un jour une fourmi et de s'immiscer dans leur univers? », demande
Tom Hanks, producteur de
Lucas, Fourmi Malgré Lui. «
Leur mode de vie a quelque chose de très plaisant, et il me semble (…) que règne dans la fourmilière une solidarité euphorique. Tout cela rendait a priori très attrayante l'aventure de Lucas. »
C'est Hanks lui-même qui attira l'attention de
John A. Davis sur le livre illustré de
John Nickle The Ant Bully, paru en 1999 aux éditions Scholastic Press : «
Mon fils était revenu du jardin d'enfants avec ce livre que nous avons lu ensemble. Arrivé au milieu de l'ouvrage, j'ai eu le sentiment qu'il ferait un merveilleux film. »
John Davis se souvient : «
Tom m'envoya The Ant Bully pour savoir comment j'envisagerais de l'adapter ».
Une rencontre fut bientôt organisée avec Hanks et
Gary Goetzman, son associé à la tête de la société Playtone Productions (
Le Pole Express).
Unissant leurs talents et leurs imaginations, les trois hommes s'attachèrent alors à mettre en valeur l'humour et le charme particulier de cette histoire. Ils s'intéressèrent également aux sentiments mêlés de peur et d'émerveillement que peut éprouver un garçon « miniaturisé », projeté dans un univers où l'objet le plus banal prend des proportions inquiétantes, où une simple canette de soda devient un immeuble de trois étages, ou quelques brins d'herbe prennent des allures de jungle, et où une guêpe se transforme soudain en bombardier géant.
John Davis explique : «
C'était formidable d'être tout de suite sur la même longueur d'onde. Nous étions synchrones sur le côté aventure, l'action, les affrontements de Lucas et les fourmis avec les guêpes. Bref, sur tout ce qui fait vibrer la corde sensible d'un gamin ».
«
Les scènes où Lucas, miniaturisé, découvre le monde des insectes et le pays des géants sont un hommage direct à Harryhausen », dit John Davis. Et
Tom Hanks complète : «
Ray Harryhausen a trouvé il y a bien longtemps l'art et la manière de filmer de telles séquences. Pour l'attaque des guêpes, John et moi nous sommes référés au fameux duel des squelettes du film Le Septième Voyage De Sinbad ».
Formé initialement au « stop motion » plutôt qu'à l'animation traditionnelle, John Davis fit aisément la transition au numérique, car «
Vous y êtes d'emblée dans un espace cinématographique, et y retrouvez tous les équivalents virtuels du cinéma traditionnel. Vous fabriquez vos décors en ordinateur et vous pouvez les éclairer à volonté, comme sur un plateau. Vous disposez d'un espace tridimensionnel auquel s'appliquent tous les principes mécaniques du cinéma live. Et vous pouvez raconter votre histoire à grande échelle, faire vivre à vos spectateurs des émotions fortes. C'est pourquoi j'ai utilisé quantité de plans subjectifs et d'effets « montagnes russes », notamment dans la scène où Lucas chevauche une guêpe ».
Le réalisateur ajoute : «
Le dessin animé n'a jamais eu qu'un but pour moi : divertir. Il vous donne l'occasion de transcender les limites du quotidien, de découvrir des environnements stylisés. Lucas, Fourmi Malgré Lui ne prétend pas au réalisme visuel, mais l'image est assez riche et détaillée pour engendrer une impression de vie et de réalité. Lorsque Lucas pénètre dans le monde si coloré des fourmis, l'image a cet impact viscéral du 3D qui vous embarque immédiatement dans une trépidante aventure ».
Un enfant a beaucoup à apprendre des fourmis
Tom Hanks et
Gary Goetzman étaient également en parfait accord avec John Davis sur la manière d'articuler les thèmes et « enseignements » de
Lucas, Fourmi Malgré Lui sans tomber dans le didactisme.
Tom Hanks raconte : «
On ne peut pas plaquer une « leçon » dans un récit pour enfants. Il ne faut pas prêcher, mais raconter. Le sens de la fable doit découler de la narration et en être indissociable ».
Pour John Davis « les gosses saisissent bien plus de choses que nous ne croyons et détestent être traités de haut. La vérité, c'est qu'ils sont terriblement rapides et futés ».
En vertu de ce constat, John Davis fit venir à plusieurs reprises les enfants de ses collaborateurs pour leur montrer des scènes de
Lucas, Fourmi Malgré Lui en cours de réalisation et connaître leurs réactions. Ce précieux feedback le poussa même à changer la fin du film.
Pour John Davis, «
L'objectif premier est d'aboutir à un spectacle distrayant. Mais il est bon que le film ait un sens, qu'il apporte à tout le monde un petit « message » que savoureront parents et enfants. Par ailleurs, c'est toujours plus intéressant, pour le scénariste comme pour le spectateur, de voir des personnages évoluer, vivre des conflits et en tirer une leçon ».
Il ajoute : «
Plusieurs thèmes d'égale importance s'entrecroisent dans Lucas, Fourmi Malgré Lui. Lucas ne découvre pas seulement l'importance du travail en équipe, de l'amitié et du courage, mais les dangers de l'abus de pouvoir. Il apprend à se mettre à la place de l'autre ».
Fidèle à l'esprit et au charme particulier du récit de
John Nickle,
Lucas, Fourmi Malgré Lui confère à l'aventure de son jeune héros une plus grande ampleur, en y introduisant des personnages, des motivations, des relations et des obstacles inédits. Tous ces personnages devaient posséder une forte présence vocale et une identité bien définie.
John A. Davis explique : «
L'interprétation vocale est la clé de voûte du dessin animé. C'est à son écoute que les artistes commencent à imaginer des personnages qui n'existent encore qu'à l'état de croquis. En studio, l'acteur nous livre aussi des myriades d'indications à travers ses mimiques, ses postures, sa gestuelle. C'est pourquoi nous filmons régulièrement les séances d'enregistrement. Non pour copier ces attitudes, mais pour que les animateurs s'imprègnent de la totalité de l'interprétation et en tirent le maximum de profit. Ce qui n'interdit pas d'incorporer tel ou tel détail physique particulièrement éloquent, comme par exemple le port de tête royal de Meryl Streep lorsqu'elle prononce sa sentence, ou encore les mouvements de main de Ricardo Montalban ».