Le 2 Juillet 2008 - Martyrs échappe à l'interdiction aux mineurs
Le film d'horreur français
Martyrs ne sera pas interdit aux mineurs, la Commission de classification des oeuvres cinématographiques ayant opté pour l'interdiction aux moins de seize ans, dans un deuxième avis mardi soir, a indiqué mercredi à l'AFP l'un de ses membres.
Réunie mardi dans la soirée en séance plénière, la commission présidée par Sylvie Hubac a revu le film et préconisé une interdiction aux moins de seize ans assortie d'un "avertissement", par 14 voix contre 12 en faveur de l'interdiction aux moins de 18 ans, a précisé cette source.
L'avis officiel de la commission n'était pas encore émis ce mercredi matin.
Dans un premier avis le 29 mai, la commission avait souhaité l'interdiction aux moins de 18 ans de ce thriller, en raison d'une violence jugée extrême.
Nombre d'organisations professionnelles du cinéma avaient alors dénoncé une recommandation très restrictive, rarement usitée pour les films sans scènes de sexe explicites, craignant qu'elle ne mette en péril la carrière commerciale de
Martyrs et plus largement, des films de genre.
Après avoir reçu son réalisateur
Pascal Laugier, la ministre de la Culture Christine Albanel - qui au final décide de l'éventuelle restriction accompagnant la sortie - avait alors convié la commission à revoir le film.
Mercredi dans un communiqué, la Société des réalisateurs de films (SRF) s'est félicitée de voir le film "échapper à la censure" grâce à la "très forte mobilisation des réalisateurs, producteurs, distributeurs, critiques de cinéma et spectateurs".
La SRF demande en outre à la ministre de la Culture de "confier dans les plus brefs délais" au Centre national de la cinématographie (CNC) une "mission de concertation, de réflexion et de proposition" sur la Commission de classification.
Martyrs relate la vengeance d'une jeune femme séquestrée et martyrisée dans l'enfance, contre ceux qu'elle pense être ses ravisseurs.
En octobre 2007, un film japonais des années 60,
Quand L'Embryon Part Braconner, avait été interdit aux mineurs, de même que le film d'horreur américain
Saw 3 en novembre 2006.
Le 3 juin 2008 : Martyrs en sursis
La Commission de classification des œuvres cinématographiques préconise une interdiction aux moins de 18 ans pour le film
Martyrs
Le ministère de la culture a déclaré qu’il se prononcera
« en fin de semaine, ou en début de semaine prochaine » sur le sort du film
Martyrs de
Pascal Laugier, qui risque une interdiction aux mineurs.
Cette décision intervient après une recommandation de la Commission de classification des œuvres cinématographiques. C’est à présent à la ministre de la Culture de juger si ce film, qui dépeint la soif de vengeance d’une jeune femme séquestrée et martyrisée dans son enfance, contre ceux qu’elle pense être ses ravisseurs, relève ou non d’une interdiction aux moins de 18 ans, puisque l’avis de la Commission est uniquement consultatif.
Cet avis a pourtant conduit le distributeur du film, Wild Bunch, à annuler la sortie en salles, initialement prévue pour le 18 juin.
Cependant, une menace encore plus lourde pèse sur le film, car cette mesure de restriction pourrait se transformer en
« véritable censure économique » selon l’Union des Journalistes de Cinéma (UJC) :
«quand un film est interdit aux moins de 18 ans, les chaînes de télévision ne peuvent plus le programmer avant minuit et elles peuvent l’acheter pour une bouchée de pain » a déclaré à l’AFP Philippe Maarek, vice-président de l’UJC.
Le film pourrait également se voir privé de diffusion dans de nombreuses salles, ce qui représenterait un manque à gagner notable. Selon la Société des Réalisateurs de Film (SRF), ce type de mesure
« correspond à une interdiction quasi totale de l’exploitation du film ».
« Le degré de violence de Martyrs relève d’une simple interdiction aux moins de 16 ans comme toutes les autres œuvres de ce genre » a déclaré la SRF dans un communiqué. Elle recommande à la ministre de la Culture de
« procéder à un réexamen » du film.
« Depuis le promulgation du décret du 12 juillet 2001 restaurant l’interdiction aux moins de 18 ans hors films X, c’est la première fois qu’un film d’horreur français, sans la moindre image à connotation sexuelle, écope d’un pareil avis de la Commission » a spécifié Jean-Jacques Bernard, président du Syndicat de la critique.
Chaque année, sur 500 visas délivrés pas le ministère de la Culture,
« seulement un ou deux » font l’objet d’une mesure d’interdiction aux moins de 18 ans.