Entretien avec le réalisateur
Naissance d'un premier film
Le processus d'écriture du scénario a été un peu curieux : j'avais commencé à écrire ce scénario il y a presque six ans. J'avais commencé à le développer dans un atelier d'écriture avec Paula Marcovitch, mais il a fallu qu'on travaille, qu'on gagne un peu d'argent : j'ai dû le ranger au fond d'un tiroir. Bien des années plus tard, Paula m'a demandé ce qu'étaient devenus ces personnages sans âge, sans histoire précise) condamnés à survivre à un dimanche d'ennui. Je les ai alors ressortis du tiroir et on a commencé à y retravailler. Du synopsis jusqu'au tournage, nous leur avons consacré six mois.
Le tournage proprement dit s'est déroulé en cinq semaines, en un seul lieu, sans beaucoup de matériel d'éclairage en utilisant la lumière naturelle. Cela peut paraître long ; mais nous avons eu le temps de bien nous amuser et de beaucoup répéter avec les acteurs.
Un thème central : les adolescents…
Pourquoi m'intéresser aux adolescents ? Je pense que c'est une préoccupation que nous connaissons tous, comprendre cette période de l'être humain en devenir, en construction. Observer ce qui se passe à cet âge de la vie, avec les questions auxquelles on doit faire face, les doutes. Cela me semble être un centre d'intérêt tout à fait normal, même si j'en ai beaucoup d'autres !
Les personnages des ados ne m'ont pas été particulièrement inspirés par des jeunes qui m'entourent, il ne s'agit pas de portraits familiers, il n'y a rien d'autobiographique en eux, même si je retrouve des similitudes entre les deux jeunes garçons et moi. Paula Markovitch, qui m'a aidé à travailler l'écriture du scénario, insistait d'ailleurs pour que je ne m'identifie pas trop à eux, qu'ils ne deviennent pas les alter ego, parce que cela m'aurait empêché alors de les punir, de jour à fond le jeu de la comédie. Si tu les estime trop, tu n'as pas envie qu'il leur arrive quelque chose de mauvais !
Tout au long du film, les personnages vont partager leurs états d'âme le temps d'un interminable dimanche d'ennui. L'échange entre eux, ainsi que quelques événements provenant du monde extérieur, vont les faire sortir de leur coquille, exprimer leurs sentiments, mieux comprendre leurs désirs.
A propos des comédiens
Le choix des comédiens a été long et difficile. Je cherchais des visages frais, des gosses qui n'étaient pas rôdés aux effets de caméra, comme ceux qui connaissaient leur meilleur profil ou la manière de créer des émotions en faisant jaillir une petite larme bien sentie au bon moment.
Le problème essentiel avec eux c'est qu'ils ne faisaient que s'amuser tout le temps, ce qui était par ailleurs très sympa ! Le travail de direction a été difficile, on a très vite compris que le mieux était de les laisser s'amuser, jouer ; je demandais aux enfants de comprendre le but de la scène, de quoi il s'agissait et où il fallait arriver. A partir de là, je les laissais y parvenir comme ils l'entendaient. Ce qui était bien c'est que finalement ils assumaient la responsabilité de leur travail, ils s'impliquaient. On avait beaucoup d'échanges avec eux. C'était super. Il y a même des scènes qu'ils ont improvisées.