« Des deux Melinda, aucune n’est la vraie ou la fausse, précise Woody Allen. Elles sortent toutes deux de l’imagination de Sy et de Max, les deux auteurs qui discutent au restaurant. Parfois, les deux versions se recoupent, parfois elles divergent. »
Séduisante, vulnérable et mystérieuse,
Melinda est un personnage typiquement Allenien. Un nouveau portrait de femme qui sonne particulièrement juste.
« C’est par accident que j’ai fait des progrès dans l’écriture des personnages féminins. Au fil des années, film après film, les rôles principaux allaient de plus en plus aux femmes. Alors j’ai dû travailler. Je suis plus à l’aise maintenant. Quand j’écris un personnage masculin, j’écris d’habitude pour moi, ou pour un autre version de moi-même. »
Radha Mitchell se voit-elle donc offrir un double rôle ?
« Pas tout à fait, répond elle, j’ai toujours trouvé que chaque Melinda évolue dans des circonstances finalement assez similaires. Par contre, l’une voit ces événements d’un œil critique, pessimiste. Et l’autre garde espoir. »
Au moment de choisir
ses acteurs,
Woody Allen a étudié les propositions qui lui soumettait sa collaboratrice de longue date
Juliet Taylor. Il a pris en compte l’expérience de chacun, dans le domaine de la comédie ou du drame.
« Vous pouvez confier un rôle sérieux à un acteur de comédie, il s’en tirera. Le contraire ne marche pas aussi bien. Radha Mitchell a pour moi été une découverte. Je l’avais vu dans un petit film en noir et blanc Four Seasons, qu’elle avait écrit, interprété et réalisé. Elle y était passionnante.»
Will Ferrell est surtout connu aux Etats-Unis pour ses sketches à la télévision.
« Disons que mes films ont tendance à être un peu plus sophistiqués que les rôles qui l’ont rendu célèbre, concède Woody Allen. Mais il est épatant. » Ferrell dit avoir dû dépasser l’angoisse de jouer dans un film de
Woody Allen pour pouvoir ouvrir le scénario.
« C’est un personnage comique certes, mais c’est le plus réaliste que j’ai eu à interpréter. Il est humain, ce n’est pas un archétype. J’ai beaucoup apprécié de pouvoir interpréter un dialogue tout simple, sans avoir recours à des costumes grotesques, sans avoir l’impression d’aovir à être drôle à tout prix. L’humour est déjà dans le contexte du récit. »
Amanda Peet et
Will Ferrell interprètent la version comique du couple, lui acteur, elle réalisatrice.
Amanda Peet, aurait dit-elle accepté un rôle à deux répliques dans un film de
Woody Allen.
« Annie Hall, Manhattan, Hannah Et Ses SŒurs, voilà les films avec lesquels j’ai grandi. J’ai passé ma jeunesse à Manhattan, j’ai étudié à Columbia, ma mère est psy…Woody Allen est mon héros ! »
Chloë Sevigny et
Jonny Lee Miller interprètent la version dramatique du couple marié. Allen se dit grand fan de l’actrice depuis ses premiers films et souhaitait travailler avec elle.
Le chef opérateur,
Vilmos Zsigmond explique son travail :
« Nous faisions trois ou quatre prises et on passait à la suite. J’aime beaucoup dela, c’est très libérateur. L’équipe ne se fatigue pas. Et Woody s’est opposé à ce que l’on différencie clairement à l’image le traitement de la comédie et du drame. Je n’ai fait que prendre des angles de plans moins élevés et ajouter un peu plus d’ombres pour les scènes tragiques. Et il y a plus de mouvements dans les scènes légères.»
La musique apporte traditionnellement une touche finale très personnelle aux films d’Allen.
« Pour MELINDA ET MELINDA, j’ai cherché à construire une ambiance distincte entre les deux tons du récits, mais sans insister. Stravinsky pour les instants sombres et Duke Ellington pour les scènes plus légères. Et puis, au bout d’un moment, j’ai tout mélangé », déclare le réalisateur.