Les films d’horreur ont longtemps joué un rôle déterminant dans l’évolution du cinéma en trois dimensions. Le premier gros succès de « l’âge d’or » du cinéma en 3D est un classique du film d’épouvante,
L’HOMME AU MASQUE DE CIRE (1953) d’André De Toth, avec Vincent Price. Le public avait été captivé par l’effet stéréoscopique et la prestation de Vincent Price dans un rôle qui a fait de son nom un symbole du genre. S’ils n’étaient pas tous des films d’horreur, la plupart des films tournés pendant cette première période d’exploitation de la 3D étaient des exercices de style plus ou moins réussis tels que
BWANA DEVIL (1952) d’Arch Oboler,
LE MÉTÉORE DE LA NUIT (1953) de Jack Arnold,
THE MAD MAGICIAN (1954) de John Brahm, et
LE CRIME ÉTAIT PRESQUE PARFAIT (1954) d’Alfred Hitchcock.
Le plus remarquable était peut-être
L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR (1954) de Jack Arnold, l’histoire d’une équipe d’archéologues pourchassés par une créature préhistorique mi-homme mi-poisson. Ce film dont les scènes en 3D étaient rares mais mémorables a donné lieu à deux suites, et la créature du film est devenue un des monstres les plus célèbres d’Universal. Pour diverses raisons techniques et financières, le premier engouement d’Hollywood pour la 3D fut bref, mais le cinéma d’horreur continua de faire vivre ce format dans des films indépendants à petit budget.
En 1961, un film de série B nommé
LES YEUX DE L’ENFER de Julian Roffman fit trembler le public américain avec ses séquences hallucinatoires terrifiantes tournées en 3D. En 1973,
DE LA CHAIR POUR FRANKENSTEIN de Paul Morrissey et Antonio Margheriti mélangeait le cinéma d’horreur en 3D à un autre genre populaire des années 70 : le porno soft. Au début des années 80, les tueurs sanguinaires en trois dimensions revinrent sur le devant de la scène. En 1982,
Vendredi 13 – 3e Partie : Meurtres En Trois Dimensions de Steve Miner utilisait un nouveau procédé 3D qui semblait faire surgir les objets de l’écran. Sa suite fit deux fois plus d’entrées et ouvrit la voie à d’autres succès tels que
Les Dents De La Mer 3 de Joe Alves et
Amityville 3d de Richard Fleischer l’année suivante. En raison de son coût élevé et des défis technologiques qui accompagnent ce format, la 3D fut à nouveau abandonnée par les studios et les salles au milieu des années 80. Pendant 20 ans, le cinéma en 3D se résuma à des documentaires IMAX. Toutefois, les obstacles qui empêchaient une large diffusion de la 3D aux États-Unis furent progressivement surmontés, et aujourd’hui ce format intéresse plus que jamais l’industrie du cinéma et le public.
L’évolution des caméras a réduit le coût d’un tournage en 3D et permis aux cinéastes de créer des effets visuels de plus en plus impressionnants, et les spectateurs ne souffrent plus de migraine ou de fatigue oculaire comme avec les anciennes lunettes rouge et bleu.
Aujourd’hui, les formats 3D prédominants, Real D et Dolby 3D Digital Cinema, utilisent des lunettes polarisées confortables qui fournissent des images d’une clarté incomparable. Les versions 3D de films tels que
Le PÔle Express (2004) de Robert Zemeckis,
Chicken Little (2005) de Mark Dindal,
Beowulf (2007) de Robert Zemeckis et
Voyage Au Centre De La Terre (2008) d’Eric Brevig ont prouvé tout leur potentiel. En 2009, pas moins de neuf films d’animation en 3D sortiront en salles. De plus, de grandes franchises comme
Shrek, Cars, Kung Fu Panda et
Toy Story franchiront le cap de la 3D avec leur prochain épisode. Ce format ayant récemment connu plusieurs grands succès et de nouvelles technologies se profilant déjà à l’horizon, l’alliance de la 3D et de l’horreur clouera très certainement les spectateurs à leur siège durant les années à venir.