Notes de Prod. : May

    en DVD le 19 Octobre 2004

Entretien avec Angella Bettis

Le scénario
Il m’a fait très forte impression. Lucky avait écrit un scénario très précis, dans lequel tout ce qu’il désirait voir à l’écran était bien défini. Lucky connaissait à ce point May qu’il l’aurait sans doute incarnée s’il n’avait pas été un homme et s’il n’avait pas été aussi imposant physiquement !

Le casting
J’étais enthousiaste et flattée qu’on m’ait choisie dans un rôle aussi exigeant, aussi riche de possibilités sur tous les plans. J’ai dû passer trois auditions pour l’obtenir, mais j’étais vraiment très heureuse. De plus, j’ai immédiatement apprécié la collaboration avec Lucky. Il est si ouvert qu’il permet aux acteurs d’enrichir leurs personnages.

May
May est beaucoup plus normale que les gens ne le pensent. Ils la jugent étrange, mais elle ne se voit pas ainsi. Après le tournage, j’ai rencontré des psychiatres ; ils m’ont avoué que le personnage représentait à la perfection un cas clinique de schizophrénie.
Tout ce que fait May est guidé par un désir très puissant de rencontre, de contact humain. La solitude qu’éprouve May est ancrée à un degré plus ou moins important en chacun de nous.
J’ai dû veiller à ne jamais perdre de vue les changements qui s’opèrent en May. Le budget du film étant restreint et le calendrier de tournage peu confortable, on avait peu de temps à consacrer aux répétitions. Il fallait donc se concentrer très fort avant les prises. Un personnage pareil exige également beaucoup d’un comédien. J’ai dû puiser en moi les ressources nécessaires à l’expression de certaines émotions. Une étape très délicate. Mais bon, j’ai survécu. N’est-ce pas mon boulot après tout ?

La séquence du baiser
Quelques verres de scotch, et Anna Faris et moi étions fin prêtes pour le tournage de la séquence du baiser entre May et Polly. Rien de bien méchant. En revanche, j’ai beaucoup souffert lors du tournage de la scène ou je tue James Duval à coup de ciseaux. Mon cœur s’est pratiquement arrêté. Une sensation bizarre, désagréable, que je n’ai pourtant pas ressenti lors des séquences très violentes des dernières minutes de May.

Enseignement
J’ai découvert que je pouvais faire tout ce qu’on me demande ou presque. Je n’ai plus peur d’avoir l’air ridicule, d’aller vers des sentiments extrêmes, de me mettre en danger. J’ai appris que je pouvais aller au-delà des frontières que je m’étais fixées.

May vue par Lucky Mckee

Autobiographique
Il est indéniable que MAY a un côté autobiographique. J’étais moi-même un enfant très solitaire. Je vivais à la campagne dans un trou perdu. Je jouais seul, je dessinais seul et j’étais atteint d’un léger strabisme. On peut dire qu’à l’époque, j’étais réellement inadapté socialement. C’est aller à l’université et faire des études de cinéma qui m’a sauvé. Quand je suis arrivée en Californie, j’ai rencontré des gens passionnés par l’art en général, et le septième art en particulier. Mais cette délivrance a été a double tranchant. Plus je côtoyais de personnes, plus j’éprouvais de regrets. J’avais envie qu’il fusionne pour ne donner qu’un seul être parfait.