Sur le film de 2003, les producteurs avaient pu vérifier l’utilité d’organiser des rencontres avant le tournage entre des comédiens censés jouer un groupe. Ils ont répété l’expérience en allant plus loin.
Michael Bay se souvient : «Quelques semaines avant le début des prises de vues qui ont démarré en octobre 2005, nous avons fait en sorte que l’équipe passe beaucoup de temps ensemble. C’est un atout inestimable pour le jeu, qui permet à chacun de mieux connaître l’autre et de jouer vraiment avec un lien authentique.» Point fort de cette approche originale,toute l’équipe de comédiens s’est longuement rendue sur le décor qui allait à nouveau servir après avoir été utilisé sur le film de 2003. Cette vieille ferme, bâtie en 1854 et abandonnée depuis les années 60, n’avait pas bougé depuis le précédent tournage.
Andrew Form se souvient :«Se retrouver là,sur les lieux mêmes de l’action du premier film qu’ils avaient tous vu avait quelque chose d’étrange. Cela provoquait des sentiments très utiles à l’appréhension du climat. Les équipes techniques n’étaient pas encore là, le lieu semblait tout simplement réel. Nous avons tous trouvé l’expérience troublante. Nous étions vraiment chez les Hewitt et ils risquaient d’arriver d’une seconde à l’autre !» C’est au chef décorateur
Marco Rubeo qu’a été confié le soin de créer l’environnement du film. Il raconte : «Nous devions être cohérents avec le film de 2003 tout en ayant une approche différente d’un point de vue visuel.
Jonathan Liebesman avait sa propre vision des choses. Nous devions aussi rajeunir tous les décors déjà vus puisque l’action de ce film se déroule quelques années plus tôt.» Le réalisateur, le chef décorateur et le directeur de la photographie,
Lukas Ettlin, ont collaboré étroitement pour définir le style du film.
Jonathan Liebesman explique : «J’ai choisi une approche de réalisation assez concrète,proche du documentaire.
Pour l’ambiance, nos couleurs de base étaient le blanc, le bleu et le rouge. Tout est parti de l’idée d’un drapeau américain aux couleurs désaturées. Nous avons aussi incorporé des éléments ou des images qui tirent sur le sépia pour donner l’impression que le temps a passé sur ce village et cette famille.» Le réalisateur poursuit : «C’est aussi l’histoire d’une famille qui a eu des rêves de réussite,qui a eu son rêve américain et qui a échoué.A un moment, leur vie a déraillé.»
Lukas Ettlin commente : «Plus l’histoire avance, plus le style visuel évolue. Nous commençons dans un esprit de romance et de lumière,servi par des plans larges. Peu à peu les angles de prise de vue se resserrent, l’univers s’assombrit et tout s’accélère.» Dans la mesure du possible,
Massacre à La Tronçonneuse : Le Commencement a été tourné dans l’ordre chronologique afin de faciliter la restitution par les comédiens de l’évolution de leurs personnages.
Le tournage a donc débuté par des plans plus longs, plus calmes, pour finir dans l’excitation de l’action et de la peur. C’est le célèbre coordinateur des cascades
Kenny Bates qui a supervisé les scènes d’action les plus éprouvantes et les plus spectaculaires du film.
Andrew Form se souvient : «J’ai entendu Brad essayer de dissuader les acteurs de faire certaines cascades eux-mêmes. Il leur disait que ce serait vraiment dur, réellement dangereux, qu’ils risquaient d’en sortir traumatisés et qu’en plus, il faudrait peut-être les refaire de nombreuses fois ! Malgré cela, tous étaient volontaires et ont joué le jeu. C’était un vrai plus pour le film et la densité de l’interprétation.»
Michael Bay conclut : «Je n’étais pas souvent sur le plateau mais en voyant les rushes, j’étais impressionné. Je trouve que Jonathan et toute l’équipe ont fait un film à la fois original et remarquablement efficace tout en étant un bel hommage aux films précédents. Il est rare qu’un film fasse aussi peur tout en donnant autant de clés autour d’un mythe aussi puissant...»