Notes de Prod. : Milarépa, la voie du bonheur

Interview Du realisateur

Où êtes-vous né?

Je suis né près de Thimphu, la capitale du Bhoutan, en 1973. Le Bhoutan se situe entre l’Inde et le Tibet. Le Tibet est actuellement sous la tutelle de la Chine, nous devons donc dire qu’entre la Chine et l’Inde se trouve un petit pays appelé le Bhoutan.

Les gens vous appellent Rinpoché. Qu’est-ce que cela signifie?

La traduction littérale est «précieux», comme des bijoux précieux, des choses précieuses, comme les diamants; ce qui est précieux se dit «Rinpoché». Toutefois, en tibétain, Rinpoché est habituellement réservé à un professeur. Ainsi, il semblerait que l’enseignant soit très important pour le bouddhisme tibétain.

Où est votre monastère?

L’un est au Tibet, l’autre en Inde.

Vous arrivez à partager votre temps entre les deux?

J’ai été une seule fois au Tibet. En raison de la situation politique entre la Chine et le Tibet, je ne suis pas autorisé à m’y rendre. Ainsi, la plupart du temps je vis dans mon monastère dans la ville de Bir dans les montagnes indiennes de l’Himalaya.

Alors, quelles sont vos activités dans le monastère?

Ma principale mission est d’éduquer tous les moines et les aider à devenir des praticiens accomplis de l’enseignement du Bouddha. Cela se fait en les aidant à cultiver la compassion et le désir d’aider les autres. Ceux qui sortent du monastère sont formés à suivre les paroles du Bouddha, qui a enseigné l’amour universel et le concept de responsabilité universelle. En découvrant de notre propre paix intérieure, nous tentons de mener une vie saine et éthique avec le désir de conduire les autres dans cette voie pour ainsi contribuer à un monde meilleur.

Neten et le cinéma

Quand avez-vous vu votre premier film?

J’ai vu mon premier film quand j’avais environ douze ans. J’étais allé au Bhoutan depuis l’Inde pour recevoir les enseignements de Sa Sainteté Dilgo Khyentse Rinpoché. Nous n’avions pas de télévision au monastère à l’époque, mais il m’est arrivé de voir une partie d’un film sur une petite télévision dans un magasin en ville, mais je n’avais jamais vu un grand film. Alors, quand je suis arrivé au Bhoutan, ils m’ont dit : “Allons voir un film”. Je pensais que ça allait être sur un téléviseur, alors quand j’ai vu le film et qu’il était si grand, j’ai été vraiment surpris.

Vous souvenez-vous de quel film il s’agissait?

Je me souviens très bien, parce que c’était un film avec Bruce Lee, mais je ne me souviens plus du titre.

En voyant ce film pour la première fois, avez-vous eu la prémonition ou l’idée qu’un jour vous feriez un film?

Non, non, je n’avais même pas pensé à faire un film à ce moment-là, mais je me suis dit que c’était vraiment formidable, et très efficace dans la communication d’un message à un grand nombre de personnes. Donc, après cela, je n’ai cessé de regarder des films à chaque fois que j’en avais l’occasion.

Quels genres de films aimez-vous et pourquoi?

Mmmm ... Bien sûr, il ya beaucoup de grands cinéastes dans ce monde, mais j’aime surtout les films japonais - Kurosawa et Ozu, en raison de la façon dont ils filment, dont ils racontent l’histoire. Ils sont vraiment différents et sont très attachés à la dimension artistique du film.

Milarépa : La Voie du Bonheur

Que raconte votre film?

Mon film parle de la vie de Milarépa, principalement la première partie de sa vie. Il était le yogi tibétain du xie siècle qui a débuté en tant que sorcier puis a quitté ses sentiers obscurs afin de consacrer sa vie aux pratiques du dharma (bouddhiste). Les personnages principaux sont aussi les vedettes de «La coupe», mais nous avons aussi de nouveaux visages cette fois.

J’ai entendu dire que vous avez une façon unique de prendre des décisions, est-ce vrai?

Cela dépend de qu’elles décisions on parle. Quand il y avait des problèmes météorologiques, comme lorsque l’on a dû quitter une vallée bloquée à cause de la neige, et d’autres choses de ce genre, la plupart des décisions ont été prises par le «Mo» (un processus de divination tibétain). Les autres décisions, inhérentes à l’organisation du plateau, j’ai les ai prises après concertation avec les personnes concernées.

A-t-il été difficile de réaliser votre film? Quels ont été vos principaux défis?

Ce fut difficile et compliqué pour de nombreuses raisons. Assurer le financement du film pour un jeune réalisateur est extrêmement difficile. Aussi, en tant que réalisateur de mon premier film, j’ai appris certaines choses sur le tas. Cependant, j’étais déterminé à révéler au monde l’histoire de ce personnage fascinant. Même si je connaissais l’histoire de Milarépa avant d’avoir fait ce film, les hauts et les bas rencontrés au cours de la réalisation m’ont conduit à m’inspirer davantage de sa vie. Ce que nous avons dû traverser n’est rien en comparaison à ce que, lui, a accompli, et les obstacles que nous avons rencontrés et surmontés ont rendu l’achèvement de ce film encore plus gratifiant.

Le réalisateur

Est-ce que vos pairs ont trouvé étrange, que vous, un Rinpoché, fassiez des films?

En fait, mon vrai travail de Rinpoché est d’aider tous les êtres vivants. Le Bouddha a toujours dit, «Aide en fonction du temps, et à ce moment-là, n’importe quel chemin est la meilleure façon d’aider». Nous avons cet incroyable moyen d’accéder à de nombreuses personnes d’une manière qui est à la fois informative et divertissante, avec la possibilité de créer un véritable lien affectif. Donc, vu sous cet angle, je pense que mes pairs peuvent parfaitement comprendre la valeur de mon engagement dans ce film.

C’est votre premier film, avez-vous appris beaucoup sur l’ensemble du processus de réalisation?

J’ai beaucoup appris en faisant ce film ; en fait ce film a été une très bonne école de cinéma!

Avez-vous des ambitions particulières pour ce film?

L’histoire de Milarépa en elle-même est très riche, avec beaucoup de merveilleux enseignements. Nous avons choisi de traiter la première partie de sa vie pour souligner l’importance de commencer un chemin spirituel fondé sur sa propre expérience de la souffrance. Il doit y avoir des raisons profondes derrière votre intention d’étudier la méditation, l’approche selon laquelle tout cela n’est que magie et expériences formidables ne peut durer. Ce qui vous rend sincère se voit à votre conscience des vérités de la vie. Si ce film permet, ne serait-ce qu’à une seule personne d’éprouver plus de compassion, de tolérance et de patience envers les autres, je serai plus qu’heureux. D’un point de vue bouddhiste, c’est le don le plus précieux que nous pouvons offrir au monde.

Le Bhoutan

Le petit royaume himalayen du bhoutan a longtemps été un pays inconnu de l’occident. Depuis la nuit des temps jusque dans les années 1970, seule une poignée d’élus a pu visiter cette contrée mystérieuse.
Encastré entre la chine et l’inde, le «pays du dragon-tonnerre», grand comme la suisse, compte 680.000 habitants. a peine 150 kms séparent la frontière sud avec l’inde de la frontière nord avec le tibet (chine) et sur cette courte distance, l’altitude passe de 300 m à 7300 m. Le bhoutan est donc un gigantesque escalier qui s’élève à partir de la moiteur des plaines de l’assam et du bengale en inde pour atteindre l’air raréfié du grand Himalaya qui le sépare du plateau tibétain.

A propos du film

Le bonheur

En ces temps de crise où tout est remis en question, une prise de conscience de choix alternatifs s’établit quant à l’avenir. Le bonheur a longtemps été considéré par l’Occident comme une chance, une utopie qu’il fallait savoir apprivoiser et savourer.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1er jour IDF : 677 entrées
  • 1ère semaine IDF : 1 854 entrées
  • Cumul IDF : 3 979 entrées

  • 1ère semaine France : 2 335 entrées
  • Cumul France : 3 552 entrées