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Ma vie en l'air est doublement un premier film : pour ma productrice
Isabelle Grellat et pour moi. Avant d'aller nager ensemble dans le grand bain, nous avons pataugé dans le petit bassin d'où sont sortis deux courts-métrages.
Après une réflexion de plus de six mois au cours desquels j'oscillais entre polar psychologique, comédie dramatique et thriller passionnel…ou drame psychologique, polar passionnel et thriller comique, Isabelle m'a soufflé l'idée : « parle de toi ». Je l'ai prise au mot.
J'ai construit l'histoire de
Ma vie en l'air autour d'une de mes phobies et de son aspect comique : Yann Kerbec, le personnage principal et narrateur du film, a peur de l'avion, une peur panique qui pourrait bien foutre sa vie en l'air.
Mais plus que le portrait d'un seul personnage,
Ma vie en l'air est un regard posé sur une génération -la mienne- particulièrement douée pour fuir les responsabilités, les devoirs et les engagements, en bref tout ce qui contribue à nous faire grandir. J'ai voulu une comédie romantique au ton fantaisiste sur des thèmes simples comme l'amour et l'amitié.
Je savais que ma relation avec celui qui allait se glisser dans la peau de Yann Kerbec serait fusionnelle, c'est pourquoi il me fallait quelqu'un avec qui je devais m'entendre artistiquement, mais aussi humainement. J'ai donc cherché un comédien dont l'univers serait proche du mien. En faisant connaissance, Vincent (Elbaz) et moi, nous nous sommes rendu compte que nous avions exactement le même âge, plein de choses en communs et quelques « Yann Kerbec » dans nos entourages respectifs. Nous ne nous ressemblions pas physiquement -je ne pourrais rivaliser avec lui en terme de sex-appeal- mais je me suis immédiatement reconnu en lui, de même qu'il a dû se reconnaître en moi, puisque que j'ai découvert au montage qu'il s'était inspiré de certaines de mes mimiques pour incarner le personnage de Yann Kerbec. J'ai trouvé ça touchant.
Pour écrire ce scénario, j'ai dû me familiariser avec un langage technique plutôt complexe et lire des tas de bouquins traitant d'aviation. J'ai en particulier utilisé un ouvrage terrifiant relatant des extraits de boites noires d'avions au moment des crashs.
Yann Kerbec étant un obsessionnel des statistiques, je voulais que tous les chiffres qu'il cite soient vrais. Ca fait réfléchir de savoir qu'on a neuf fois plus de chances de mourir dans un ascenseur qu'en avion !
Lors du casting pour le rôle de Charlotte, j'ai demandé aux comédiennes de chanter « Ford mustang » de
Serge Gainsbourg, ce qui était peut-être un peu sadique parce que c'est une chanson difficile à chanter.
Elsa Kikoïne m'a immédiatement séduit par la grâce de son interprétation…même si elle chantait particulièrement faux !
J'ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec
Sinclair qui a composé la musique originale du film, les thèmes qu'il a proposé étaient en parfaite harmonie avec mon univers. »