Notes de Prod. : Master & Commander : De l'Autre Côté du Monde

    en DVD le 01 Juillet 2004

NOTES SUR LE FILM

HMS Surprise - 28 canons - 197 âmes - Côte du Brésil, avril 1805
Interceptez vaisseau corsaire français Achéron.
Ordre est de le couler, le brûler ou le revendre à votre profit.

MASTER AND COMMANDER – DE L'AUTRE CÔTÉ DU MONDE a été réalisé par Peter Weir sur un scénario de Weir et John Collee, inspiré des romans de Patrick O'Brian. Les vingt ouvrages composant la saga "Aubrey/Maturin" (du nom de ses protagonistes, le capitaine anglais "Lucky" Jack Aubrey et son médecin de bord, le chirurgien Stephen Maturin) ont été décrits par Richard Snow du New York Times comme "les meilleurs romans historiques jamais écrits". David Mamet a désigné O'Brian comme l'un des plus grands écrivains de langue anglaise des trente dernières années, et le Times a dit de Russell Crowe "qu'il semble né pour jouer le rôle du capitaine Jack Aubrey."

Le projet débuta il y a plus de dix ans, lorsque Samuel Goldwyn, Jr. et Patrick O'Brian s'entretinrent pour la première fois d'une adaptation des histoires d'Aubrey/Maturin. Producteur légendaire, Goldwyn avait, d'emblée, mesuré le potentiel cinématographique de l'œuvre d'O'Brian et sut persuader ce dernier que le septième art rendrait honneur à ses créations.
Le film rassemble les différents personnages introduits dans le premier livre du cycle, "Master and Commander", tout en reprenant la trame du dixième de ces vingt romans, "The Far Side of the World", qui avait le mérite de la simplicité : nos deux héros sont attaqués par un ennemi plus puissant, qu'ils ont l'ordre de poursuivre. Mais jusqu'où et à quel prix ?

En adoptant cette structure, le film inscrit du même coup la quasi-totalité de l'action en mer, captant ainsi au mieux l'essence et les détails des romans d'O'Brian. Le film utilise les techniques les plus avancées et affiche un souci d'authenticité, un sens du détail quasi obsessionnel, pour ramener le spectateur deux cents ans en arrière et lui faire partager les aventures des marins de l'Amiral Nelson. Aucun film n'avait encore donné à vivre aussi intensément la férocité d'une bataille navale, la chaleur brûlante du calme équatorial, la violence des tempêtes du Cap Horn. MASTER AND COMMANDER nous plonge littéralement au cœur de l'action, mais, plus encore que le spectacle, c'est l'attention prêtée aux personnages, à leurs motivations, à leurs émotions, qui distingue Patrick O'Brian et Peter Weir de ceux qui les ont précédés sur ces eaux tumultueuses.
Les vingt volumes du cycle Aubrey/Maturin auxquels Patrick O'Brian a consacré sa vie furent la source première d'inspiration et la pierre de touche de Weir. Le réalisateur tint fermement son engagement initial : capter dans toute sa richesse l'univers d'O'Brian, conférant du même coup à ce film une véracité historique et un degré de réalisme inédits.

Peter Weir :
"Patrick O'Brian est un écrivain de premièr ordre. Adapter sa prose magnifique fut notre premier défi. Lorsque vous portez un livre à l'écran, les mots s'envolent par la fenêtre, et il faut les remplacer par des images. Le grand challenge fut donc de raconter visuellement cette histoire tout en rendant justice à la langue de l'auteur."
Au fil de l'écriture, Weir et Collee dépouillèrent les textes d'O'Brian pour en répartir le contenu en diverses catégories : "Équipage", "Hiérarchie", "Dialogues Jack/Stephen", etc. Ces données furent ensuite photocopiées et réunies sous forme de livres de référence, à l'usage des acteurs et de l'équipe technique.

Peter Weir :
"Je me suis entouré d'accessoires d'époque : sabres, ceinturons, cartes, dans l'espoir d'appâter la muse. La musique me fut également d'un grand secours durant ce voyage dans le temps."
Selon Collee, MASTER AND COMMANDER illustre une fois de plus un des talents majeurs de Weir : créer des univers clos d'une extrême intensité.

John Collee :
"Peter l'avait brillamment réussi sur WITNESS et THE TRUMAN SHOW, et il a fait du Surprise un monde en soi - un monde flottant."

LE CASTING

Les personnalités, si fortement contrastées de Jack Aubrey et Stephen Maturin, l'histoire de leur longue amitié, forment le pivot de l'œuvre de Patrick O'Brian, l'une des plus vivantes, des plus surprenantes de la littérature contemporaine. Jack rassemble en lui les meilleurs traits de plusieurs figures historiques de la Marine Royale britannique. C'est un grand navigateur, un combattant de génie, mais aussi un homme exubérant, indiscipliné, une "grande gueule", qui raffole d'histoires comiques d'un goût douteux. Quant à Stephen, c'est un brillant chirurgien, un naturaliste averti, un "marin d'eau douce" dont la bravoure égale celle de Jack. La magie de l'œuvre et son succès durable reposent pour une bonne part sur le contraste de ces deux personnages. Il fallait une vedette de la stature de Russell Crowe pour incarner le héros plus grand que nature qu'est Jack Aubrey, face au Maturin de Paul Bettany.

VAISSEAUX ET DéCORS

Le "casting" du Surprise s'avéra au moins aussi délicat. Durant les premières étapes de la préproduction, Weir avait arpenté le pont du HMS Victory restauré, qu'avait commandé Nelson à Trafalgar. Le réalisateur avait également assisté à plusieurs rassemblements de grands voiliers et s'était entretenu avec divers représentants de cette communauté de navigateurs.

RECHERCHES SUR L’HISTOIRE ET LES PERSONNAGES

Peter Weir tenait à offrir au public la représentation la plus authentique de la vie à bord d'un navire de guerre des années 1800.
On découvre ainsi, parmi quantité de détails véridiques, que les équipages comprenaient de jeunes garçons, dont certains tout juste âgés de huit ans, participaient aux combats en tant que "powder monkeys", chargés d'apporter la poudre aux servants des canons. À l'échelon des officiers, de jeunes gentlemen étaient engagés avec rang d'aspirant et continuaient leurs études à bord sous le contrôle du capitaine, comme dans n'importe quelle école privée. Certains n'avaient pas plus de douze ans, à l'image de Lord Blakeney, qu'interprète ici le débutant Max Pirkis. Weir étoffa les rôles de ces jeunes comédiens pour bien montrer au public que ces "bleus" étaient traités comme des adultes et exposés aux mêmes dangers. Censés se battre aux côtés des hommes, les jeunes marins "devaient s'attendre à être blessés au combat", souligne le réalisateur.