Magique

Un film de avec et
Genres : Comedie Dramatique, Musique - Durée : 1H31 mn
Sortie en salles le 22 Octobre 2008 - en VOD/DVD le 15 Octobre 2009
Presse ★★★★
Spectateurs ★★★

Interview Cali

Vous venez tout juste de découvrir le film. Comment avez-vous vécu ce moment ?
C’est la première fois que je le vois en entier. Je ne trouve pas vraiment les mots mais c’est vraiment, troublant, voire violent de se regarder. Je le fais régulièrement pour des vidéos mais ce n’est pas pareil car je suis moi-même, là c’est un rôle. On m’a dit de ne surtout pas dire ça parce que ce n’est pas très vendeur mais pour moi, ce film, c’est de la poésie. Il y a une belle histoire, c’est doux, frais et avec un môme extraordinaire. Et puis je suis content car la musique fonctionne bien.

Votre dernier album s’intitule « L’espoir », ce que véhicule aussi Magique...
Ce film est arrivé au bon moment. Quand Philippe m’a proposé d’en faire la musique, je ne m’en sentais pas vraiment capable mais comme j’aimais beaucoup ses films, j’ai accepté de lui rendre une copie, avec l’idée qu’il allait me dire que ça n’allait pas. Je n’avais pas envie d’avoir le regret de ne pas avoir essayé. Chaque fois que nous nous sommes croisés, je lui ai répété que c’était son film, sa sensibilité, je lui ai demandé de me parler d’odeurs, de saisons, d’images afin de comprendre la direction vers laquelle il voulait aller. Une fois que les chansons étaient écrites, Philippe m’a demandé de composer la musique et là on a passé une semaine à travailler 15 heures par jour avec des musiciens que j’adore et qui me font entièrement confiance. On était comme des fous, Philippe regardait son film se construire avec la musique et quand je le voyais sourire, je savais qu’on tapait dans le mille.

À quel moment vous a-t-il proposé de jouer Baptiste ?
Une fois que l’on avait bien avancé sur la musique, il m’a demandé si je voulais jouer. Je n’en avais pas vraiment envie mais comme je lui fais entièrement confiance, j’y suis allé. Après, j’ai donc vécu de grands moments de solitude parce que je ne savais pas si j’allais en être capable. Je me suis alors dit que si un jour on me proposait d’aller sur la lune, je ne pourrais pas refuser. La vie est absurde, on vit, on meurt, donc il faut saisir toutes les bonnes occasions. Ensuite, j’ai eu ce scrupule de l’imposteur, j’ai pensé à tous ces jeunes acteurs qui font des écoles et qui n’ont jamais de rôles alors que là on m’amenait celui-ci sur un plateau. Mais bon, j’ai quand même décidé d’y aller avec l’aide d’une coach formidable (Patricia Sterlin).

Comment s’est déroulé le tournage ?
J’ai juste eu la chance extraordinaire de tomber sur qui est quelqu’un de très doux, très gentil et avec qui je suis devenu ami. Et puis, j’ai travaillé avec et qui m’ont beaucoup aidé, alors qu’ils auraient pu se contenter de faire leurs scènes et partir. Moi je les aidais au chant et eux me dirigeaient pour jouer, ça a été un véritable échange. Ensuite ce qui est touchant, c’est la manière dont Philippe s’est battu pour faire ce film, c’est un véritable projet de vie. Je me rappelle qu’un soir un monteur nous a préparé 10 minutes d’images avec de la musique pour nous montrer l’ambiance du film, on les a regardées avec toute l’équipe et quand je me suis retourné, Philippe pleurait comme un enfant. Là, j’ai senti qu’il était en train de planter le drapeau au pic de sa montagne. C’était super fort ! Rien que pour ça, je suis heureux d’avoir fait ce film.

Depuis ce tournage, vous vous êtes retrouvés avec Marie et Antoine...
Avec Antoine, au bout de 10 minutes, on savait qu’on allait être inséparables, je lui ai même proposé de faire un disque quand il aura un peu de temps devant lui. Il viendra en studio et on fera des chansons. Il y a une chanson de mon album qu’on a transformée en duo avec Marie pour le générique de fin et que nous avons même interprété ensemble sur scène, au Zénith, c’est un joli souvenir. Je rencontre pas mal d’acteurs qui me disent qu’ils aimeraient bien chanter pour un jour rencontrer le public sur scène. Je crois que nous en sommes tous capables, c’est juste une question de confiance.

Ce tournage qui s’est achevé il y a déjà quelques temps a-t-il influencé votre écriture et la couleur du dernier album « L’espoir » ?
En fait, j’ai débuté la première partie du disque chez moi en juillet et dès le lendemain de mon retour du Québec, je me suis remis au travail. Et donc, l’influence de cette aventure est de 200% car cette coupure m’a notamment permis de faire écouter à Antoine et Marie, ce que j’avais déjà fait ainsi que les chansons écrites au Québec. Disons que j’ai gagné un capital confiance assez énorme en me lançant le défi de faire ce film, j’étais donc beaucoup plus fort au retour, c’est sûr.

Maintenant que vous avez goûté au cinéma, avez-vous envie de recommencer ?
J’attendais de voir le film pour répondre à cette question et donc la réponse est définitivement positive, parce que quel que soit l’accueil qui lui sera réservé, c’est comme pour un disque, on ne juge pas la valeur d’un film à son succès commercial. J’ai la chance que ce ne soit pas mon métier principal, je n’en ai pas besoin pour vivre mais si on ne me propose rien, je serai peut-être obligé de m’écrire un rôle moi-même (rire). Et si on me propose des choses excitantes, je n’hésiterai pas.

Quel est votre rapport au cirque. Vous auriez aimé mener cette vie ?
Bien sûr et la vie n’est pas terminée... je suis très admiratif de tous ces gens, il faut un entraînement perpétuel, une hygiène de vie irréprochable et une abnégation incroyable, il faut être à fond. Moi, quand je pars sur la route avec mon équipe, je dis que nous sommes aussi un cirque. On arrive dans une ville, on joue une soirée, on donne tout en essayant de faire rêver les gens et ensuite on s’en va dans un autre village pour y faire la même chose, il y a donc beaucoup de similitudes.

Votre premier succès posait la question de « C’est quand le bonheur ? », vous vous en approchez ?
Oui, et j’aime l’idée de m’en approcher sans jamais l’attraper, c’est assez jouissif. C’est d’ailleurs l’un des messages du film : l’important c’est le voyage, pas la destination ! Personnellement, j’ai toujours eu plein de projets et j’ai l’impression que plus j’avance, plus les limites sont celles de mon imagination. C’est une sensation agréable. J’ai la chance d’être arrivé tard, je ne suis donc jamais blasé. Je crois être pleinement conscient de tout ce qui m’arrive, c’est pour ça que je n’envie pas les jeunes qui démarrent très tôt car ils n’ont pas de repères.

Quels sont vos films de chevet, ceux qui vous accompagnent ?
J’adore Kaurismaki et La Vie De Bohême qui est mon préféré. C’est un film qui m’a bouleversé. On passe d’un moment de franche rigolade à un instant de désespoir lumineux. Sinon, dans un registre différent, il y a Capra avec La Vie Est Belle. Ce sont des films qui donnent juste envie de continuer cette vie absurde. Il faut être un peu magicien pour toucher les gens comme ça. Et puis j’aime aussi beaucoup Lars Von Trier, Breaking The Waves m’a énormément marqué, tout comme Les Idiots qui est assez incroyable. Et je suis un inconditionnel de Jim Jarmusch. Je pourrais en citer plein d’autres mais là, ce sont ceux qui me viennent à l’esprit en premier.

Notes de tournage

Avril 2006 - pousse la chansonnette aux côtés de

Alors qu’elle se trouve actuellement en compagnie de José Garcia, Michel Serrault et Olivier Gourmet sur le tournage du très attendu Pars Vite Et Reviens Tard de Regis Wargnier, continue de faire sa petite liste de courses… euh de projets.

Après le film de Wargnier (Man To Man), elle devrait ainsi enchaîner deux autres longs-métrages : Fragiles de Martin Valente (Les Amateurs) et surtout Magique, film musical de (Le Papillon).

Quelques mots de Philippe Muyl

Magique s’inscrit dans la continuité thématique de mes deux films précédents tout particulièrement Le Papillon. Magique reprend une partie des éléments romanesques qui s’avèrent constituer la source de mon inspiration : le tandem enfant-adulte. On y retrouve également un thème que j’ai exploré dans Le Papillon et dans La Vache Et Le Président, qui était déjà présent dans mon premier film L’arbre Sous La Mer, l’absence de l’un des deux parents, et aussi le désir inconscient de l’enfant de reconstituer le couple parental, et donc la cellule familiale.

Interview de Philippe Muyl

Comment est né ce projet atypique ?
Que ce film soit différent tout en étant potentiellement populaire est quelque chose dont je suis assez fier. Je ne sais pas trop comment il est né, car au départ, je ne suis pas un fana de cirque, je ne suis pas non plus fan de films musicaux, à l’exception de Moulin Rouge ou d’Evita que j’adore. En fait, j’aime bien la chanson. C’est peut-être un art mineur, mais les chansons balisent la vie, ce n’est pas anodin. J’avais déjà écrit une chanson pour le générique de fin du Papillon chantée par Michel Serrault et Claire Bouanich, je me suis dit que ce serait amusant de faire un film entier avec des chansons. Magique a été une vraie aventure de vie car j’y ai consacré cinq années et à mon âge, cinq ans c’est énorme ! Magique est un film sur la question de la joie de vivre. Sous l’apparence de l’anecdote fabriquée de toute pièce, il est évident que c’est un thème personnel. Le rapport entre l’enfant et la mère vient de mon histoire même si elle est complètement déguisée. D’ailleurs, au départ, l’histoire était celle d’une mère qui veut faire rire son petit garçon et non pas le contraire. C’est après avoir parlé avec Jaco Van Dormael à qui j’ai fait lire le scénario que je l’ai réécrit. J’avais inversé la situation pour me cacher un peu plus.

Interview Marie Gillain

Quelle a été votre première impression en découvrant le film ?
Je l’ai trouvé vraiment magnifique. ça ressemble à du Tim Burton, en version douce, très pure, très humaniste. Je pense que si le film avait été fait en France avec un chef opérateur français, il aurait sans doute été aussi bien, mais sans doute foncièrement différent. Je pense qu’on se serait embarqué moins loin dans l’imaginaire de l’enfant. L’arbre à lucioles, le personnage qui fait la pluie et le beau temps, c’est juste magnifique et à la hauteur des rêves fantasques de l’enfance.

Interview Antoine Duléry

Quelles ont été vos premières impressions lorsque vous avez découvert le film ?
Je viens tout juste de le voir et je suis vraiment très heureux. Il arrive que l’on soit déçu, ce n’est pas du tout le cas cette fois-ci. Le film est plus abouti et encore mieux que son scénario. J’espère sincèrement qu’il va marcher car c’est tout sauf un film racoleur. J’ai retrouvé tout ce que j’avais lu, cette histoire atypique, pleine d’émotion, d’authenticité et sans violence. C’est ce qui m’a séduit lorsque j’ai rencontré Philippe. Je pense que c’est son film le plus personnel, c’est une œuvre extrêmement sincère, qui parle de l’enfance, de l’amour, de la magie des rencontres...
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