Le Décaméron est un recueil de 100 courtes nouvelles écrit en italien par Boccace entre 1349 et 1353.
Afin de fuir l'épidémie de peste noire qui ravage la ville de Florence en 1348, dix jeunes gens se réunissent, sept femmes dont la plus âgée se prénomme Pampinée et trois hommes. Pour se divertir, les personnages instaurent une règle selon laquelle chacun devra raconter quotidiennement une histoire rejoignant un thème choisi par celui qui aura été nommé roi (ou reine) du jour.
« Ce qui est très habile chez Boccace, c’est la façon dont il réunit sous une forme tangible autant d’histoires disparates » affirme Leland.
« Si Le Décaméron est devenu un classique qui fascine toujours, six cents ans plus tard, ce n’est pas parce qu’on enjoint aux étudiants de le lire mais parce qu'ils prennent plaisir à le lire. Tout ce à quoi on peut s’identifier y est. Il raconte la nature humaine et de tout ce qui s'y rattache. Ce n’est pas un hasard si cette histoire attire les gens, et ce n’est pas un hasard si Chaucer et Shakespeare y ont puisé leur inspiration et lui ont même fait des emprunts. Boccace a tout bon : au fond, c’est un livre où l’on trouve un énorme appétit pour l’amour et pour la nature humaine dans toute sa splendeur. De plus, il comprend très bien le rapport de force entre les hommes et les femmes, comment on cherche sans cesse à se payer la tête l’un de l’autre. »
Dino et
Martha De Laurentiis ont eu l’idée d’une version moderne du
Décaméron. Ayant déjà produit deux adaptations du livre,
Dino De Laurentiis connaissait fort bien le roman de Boccace, il était persuadé que le livre recelait le potentiel pour un film de plus, un film plus moderne.
Le premier défi était de trouver un auteur sensible au romantisme de Boccace et qui comprendrait en quoi ses thèmes sont pertinents pour les adolescents d’aujourd’hui. C’est Steven Spielberg lui-même qui a conseillé aux producteurs Dino et
Martha De Laurentiis de choisir le réalisateur britannique
David Leland, dont le premier film
Too Much a séduit autant les critiques que le public.
« C’était une chance pour nous que David soit disponible » déclare
Dino De Laurentiis.
« Il a tout de suite été en phase avec les thèmes de l’histoire. On était très contents du scénario dès la première mouture : moderne et captivante ; il interpellait les jeunes d’aujourd’hui par ses thèmes – le sexe, l’aventure et l’amour. »
David Leland était passionné par l’idée d’adapter Boccace et son
Décaméron.
« De toute évidence, Boccace avait beaucoup de bêtes noires » dit-il.
« Il détestait les nantis, le clergé, le catholicisme, les bonnes sœurs et les imbéciles mariés à de jolies femmes – les types cocus et ridiculisés par l'institution du mariage. Beaucoup de ses histoires tournaient autour de ce genre de personnage et autres peccadilles. Ce sont ses cibles préférées, comme c’est le cas pour la plupart des satiristes. Boccace fut un collectionneur invétéré d’histoires, dont certaines ressemblent aux histoires grivoises qu’on peut entendre dans n’importe quel bar aujourd’hui. Puis, il y en a d’autres qui sont plus sombres et plus mystérieuses, avec un petit côté grandguignolesque, où les personnages s’entretuent au nom d’une passion pour quelqu’un ou quelque chose. Je les trouve étonnantes ! »
« De plus on ne voulait pas d'un film à sketches. Les films qui regroupent plusieurs histoires différentes me laissent sur ma faim. L’élément primordial dans l’élaboration du scénario fut une conversation que j’ai eue avec Dino. Il est très intelligent et maîtrise tous les détails du scénario. Le principe de base auquel nous revenions sans cesse était : est-ce dans l’esprit de Boccace ? Est-ce dans l’esprit du Décaméron ? C’est ça que j’avais toujours en tête. Aussi, je me sentais libre d’inventer des scénarios, des histoires et de piocher à ma guise dans toutes les différentes histoires du roman. »
Une fois le scénario terminé, il a fallu choisir le réalisateur.
Martha De Laurentiis explique :
« Au départ, David Leland n’était pas sûr d’être l’homme de la situation ; nous avions établi de très bons rapports en tant que producteurs et scénariste. David n’avait aucune envie de se mettre en avant en tant que réalisateur mais après avoir écrit le scénario, le réaliser s’imposait comme une évidence. »