Notes de Prod. : Midnight Meat Train

    en DVD le 12 Janvier 2010

Notes de production

Sombre, obsessionnel, aussi fascinant que terrifiant, Midnight Meat Trainest une vertigineuse plongée au coeur de nos peurs, à la frontière entre ce qui nous attire le plus et ce qui nous repousse le plus…

Le thriller d’horreur Midnight Meat Train est le premier film américain du réalisateur japonais Ryuhei Kitamura (Versus L'Ultime Guerrier, Azumi). Le scénario, signé Jeff Buhler, est tiré de la nouvelle éponyme de la série des« Livres de Sang » traduite en français sous le titre « Le train de l’abattoir », du cultissime auteur de littérature horrifique Clive Barker. Le tournage du film a débuté le 18 mars 2007 pour une durée de 35 jours, mais il aura fallu attendre longtemps avant que le projet puisse enfin voir le jour.

Le premier tome des « Livres de Sang » contenant la nouvelle est paru en1984, en même temps que les tomes 2 et 3. Stephen King en personne a dit alors de Clive Barker qu’il était « l’avenir du roman d’épouvante ». Avec une telle publicité, la carrière multifacette de l’auteur était lancée : tour à tour écrivain, scénariste et réalisateur, il s’est depuis lors érigé en maître de l’épouvante. L’adaptation cinématographique de Midnight Meat Train, oeuvre largement plébiscitée, était donc attendue de pied ferme par les fans.

Clive Barker confie s’être lancé dans l’écriture vers l’âge de vingt ans, au début des années 80, pour « ordonner sous forme de courtes histoires les pensées malsaines et sombres qui hantaient son esprit ». Il raconte : « Ce qui m’intéressait,c’était de montrer que l’horreur pouvait être un genre beaucoup plus vaste que les formes qu’elle connaissait alors. A travers les six tomes de l’anthologie, je voulais montrer l’horreur sous d’autres formes, dans un style très ouvert, en y injectant une dose d’humour, des scènes gore, de la subtilité et même un peu de paranormal et d’émotion. »

Clive Barker vivait à New York à la fin des années 70. La ville était alors le théâtre de crimes atroces perpétrés à bord de trains de nuit, ce qui fut pour Barker une source d’inspiration pour sa nouvelle « Le train de l’abattoir ». L’auteur précise :« Le film est extrêmement fidèle à la nouvelle et je peux affirmer avec certitude que ceux qui l’ont aimée ne seront pas déçus. »

« Le train de l’abattoir » a été la première nouvelle du premier tome des« Livres de Sang » et c’est également l’un des premiers écrits de Clive Barker. Il explique : « C’est une descente interminable vers la folie et la noirceur, qui transgresse tous les interdits sociaux. Joseph Campbell, écrivain et spécialiste de la mythologie comparée, pensait que toutes les histoires relèvent d’un même mythe, et que tous les héros suivent un parcours qui s’inscrit dans le même schéma. Pour lui, l’idée d’un héros qui embarque pour un voyage initiatique et descend peu à peu dans les abîmes de l’Enfer appartient à ce schéma. Dans le cas de Leon, il s’agit du monde souterrain sous la ville de New York. »

Avec le film, Clive Barker espère offrir au public une expérience terrifiante avec une dimension émotionnelle : « Les acteurs ont vraiment fait un travail de composition remarquable, ils ont su développer leurs personnages pour les rendre intéressants et attachants. Loin d’un conte d’horreur basique, on suit la descente aux enfers d’un homme abandonnant sa propre identité pour se fondre dans un décor macabre, se transformant progressivement en serviteur de l’Ombre. Mais peut-être sommes-nous tous confrontés à ce genre de choix un jour ou l’autre… »

Pour adapter la nouvelle de 27 pages sous forme de long-métrage, les studios ont fait appel aux services de Jeff Buhler, qui signe ici son premier scénario pour le cinéma. Ami de longue date de Joe Daley, l’associé à la production de Clive Barker et coproducteur du film, Buhler espérait depuis longtemps une occasion de collaborer avec Barker. Il raconte : « C’était inespéré ! Joe réfléchissait à la manière dont il pourrait adapter les « Livres de Sang » pour le cinéma. Il est arrivé un jour avec un exemplaire dédicacé pour moi en me demandant de le relire pour y puiser des idées de scénario. Je l’ai remercié pour le livre – une édition collector, dédicacée par Clive Barker ! – et je lui ai dit tout de suite que je savais déjà sur quelle nouvelle je voulais travailler : « Le train de l’abattoir.»

Pour développer la structure du scénario, Buhler s’est d’abord focalisé sur une histoire classique mettant en scène un tueur en série, mais il s’est rapidement aperçu que l’aventure allait l’amener bien au-delà. Il explique : « Le scénario de Midnight Meat Train repose sur l’obsession d’un photographe pour un tueur. Cette fascination morbide nourrit son art. En fait, le personnage de Leon a été réinventé pour le film : dans l’histoire écrite par Barker, on vit les événements depuis l’intérieur des pensées du personnage, mais ce qui fonctionnait à la perfection à l’écrit ne marchait plus dans un média visuel. Il fallait trouver à tout prix un moyen de transposer cela à l’écran. Alors l’idée nous est venue d’en faire un photographe : tous ses sentiments, les recoins obscurs de son âme et l’obsession maladive qu’il voue aux bas-fonds sordides de la ville se retrouvent imprimés sur papier glacé. C’est un type assez naïf pour croire qu’il doit au hasard sa rencontre avec Mahogany. Il se laisse aspirer au coeur d’un univers cauchemardesque dont il ne soupçonnait pas l’existence. On retrouve bien là la griffe de Clive Barker. »

Comme si ses statuts d’écrivain culte et de réalisateur reconnu ne lui suffisaient pas, Clive Barker possède aussi un don pour la peinture. C’est à partir de ses illustrations que les cinéastes ont pu façonner l’esthétique si particulière du film. Clive Barker précise : « C’était un bon moyen de partager avec le réalisateur la vision que je me faisais des décors, de l’ambiance ».

Pour concrétiser les idées de Barker, Lakeshore Entertainment a engagé Ryuhei Kitamura, réalisateur japonais connu pour ses thrillers et ses films fantastiques à l’esthétique très recherchée. C’est ce style si personnel qu’il applique àMidnight Meat Train, tout en y ajoutant ses talents de narrateur. Kitamura désirait depuis longtemps travailler sur un film américain, mais aucun des 50 scénarios qu’il a lus ces dernières années ne l’avait totalement séduit.

Le réalisateur confirme : « Films d’action ou d’horreur, la plupart de ceux qu’on m’envoyait étaient des films de série B. Je ne voyais pas grand intérêt à travailler là-dessus. J’ai tourné huit films en cinq ou six ans et je pense que ce qui m’a permis de rester dans le circuit, c’est l’originalité que j’ai tenté d’y apporter. Je fais toujours en sorte d’intégrer une part de mon univers à mes films, quel qu’en soit le genre. Cela fonctionne aussi bien sur un film d’action déjanté comme Versus L'Ultime Guerrier que sur une histoire de samouraïs comme Azumi par exemple. Même Godzilla Final Wars porte cette touche personnelle. Je me refusais à trahir mon style, même pour un film hollywoodien à gros budget, alors j’ai attendu le projet qui me correspondrait.»

Selon Tom Rosenberg, le P-DG de Lakeshore Entertainment, qui est également producteur du film, le projet est resté en suspens pendant près de dix ans avant d’être mené à bien. En premier lieu, il fallait trouver un réalisateur capable de se baser sur une nouvelle classique pour en faire un film à l’esthétique moderne. Il observe : « Les films de Ryuhei Kitamura sont étonnants. Les scènes d’action sont à couper le souffle et on se laisse vite gagner par l’angoisse dans ses scènes de tension, mais l’émotion qu’il parvient à intégrer à cet univers chaotique apporte un équilibre qui touche au sublime. La réussite de films comme Love Death ou Azumireposait déjà sur cet exercice périlleux qui consiste à doser savamment violence et émotion ».

En 2006, année de leur rencontre avec Kitamura, Tom Rosenberg et Gary Lucchesi lui annoncèrent leur intention d’adapter Midnight Meat Train pour le cinéma et cherchèrent à savoir s’il connaissait l’oeuvre de Clive Barker. Sa réponse fut immédiate : « Bien sûr que je connaissais ! J’avais acheté le premier tome des« Livres de Sang » le jour même de sa sortie au Japon en 87, et je l’avais lu d’une traite ». Preuve de son admiration, l’édition japonaise a conservé sa place dans sa bibliothèque.

Kitamura poursuit : « Les responsables de Lakeshore m’ont fait lire le script etje l’ai trouvé très bien ficelé. En fan absolu de Barker, c’était une immense opportunité qui s’offrait à moi ; son talent et son imagination sont absolument hors du commun. »

Il ajoute : « Midnight Meat Train est à mon sens l’un des films les plus gore et les plus sanglants réalisés à ce jour. Il est réellement terrifiant, mais la mort n’en est pas le thème unique. La relation intense qui lie Leon et Maya m’a beaucoup inspiré, c’est elle qui m’a donné envie de me lancer dans l’aventure. Ne montrer que des scènes de boucherie gratuites ne m’intéressait pas, des tonnes de films le font déjà très bien. Je recherchais une bonne histoire, de l’intensité et des personnages profonds. Avec mon équipe, les acteurs et les producteurs, nous avons vraiment fait le maximum pour donner vie à cette histoire incroyable. D’un point de vue purement technique, tout devait être inédit, des angles de vue à la photographie, en passant par le travail de caméra, les décors… Nous voulions que le résultat ne ressemble à rien de connu. »

Tueur et victimes

Une fois le réalisateur idéal recruté, il s’agissait de trouver les acteurs. Ryuhei Kitamura explique : « Leon tente par tous les moyens de capter sur pellicule la vérité. Ce qui l’intéresse en tant que photographe, c’est de pouvoir conserver l’essence même de la ville ; il veut plonger dans ses méandres pour savoir ce qu’elle dissimule sous sa surface. Il n’hésite pas à pénétrer dans cet univers obscur pour y découvrir ses secrets, mais lorsqu’il comprend la menace qui plane sur lui, le piège s’est déjà refermé. Il va alors s’aventurer un peu plus loin dans ce périple morbide pour aller jusqu’au bout de la vérité. »

Pour incarner Leon, les réalisateurs ont choisi Bradley Cooper, remarqué dans« Alias » et dans la comédie à succès Serial Noceurs. Fan de Clive Barker depuis toujours, Cooper était enthousiaste à l’idée d’interpréter Leon : « Le scénario était excellent et je me faisais une joie de tourner aux côtés de Vinnie Jones. Je connaissais le travail de Ryuhei Kitamura au Japon et c’était pour moi une expérience formidable de collaborer avec lui. Il est très inventif et il a su apporter au film une atmosphère totalement novatrice imprégnée de sa vision du monde et de sa personnalité. Sa façon d’utiliser la caméra, par exemple, est inédite dans un film d’horreur. Elle n’est pas sans rappeler le French Connection de William Friedkin. »

Bradley Cooper explique : « J’ai été séduit par l’intrigue et ce qu’elle renferme de mystère et d’inconnu. Ce film ne joue pas sur le schéma classique du Bien contre le Mal, on n’a pas affaire au protagoniste qui pourchasse l’antagoniste. Ici tout est ambigu, et la frontière entre les deux n’est jamais parfaitement définie. Mahogany se sait épié, traqué, mais incite tacitement Leon à le suivre dans ses actes odieux. Cette idée me plaisait beaucoup. Tout ce que désirait Leon à la base, c’était espionner ce type et l’observer dans son milieu. Il découvre alors que la boucherie où il est employé existe depuis près de deux siècles et que l’un des ouvriers y fut arrêté pour des actes de cannibalisme dans les années 20. Il établit aussitôt le lien entre les deux personnages, sans réaliser qu’il va se confronter à une réalité bien plus sordide encore – il semble qu’il ait été « choisi », peut-être même bien avant le début de cette histoire… Plus l’histoire avance, plus elle tend vers le surnaturel. »

Gary Lucchesi, producteur et président de Lakeshore Entertainment, s’avoue impressionné par la prestation de Bradley Cooper : « La manière dont il s’est approprié le personnage est absolument extraordinaire. Je connaissais la nouvelle, Leon m’était donc familier, mais Bradley a réussi à lui apporter une identité et une originalité qui lui donnaient une tout autre dimension. »

Ryuhei Kitamura explique : « Dès le départ, nous avons voulu créer avec Leon un personnage qui serait le nouveau visage de l’horreur et qui posséderait la force des monstres emblématiques des années 80. En fan du genre, j’ai toute une collection de photos et de figurines à l’effigie de Michael Myers, Freddie Krueger,Jason Voorhees, Leatherface, Pinhead ou Ash d’Evil Dead. C’est vrai qu’en vingt ans on n’a pas vu beaucoup de personnages de cette trempe ! »

A propos du choix de l’acteur qui incarnerait Mahogany, le réalisateur confie : « J’avais sérieusement envisagé de confier ce rôle à une superstar des années 80, mais les producteurs préféraient un acteur moins connu pour que l’attention reste centrée sur l’histoire. J’ai appris par la suite que Vinnie Jones était intéressé par le film et je me suis rendu à l’évidence… ce rôle lui allait comme un gant ! »

Gary Lucchesi ajoute : « Vinnie Jones a démontré qu’il était à l’aise dans des rôles très hétéroclites. On pouvait sans problème se l’imaginer vêtu du costume sombre de Mahogany, les cheveux courts, incarnant le mal absolu ».

Vinnie Jones savait qu’il tenait l’opportunité de forger un personnage qui pourrait bien entrer dans la légende : « Un rôle de serial killer dans un grand film peut vous élever au rang de personnage culte. Ce qu’il y avait de plus intéressant et de plus stimulant pour moi, c’était d’apprendre à faire passer des émotions à travers des gestes et des regards, parce que dans le film, Mahogany ne prononce pas un traître mot. Je n’avais donc aucun texte à mémoriser, mais tout mon travail consistait à chercher au fond de moi les attitudes et la gestuelle à adopter. »

L’ex-footballeur britannique confie que ce qui l’a également attiré à propos deMidnight Meat Train, c’est une intrigue et des personnages qui s’élèvent bien au-dessus de la masse des productions récentes. Il explique : « Ici, on ne se contente pas de s’arracher les doigts à coups de dents ou de se couper des orteils. Il y a un vrai scénario et des personnages intéressants. Bien sûr, les fans de gore s’y retrouveront, mais l’histoire et son côté mystérieux fascinent vraiment. »

Troisième personnage incontournable du film, Maya, la petite amie de Leon, occupe non seulement un rôle clé dans l’histoire mais elle se place aussi en spectatrice objective. Elle est l’oeil du public confronté à l’horreur. Le rôle a été confié à Leslie Bibb, actrice révélée l’été dernier par le blockbuster Iron Man aux côtés de Robert Downey Jr. et Gwyneth Paltrow. Sans être férue de cinéma d’horreur, Leslie Bibb est cependant tombée sous le charme du personnage de Maya et de tout ce qu’elle représente. Elle confie sur le ton de la plaisanterie : « Je ne pense pas avoir déjà vu un film d’horreur en entier, parce que je suis une vraie trouillarde ! Quand j’ai lu le script, j’ai su que j’allais me retrouver dans une posture délicate, mais j’adorais le personnage de Maya et je voulais l’accompagner dans son voyage. Par certains aspects, Midnight Meat Train me rappelle une tragédie grecque : on observe ce couple et on assiste à la lente agonie de Leon. Bien sûr, ce n’est pas une mort physique, mais tout ce qui fait de lui ce qu’il est disparaît progressivement. Je trouve cela passionnant. »

Comme le souligne Gary Lucchesi, Maya est le coeur de l’intrigue. « Toute l’histoire se tisse autour de son personnage. Elle nous entraîne dans sa chute, et sa manière de réagir à la perte de l’homme qu’elle aime nous place face à l’ampleur du drame. Il y avait une réelle alchimie entre Bradley et Leslie, et le résultat à l’écran est intense. »

Travailler avec des artistes aussi visionnaires que Ryuhei Kitamura et son directeur de la photographie Jonathan Sela a été pour Leslie Bibb une expérience fascinante. « Il faudra vraiment compter avec eux à l’avenir, dit-elle, parce que leur imagination est sans limite. Par certains plans et un placement particulier des caméras, ils ont réussi à recréer une ambiance très « film noir ». A mon sens,Midnight Meat Train se situe bien au-delà du simple film d’horreur. Je crois que vous allez avoir la trouille de votre vie, et c’est génial ! Après tout, c’est le but recherché… »

Pour Tom Rosenberg, « Ryuhei a su rendre à la perfection l’essence de l’histoire d’amour qui unit Leon et Maya. Il y a mis tellement de tendresse qu’on se sent forcément lié à eux ; mais ensuite, il nous attire dans une tout autre direction qui nous plonge avec le couple dans une descente infernale. On se retrouve alors projeté dans un univers dont on sait qu’il renferme le mal absolu, mais on ne peut pas s’empêcher d’éprouver de la curiosité envers ce que dissimule cette noirceur opaque. On se rend compte à ce moment que Ryuhei a réussi à nous piéger de façon magistrale. »

Pour Ryuhei Kitamura, le secret était de s’appuyer sur des personnages crédibles et attachants. Il note : « Voir des personnages se faire torturer, tuer ou décapiter dans des films d’horreur nous laisse de marbre la plupart du temps, parce qu’on ne parvient pas à éprouver d’empathie à leur égard. Des choses monstrueuses se produisent chaque jour mais on ne se sent pas concerné parce qu’on ne connaît pas ceux à qui cela arrive. On ne craint que pour la vie des êtres qui nous sont chers,et c’est pour cette raison que je voulais établir un lien fort entre le public et le couple Leon-Maya. »

A propos de son rôle, Leslie Bibb précise : « Ce qui m’a plu chez Maya, c’est qu’elle est en totale admiration devant Leon et qu’elle lui apporte tout son soutien.Mais elle se met sérieusement à douter de lui et sent qu’elle est sur le point de le perdre. Elle rassemble alors tout son courage pour tenter de sauver cet homme qu’elle aime par-dessus tout et qui est en train de disparaître sous ses yeux. C’est un peu comme si elle passait du statut de simple spectatrice à celui de personnage central de l’histoire ».

Brooke Shields s’est vu proposer le rôle de Susan Hoff, galeriste et amie de Maya qui offre à Leon l’opportunité d’exposer son travail de photographe. L’actrice qui débute à 9 ans au cinéma en participant à un film d’horreur n’avait jamais réédité l’expérience jusqu’à Midnight Meat Train. Elle confie : « J’adore ce genre de films mais j’ai vraiment du mal à les regarder… Cependant, le côté prédateur de Susan m’a fascinée. C’est une femme redoutée, aux exigences démesurées. Elle possède une vision très personnelle du monde de l’art et être exposé dans sa galerie relève du pur défi. A l’origine, elle ne prête aucune attention au travail de Leon, mais progressivement elle se laisse fasciner par le côté malsain que dégagent ses photographies ».

Brooke Shields poursuit : « Mon personnage ne fait pas à proprement parler partie du voyage de Maya et Leon, il intervient plutôt comme une voix venue de l’extérieur qui disserterait sur ce qu’est l’art. Un peu comme la peinture de Clive Barker, qui dépasse notre représentation de la normalité. Susan est attirée par la face obscure des choses, celle qui vous plonge dans un tel malaise que vous êtes obligé d’en détourner le regard. Elle incite constamment Leon à aller plus loin et c’est pour satisfaire son attirance pour la noirceur qu’il se met en danger ».

De talentueux seconds rôles viennent renforcer le casting principal du film,avec notamment l’acteur écossais Tony Curran (Underworld 2 Evolution)dans le rôle du conducteur de métro, Roger Bart (vu dans le second volet deHostel) qui interprète Jurgis, critique d’art et ami de Leon, et Ted Raimi (Spider-man3) que l’on reconnaît en passager du métro. Le champion d’arts martiaux Quinton « Rampage » Jackson fait également une apparition lors d’une scène de combat mémorable qui l’oppose à Mahogany.

A son sujet, Gary Lucchesi raconte : « Nous imaginions tout à fait Rampage dans ce rôle parce que c’est sans doute le seul personnage capable de stopper la folie dévastatrice de Mahogany. La scène où ils s’affrontent est une sorte de clin d’oeil humoristique destiné aux fans de Rampage. Lors du casting, il nous avait confié avoir envie de faire quelque chose de drôle pour le film, et c’était là l’occasion rêvée ! »

Tom Rosenberg espère apporter un souffle nouveau au cinéma horrifique grâce à Midnight Meat Train. Il explique : « Toutes les idées préconçues que l’on peut se faire sur les films d’horreur – que ce soit le sang, la violence, l’action, les scènes gore, le rythme du film et l’escalade qui vous conduit inévitablement à l’horreur – tous ces aspects qui nous sont familiers sont repris dans le film pour mieux être mis en pièces. Nous avions envie d’offrir au public quelque chose de légèrement différent, de plus frais, de nouveau. »

Clive Barker résume en plaisantant : « J’espère que les spectateurs vont mourir de peur en regardant le film. Je serai ravi s’ils perdent tout contrôle d’eux-mêmes! Mais le plus important à mes yeux, c’est qu’ils sortent de la salle en se disant que Midnight Meat Train les a vraiment transportés où ils voulaient aller et qu’ils sont revenus indemnes d’un voyage en enfer. J’ai toujours pensé que les films d’horreur étaient un moyen d’affronter nos peurs les plus intimes ; on fait face à ce qui nous terrorise tout en sachant au fond de nous-mêmes qu’on ne craint rien. Les personnages meurent sous nos yeux et on est juste heureux de ne pas être à leur place. Avec ce film, le public va embarquer pour un périple terrifiant dont il sortira vivant, mais en se disant malgré tout qu’il revient de très loin... »

Au cœur de la terreur

La plus grande partie de Midnight Meat Train a été filmée dans plusieurs stations de Los Angeles à bord de vrais métros, mais des rames ont également été reconstituées non loin de là dans les studios de Sun Valley, près de Burbank. Deux stations de métro ont été utilisées comme décors pour les scènes d’intérieur, dont celle du Los Angeles City College, à l’architecture ultramoderne. C’est sur l’un des escalators de cette station que Leon est mêlé à une bagarre avec les auteurs d’un viol collectif. La jeune femme asiatique à qui il vient en aide est interprétée par Norika Sato, qui tenait le rôle principal du dernier film de Kitamura, Love Death.Une autre partie du tournage s’est déroulée dans une station nommée MTA Redline, dans le quartier de 5th and Hill.

Le spécialiste des effets de maquillage Matthew Mungle, oscarisé pour son travail sur Dracula de Francis Coppola, s’est vu confier la lourde responsabilité de réaliser tous les masques et les prothèses nécessaires au film. Nommé à trois reprises aux Oscars et travaillant actuellement sur Les Experts, Mungle confie :« C’était un plaisir pour moi de pouvoir à nouveau concevoir des créatures monstrueuses. Je n’en avais pas eu l’occasion depuis des années.»

Pour lui et son équipe, le travail le plus prenant a été la conception des cadavres des victimes de Mahogany. Il explique : « Nous avons fabriqué énormément de corps nus. A l’origine, les réalisateurs souhaitaient des corps écorchés révélant les muscles, mais ils ont fini par opter pour des corps déshabillés, pendus la tête en bas. C’était plus compliqué pour nous parce qu’il fallait fabriquer des corps suffisamment malléables pour les positionner comme on le voulait. Avec cette idée de cadavres nus, nous avons tout fabriqué entièrement. Nous avons fait des moulages de corps d’acteurs, nous avons mélangé des jambes et des troncs et les avons cousus ensemble en prenant soin de faire disparaître toutes les coutures.Ça n’a pas été une mince affaire, mais le résultat est à la hauteur de nos espérances. »
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 69 entrées
  • 1er jour IDF : 747 entrées
  • 1ère semaine IDF : 6 538 entrées
  • Cumul IDF : 10 265 entrées

  • 1ère semaine France : 21 096 entrées
  • Cumul France : 34 939 entrées