Après la déception de la première vague, on attendait beaucoup de cette seconde fournée des Masters of Horror. Et pour cause, on retrouve parmi les maîtres du genre les vétérans
Tobe Hooper et
Larry Cohen, le trublion
Joe Dante, le névrosé
Lucky Mckee,
Don Coscarelli ou encore l’iconoclaste nippon
Takashi Miike. C’est d’ailleurs en ce dernier que l’on plaçait tous nos espoirs tant son segment a fait couler d’encre. Le voici donc le fameux
Imprint (
La Maison des Sévices) et ses scènes de sadisme censurées par la bien-pensante télévision américaine. De tout le lot, s’il est bien un épisode qui fait l’effet d’un beau pétard mouillé, c’est pourtant celui-ci, ne nous offrant en tout et pour tout qu’une scène de torture vaguement viscérale.
A l’instar de Carpenter,
Tobe Hooper se fait quant à lui damer le pion par les jeunes de la bande et ses pairs plus expérimentés. Jouant d’une stylisation outrancière, le père de Leatherface se perd dans une mise en scène criarde. La méthode a certes pour effet de coller à l’anarchie régnant dans une société post apocalyptique, mais en dépit d’idées pertinentes,
La Danse des Morts brasse de l’air et traîne en longueur. Reste l’inénarrable
Robert Englund, aussi cabot que dans l’excellent
2001 Maniacs, pour faire passer la pilule.
Si les épisodes de Miike et Hooper font figures de déceptions, les cinq segments qui suivent modifient considérablement la donne. Des zombies politiquement incorrect de
Joe Dante, au survival féministe de
Don Coscarelli, en passant par le triangle amoureux torturé de
Lucky Mckee et les tueurs en série qui se tirent la bourre chez
Larry Cohen, cette seconde fournée balaye large et bien. Et même
William Malone, pourtant loin d’être une sommité du genre malgré des états de service respectables, nous livre avec
La Cave son lot de satisfactions.
Exception faite de
La Maison des Supplices qui se démarque des précédentes éditions en ne consacrant pas de biographie à Miike, chacun des DVD reprend le contenu éditorial jusqu’ici proposé. Les films bénéficient ainsi d’un traitement vidéo d’excellente tenue, lui même agrémenté de pistes DTS en version originale comme en VF (la VO reste toute fois plus que recommandée), pour une immersion optimale du spectateur.
Côté bonus, c’est statu quo : commentaire audio pour chacun des métrages, biographies, interviews, images de tournage, etc. L’exhaustivité et le franc parler sont donc de rigueur dans des suppléments qui se destinent en premier lieu aux amoureux du genre.
Si le travail éditorial est toujours aussi soigné, le projet, lui, gagne en épaisseur. Il n’en fallait donc pas moins pour attendre la seconde saison en trépignant d’impatience… « On la refait, mais plus poussive ! ».
Grégory Delavallée