Notes de Prod. : Master & Commander : De l'Autre Côté du Monde

    en DVD le 01 Juillet 2004

RECHERCHES SUR L’HISTOIRE ET LES PERSONNAGES

Peter Weir tenait à offrir au public la représentation la plus authentique de la vie à bord d'un navire de guerre des années 1800.
On découvre ainsi, parmi quantité de détails véridiques, que les équipages comprenaient de jeunes garçons, dont certains tout juste âgés de huit ans, participaient aux combats en tant que "powder monkeys", chargés d'apporter la poudre aux servants des canons. À l'échelon des officiers, de jeunes gentlemen étaient engagés avec rang d'aspirant et continuaient leurs études à bord sous le contrôle du capitaine, comme dans n'importe quelle école privée. Certains n'avaient pas plus de douze ans, à l'image de Lord Blakeney, qu'interprète ici le débutant Max Pirkis. Weir étoffa les rôles de ces jeunes comédiens pour bien montrer au public que ces "bleus" étaient traités comme des adultes et exposés aux mêmes dangers. Censés se battre aux côtés des hommes, les jeunes marins "devaient s'attendre à être blessés au combat", souligne le réalisateur.

En 1805, George III fêtait sa 45ème année de règne, et l'héroïque Nelson ne tarderait pas à mourir à Trafalgar. La guerre entre l'Angleterre et la France, qui avait hanté le cours de sa vie, se poursuivrait jusqu'en 1815.
Russell Crowe partage la passion de Peter Weir pour l'authenticité historique et la vérité des personnages.

Russell Crowe :
"C'est une vie étonnamment solitaire que celle de Jack. Tous les capitaines avec qui je me suis entretenu avant ce film ont souligné ce point. L'un d'eux m'a confié : "Pas toujours raison, mais toujours sûr de soi." Voulant dire par là qu'un capitaine ne peut jamais laisser percer la moindre inquiétude, le moindre petit doute, face au danger."


Crowe étudia l'histoire de la navigation, les connaissances techniques et théoriques exigées d'un capitaine de la Royal Navy. Il se familiarisa aussi avec de multiples aspects de la vie à bord et dut acquérir l'agilité et l'assurance nécessaires pour grimper dans les cordages.
Le capitaine Andrew Reay-Ellers fut l'un des conseillers qui assistèrent Crowe dans sa recherche.

Andrew Reay-Ellers :
"Nous avons aidé Russell à recréer les vingt années de carrière de Jack Aubrey en travaillant plusieurs heures par semaine avec lui sur les manœuvres, la stratégie, le rôle d'un capitaine. Russell a été informé de tout ce que j'enseignais par ailleurs à son "équipage". Nous lui avons ainsi offert un solide condensé de ce que l'on apprend au fil d'une vie de marin."

Reay-Ellers apprécia la détermination de l'acteur.

Andrew Reay-Ellers :
"Il a passé des heures à étudier des diagrammes, à compulser des documents techniques très pointus sur l'art de la navigation, alors même qu'il apprenait le piano et le sabre tel que l'aurait pratiqué à l'époque un homme du rang de Jack. Je suis stupéfait par le nombre d'informations qu'il a assimilées durant cette période pour arriver à ce degré de maîtrise et d'aisance."

Mélomanes, Jack et Maturin s'adonnent respectivement au violon et au violoncelle, parfois en duo. Crowe dut donc pratiquer le violon durant plusieurs mois avec un ami australien, le virtuose Richard Tognetti (qui contribuera ultérieurement à la partition du film) ainsi qu'avec Robert E. Green, qui l'avait déjà coaché sur UN HOMME D'EXCEPTION.

La préparation de son rôle amena Paul Bettany à s'initier à certaines anciennes techniques médicales.

Paul Bettany :
"Je suis allé avec Peter au Royal College of Surgeons de Londres pour y rencontrer le chirurgien et historien Mick Crumplin. Celui-ci m'a aidé à assimiler certaines procédures médicales que Maturin exécute dans le film."

Bettany prit aussi quelques cours au Scripps Institute of Oceanographic Study de La Jolla pour apprendre les techniques de dissection (insectes, poissons, animaux) en cours avant Darwin.
Outre les informations fournies par son équipe de conseillers historiques, la production exploita un vaste ensemble de ressources : accessoires d'époque, peintures, journaux intimes, livres de bord, plans originaux, sans oublier l'œuvre, toujours minutieusement documentée, de Patrick O'Brian. Une ample bibliothèque fut ainsi mise en place et livrée à la curiosité des interprètes et techniciens.

NOTES SUR LE FILM

HMS Surprise - 28 canons - 197 âmes - Côte du Brésil, avril 1805
Interceptez vaisseau corsaire français Achéron.
Ordre est de le couler, le brûler ou le revendre à votre profit.

MASTER AND COMMANDER – DE L'AUTRE CÔTÉ DU MONDE a été réalisé par Peter Weir sur un scénario de Weir et John Collee, inspiré des romans de Patrick O'Brian. Les vingt ouvrages composant la saga "Aubrey/Maturin" (du nom de ses protagonistes, le capitaine anglais "Lucky" Jack Aubrey et son médecin de bord, le chirurgien Stephen Maturin) ont été décrits par Richard Snow du New York Times comme "les meilleurs romans historiques jamais écrits". David Mamet a désigné O'Brian comme l'un des plus grands écrivains de langue anglaise des trente dernières années, et le Times a dit de Russell Crowe "qu'il semble né pour jouer le rôle du capitaine Jack Aubrey."

LE CASTING

Les personnalités, si fortement contrastées de Jack Aubrey et Stephen Maturin, l'histoire de leur longue amitié, forment le pivot de l'œuvre de Patrick O'Brian, l'une des plus vivantes, des plus surprenantes de la littérature contemporaine. Jack rassemble en lui les meilleurs traits de plusieurs figures historiques de la Marine Royale britannique. C'est un grand navigateur, un combattant de génie, mais aussi un homme exubérant, indiscipliné, une "grande gueule", qui raffole d'histoires comiques d'un goût douteux. Quant à Stephen, c'est un brillant chirurgien, un naturaliste averti, un "marin d'eau douce" dont la bravoure égale celle de Jack. La magie de l'œuvre et son succès durable reposent pour une bonne part sur le contraste de ces deux personnages. Il fallait une vedette de la stature de Russell Crowe pour incarner le héros plus grand que nature qu'est Jack Aubrey, face au Maturin de Paul Bettany.

VAISSEAUX ET DéCORS

Le "casting" du Surprise s'avéra au moins aussi délicat. Durant les premières étapes de la préproduction, Weir avait arpenté le pont du HMS Victory restauré, qu'avait commandé Nelson à Trafalgar. Le réalisateur avait également assisté à plusieurs rassemblements de grands voiliers et s'était entretenu avec divers représentants de cette communauté de navigateurs.