Notes de Prod. : May

    en DVD le 19 Octobre 2004

May vue par Lucky Mckee

Autobiographique
Il est indéniable que MAY a un côté autobiographique. J’étais moi-même un enfant très solitaire. Je vivais à la campagne dans un trou perdu. Je jouais seul, je dessinais seul et j’étais atteint d’un léger strabisme. On peut dire qu’à l’époque, j’étais réellement inadapté socialement. C’est aller à l’université et faire des études de cinéma qui m’a sauvé. Quand je suis arrivée en Californie, j’ai rencontré des gens passionnés par l’art en général, et le septième art en particulier. Mais cette délivrance a été a double tranchant. Plus je côtoyais de personnes, plus j’éprouvais de regrets. J’avais envie qu’il fusionne pour ne donner qu’un seul être parfait.

Le scénario
J’étais fasciné par l’idée que cette femme mentalement blessée et humiliée, que cet être chétif et insignifiant devienne un monstre. MAY possède la naïveté inhérente aux héros d’univers féeriques.

Le juste choix
À l’écriture du scénario, j’avais juste en tête un personnage féminin. Pas de nom sur son visage. Quand Angella Bettis est arrivée sur le projet pour incarner May, j’ai vu la comédienne idéale pour le rôle même si, physiquement, elle ne correspondait pas tout à fait à l’image que je m’étais fait du personnage. De nombreuses comédiennes sont également venues auditionner, fortes de leur fougue professionnelle, ce qui ne suffisait pas. Aucune ne comprenait la signification du récit sur le plan humain et cérébral, ni tout ce qu’il impliquait. Angela, elle avait absolument tout compris.
Angela a assimilé l’âme du film. Par son comportement, sa manière d’exprimer les émotions, elle est devenue May. Elle est arrivée sur le film comme sur une toile vierge. Ensemble, nous avons peint le personnage. Après quelques jours de tournage, il nous suffisait d’un regard pour nous comprendre, pour nous parler.

Larmes de sang
Il n’y a pas de sang, ou très peu, dans la première heure du film ; l’horreur finale vient compenser cette absence. MAY est aussi emprunt d’un humour très noir. La plupart de mes films cultes sont sur ce modèle. Carrie, SŒurs De Sang et même Taxi Driver
Les spectateurs qui seront choqués par ce qui se passe à l’écran seront des spectateurs acquis à mon film. Ils se sont attachés à May, mais ils ne veulent pas voire l’insoutenable vérité en face.

Influences
Il est de mon devoir de montrer que tout ne vient pas de moi. En dépit de quelques influences, je n’ai copié personne. Néanmoins, mon film n’aurait pas été le même si je n’avais pas connu l’œuvre de cinéastes tels que Martin Scorsese, James Whale, Brian de Palma ou Dario Argento. Je dois également beaucoup à François Truffaut. Particulièrement à L’HISTOIRE D’ADELE H.. Isabelle Adjani y est prodigieuse… Toutes ses inspirations ont créé des outils dont je dispose à présent. Des outils que j’utilise à ma manière.

Les Copains D’abord
Mon équipe technique était presque essentiellement constituée de proches, de gens que je côtoyais déjà à l’école du cinéma ou avec lesquels j’ai forgé une amitié au fil des ans.

Entretien avec Angella Bettis

Le scénario
Il m’a fait très forte impression. Lucky avait écrit un scénario très précis, dans lequel tout ce qu’il désirait voir à l’écran était bien défini. Lucky connaissait à ce point May qu’il l’aurait sans doute incarnée s’il n’avait pas été un homme et s’il n’avait pas été aussi imposant physiquement !