Que puis-je dire que je n’ai déjà dit sur ma démarche ?
J’ai fait un nouveau film avec les mêmes acteurs, les mêmes techniciens, et toujours à Marseille.
C’est sur l’adjectif nouveau que je dois insister.
Nouveau parce que les acteurs sont les mêmes et pas les mêmes : nous grandissons ensemble.
Les décors, de la même manière, se transforment.
Mon premier film se passait en face d’une cimenterie en pleine activité, mon septième film enregistrait sa démolition, mon onzième film montre la pinède qui a repris ses droits là où elle était implantée.
Et puis, je change de genre.
"Oubliés" les contes et les tragédies ; voilà un film romantique : ce qui veut dire intimité, rêverie, exaltation, spiritualité, aspiration à l’infini, etc… Et tout ça opposé à la réalité.
Qui n’a pas connu ces terribles moments a mal vécu !
A 17 ans, je lisais Marx dans la journée, mais tous les soirs je retrouvais à mon chevet "les souffrance au jeune Werther ".
Robert Guédiguian