Qu’est ce qui vous a attiré dans ce double rôle, celui d’un père playboy et de son fils, quadra, en pleine crise identitaire ?
C’est justement cette différence d’époque, de génération et de caractère entre ces deux hommes qui m’a séduit. Le père, c’est d’abord l’archétype du mâle italien des années 60. Il traverse les époques de l’Italie contemporaine, passe aux années 70, puis 80 et arrive aujourd’hui en bout de course. Jouer Antonio, c’est jouer un père de légende, un personnage solaire. Luca, le fils, est plus lunaire. Il n’est pas très sûr de lui avec les femmes, c’est un écrivain hésitant, l’antithèse de la figure paternelle. Et puis il est devenu Français ! Chez lui, l’Italie est devenue terre de conflit, il s’enflamme, se passionne, condamne... Travailler ces deux sensibilités, voilà ce qui était intéressant. Les deux personnages se regardent, s’observent, jouent ensemble par delà la mort.