Notes de ProductionC’est à l’été 2005 que nous avons fait la connaissance de ces 4 sympathiques et inséparables New-yorkais que nous aurions volontiers accueillis chez nous s’ils avaient été moins remuants et de taille plus... modeste. Mais loger chez soi un lion, un zèbre, une girafe et un hippopotame demande des sacrifices qui ne sont pas à la portée du commun des mortels. Le fier Alex, le très prolixe Marty, l’hypocondriaque Melman et la rondelette Gloria étaient finalement davantage à leur place sur les écrans de cinéma ou dans la jungle de Madagascar, où ils allaient en quelques semaines conquérir des millions de fans. Leur première aventure devint la comédie familiale n°1 de l’année, réalisant à travers le monde plus de 500 millions de dollars de recettes...
Le scénariste/réalisateur Eric Darnell fut comblé, mais pas tellement surpris de ce succès : «Madagascar a plu parce qu’il réunissait des personnages plaisants et divertissants auxquels les gens pouvaient s’identifier. Les problèmes de nos héros, leurs carences, leurs angoisses ne vous empêchaient pas de sympathiser avec eux et de souhaiter leur réussite.»
Le scénariste/réalisateur Tom Mcgrath enchaîne : «Nous sommes tombés amoureux de ces animaux de zoo créés avec la complicité de Ben Stiller, Chris Rock, David Schwimmer et Jada Pinkett Smith, et cet amour a été largement partagé. Du thème classique Nature contre Culture, nous avons tiré cette aventure où quatre pensionnaires du zoo de New York sont projetés dans un monde différent et obligés de s’inventer un nouveau style de vie, de se forger de nouveaux liens d’amitié. Mais en terminant cette première histoire, nous savions déjà, avant la sortie du fi lm, qu’il y avait beaucoup plus à tirer de ces quatre personnages.»
La productrice Mireille Soria voit encore une autre raison au succès de Madagascar : «Les gens ont aimé le style visuel, le côté très graphique des personnages, qui s’accorde si bien à leur drôlerie et à leur évidente intelligence. Le premier film traitait de l’amitié et de sa place dans nos vies. Il illustrait à sa manière l’extraordinaire diversité de New York, en postulant qu’un lion, une girafe, un zèbre et un hippopotame pouvaient cohabiter et devenir les meilleurs des amis. Une notion que nous avions envie de développer.»
Les premières discussions sur Madagascar 2 : La Grande évasion eurent lieu dans l’avion qui menait Jeffrey Katzenberg, PDG de DreamWorks Animation, et l’équipe sur le Vieux Continent pour la première européenne de Madagascar. «Au cours de ce voyage, nous avons posé les grandes lignes de cette nouvelle intrigue», indique McGrath. «Supposons que nos quatre héros quittent Madagascar et rejoignent l’Afrique pour un retour à la «mère patrie»? Quatre New-yorkais dans les plaines africaines ? Dépaysement maximum garanti !»
Un nouveau producteur, Mark Swift, a rejoint l’équipe : «Pendant que Mireille terminait Madagascar, je travaillais au court métrage des Pingouins, titré «A Christmas Caper». J’aime à croire que ce sont eux qui m’ont pris par la main et amené sur le second film.»
Pour Darnell et McGrath, Madagascar 2 : La Grande évasion constituait le prolongement naturel d’une collaboration pleinement aboutie. Eric Darnell : «Tom et moi travaillons vraiment bien ensemble : chacun de nous réagit aux idées de l’autre, joue avec et les lui renvoie, encore améliorées. Nous nous efforçons d’œuvrer le plus possible en tandem, côte à côte, afin de nous exprimer d’une seule et même voix. Des productions comme celle-ci exigent parfois que les associés se séparent tempo- rairement, l’un travaillant sur l’animation tandis que l’autre dirige, par exemple une séance d’enregistrement. Nous nous plions à ces contraintes mais nous préférons notre méthode car elle nous est la plus bénéfique.»
Les deux artistes se rencontrent chez DreamWorks il y a huit ans, et sont instantanément sur la même longueur d’onde. C’est Madagascar qui leur fournit une première occasion de travailler en tandem.
Tom Mcgrath : «Nous permutons volontiers nos «casquettes» à l’écriture, aussi bien en matière de gags que de contenu dramatique. Ces échanges permanents nous permettent d’aboutir à une vision cohérente. Durant la réalisation, nous nous efforçons de travailler ensemble, bien que ce ne soit pas toujours possible lorsqu’on a des centaines de collaborateurs à gérer. Mais nous sommes en revanche totalement soudés au montage. C’est un privilège d’avoir pu travailler deux fois de suite dans ces conditions.»
Pour Mireille Soria, il était vital de maintenir le tandem Darnell/McGrath sur Madagascar 2 : La Grande évasion. «Ils incarnent Madagascar, ils en sont la cheville ouvrière, à l’écriture comme à la réalisation. Ils y apportent des sensibilités et des talents distincts, considérables, dont nous tirons pleinement avantage. Un de nos grands plaisirs sur Madagascar 2 : La Grande évasion aura été de retrouver Tom, Eric et nombre des chefs de service du premier film : la chef décoratrice Kendal Cronkhite, le superviseur effets visuels Philippe Gluckman, le directeur de l’animation des personnages Rex Grignon, le superviseur senior de l’animation Denis Couchon, le directeur musical Sunny Park. Cela a énormément facilité la communication. Mais l’essentiel était de trouver une histoire qui se tienne.»
Mark Swift : «C’est toujours le point de départ. Et comme tout le monde avait aimé les personnages de Madagascar, il était logique de faire revenir à l’écran cette petite famille et de lui donner le premier rôle dans cette nouvelle histoire. Tom, Eric et Etan Cohen ont écrit ensemble un merveilleux scénario.»
Eric Darnell : «Tout s’est enchaîné à l’écriture. Quand nos New-yorkais montent à bord de l’avion, qui retrouvent-ils ? Les pingouins, bien sûr. On ne pouvait pas laisser Maurice et Mort en plan, ils sont trop drôles. Ils font partie du groupe, de même que les chimpanzés Phil et Mason. Nous voilà du coup avec toute une bande qu’il faut faire vivre, agir et parler, sans oublier pour autant les personnages nouveaux que nous découvrirons en Afrique. Tout cela requiert un savant équilibrage.»
Tom Mcgrath : «On aime tant ces personnages qu’on voudrait passer un maximum de temps avec chacun. Nous savons cependant qu’il est difficile de jongler avec plusieurs intrigues. Cela a été un gros problème mais il me semble que nous l’avons résolu : toutes les intrigues secondaires servent l’histoire principale, ce qui n’était pas évident avec quelque 13 personnages.»
Les scénaristes ont fait d’Alex le pivot de l’histoire. Alex a été le Roi de New York, la star du zoo de la ville, ce qui ne l’aide guère dans les vastes plaines africaines. Marty a toujours rêvé de «faire partie du troupeau», mais comment réagira-t-il au milieu de centaines de congénères, tous identiques à lui ? Gloria, qui a légèrement mûri, pense qu’il est grand temps de nouer une relation sentimentale. Melman se retrouve entouré de ses semblables, en même temps qu’il découvre ses sentiments profonds pour Gloria... et l’existence d’un rival.
Le premier film se partageait entre temps forts comiques et phases plus «méditatives», où les personnages découvraient en eux-mêmes des émotions ou des sentiments inattendus. Focalisé sur l’idée de famille et de groupe, a permis de multiplier ces révélations. Chaque habitant du zoo est ainsi amené à s’interroger sur son identité, ses objectifs, ses amours. D’où une série de nouveaux défi s pour les animateurs, confrontés à la rapide maturation des personnages et à l’enrichissement de leur «vécu».
Tom Mcgrath : «Ce sont de nouveaux défis mais nos animateurs savent bien ce qu’on attend d’eux. À en croire une vieille blague, ce sont fréquemment des acteurs frustrés qui redoutent de se produire en public et préfèrent s’exprimer à travers leurs créations. Ce qui leur réussit d’ailleurs fort bien...» Notes de Tournage... 14 août 2008 - Madagascar 3 : le portefeuille a ses raisons que le coeur...
DreamWorks Animation n’en finit pas de nous faire rêver… Notre ami Jeffrey Katzenberg a encore longuement réfléchi avant d’annoncer une nouvelle qui va tous vous couper la chique : un troisième volet de Madagascar au four. Le producteur justifie ce choix par les sentiments. « Il y a au moins un chapitre de plus après Madagascar 2 : La Grande évasion. Nous souhaiterions voir les personnages revenir à New-York. » Quel gros sensible ce Jeffrey Katzenberg. Créer une scène d'actionUne grande séquence d’action (comique) comme celle du crash de Madagascar 2 : La Grande évasion ne s’improvise pas. Elle résulte d’un long processus, qui s’étale parfois sur des mois, et implique moult essais, ajouts, changements et corrections.
Tom Mcgrath en avait eu l’idée initiale, une nuit d’intense fièvre créatrice : «Je l’ai dessinée à grands traits mais ces quelques planches ont fini par constituer une référence permanente, de sorte que le résultat final leur correspond fidèlement.»Des effets spéciaux toujours plus spéciauxLe superviseur effets visuels Philippe Gluckman avait déjà passablement «souffert» sur Madagascar, mais ce n’était qu’un début...
Philippe Gluckman : «Créer la jungle du premier film, avec sa flore surabondante et sa faune velue à souhait, avait été un accomplissement majeur. Mais cette jungle, du fait de sa densité, nous dispensait de créer de nombreuses plantes. Les paysages africains, à l’inverse, sont totalement ouverts et livrent au regard d’immenses étendues de savane, un élément naturel très diffi cile à recréer : il faut générer à l’ordinateur chaque brin d’herbe.» Dernières impressions une fois le film fini ?L’équipe qui a consacré plusieurs années de sa vie à la réalisation de Madagascar 2 : La Grande évasion livre ses dernières impressions : «Chacun de nos personnages a mûri», constate Mark Swift. «Alex voulait savoir s’il resterait lui-même sur la terre ancestrale. Marty rêvait de «faire partie du troupeau», mais était-ce vraiment sa vocation ? Gloria, pour la première fois, va rencontrer l’amour... et Melman va découvrir qu’il est amoureux de Gloria.» |
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