Mimzy est inspiré d'une nouvelle publiée en 1943 sous le titre «Mimsy Were The Borogoves» par l'auteur de science-fiction Lewis Padgett - un pseudonyme pour le couple d'auteurs formé par Henry Kuttner et sa femme, C. L. Moore. La nouvelle a été traduite en français par Boris Vian sous le titre «Tout smouales étaient les borogoves».
Une ancienne histoire qui parle de futur au présent
Le producteur
Michael Phillips raconte : «Je cherchais des idées de projet dans des recueils de science-fiction et j'ai trouvé cette histoire. J'ai tout de suite été captivé par l'idée de base et par le sentiment qu'elle provoquait au-delà de l'aventure. “Tout smouales étaient les borogoves” avait vraiment quelque chose de spécial. En tant que spectateur, j'aime les films qui me transportent vers d'autres réalités, vers des lieux que je n'ai jamais vus. L'idée de ces deux enfants qui trouvent une étrange boîte venue du futur offrait un véritable potentiel.
Comme beaucoup des films que je préfère, cette aventure pose des questions sur l'univers et ses merveilles. Mais cette fois, les questions concernent notre propre espèce : ce que nous sommes, l'essence même de ce qui nous définit et ce vers quoi nous évoluons. Il est aussi question des dons et du potentiel merveilleux dont nous disposons sans toujours l'utiliser. Le film offre une vision optimiste du futur de notre espèce, parce qu'elle est d'abord humaniste.» Bob Shaye, coprésident de New Line Cinema et réalisateur du film, se souvient : «C'est incroyable que Michael soit venu me présenter cette histoire parce que c'était une de mes préférées quand j'étais gamin.
En abordant l'influence de la technologie sur nos vies et la perte d'humanité qui l'accompagne, le film trouve un écho qui n'a jamais été autant d'actualité. On ne compte plus les études scientifiques qui établissent de façon certaine un lien entre la dépendance technologique et le recul des émotions.
Cette capacité à ressentir est pourtant l'un des points qui différencient notre espèce des autres animaux. On sait que si une aptitude n'est pas utilisée, elle devient inutile et s'efface de notre patrimoine. Lorsqu'un gène n'est plus employé, il disparaît. De génération en génération, nous pourrions donc tous oublier les sentiments et les émotions qui nous relient les uns aux autres.» Passionné par cette histoire, Bob Shaye a non seulement
accepté de produire le film, mais il a aussi insisté pour le réaliser lui-même.
Michael Phillips raconte : «J'ai été très surpris par cette décision de Bob Shaye. Je savais quel grand producteur il est mais je ne savais rien de lui en tant que réalisateur. Ce n'est que lorsque la phase de préproduction est devenue sérieuse que j'ai réalisé à quel point il était impliqué.
C'est un réalisateur né. Le film s'est révélé plus difficile à concrétiser que ce que nous pensions. L'un des plus grands défis a été de travailler sur presque toutes les scènes avec deux jeunes enfants et des effets spéciaux, dont la moitié ont été ajoutés en phase de postproduction. Bob s'est montré aussi pointu sur la direction d'acteurs que sur la maîtrise technique.»
La grande expérience des deux hommes en matière de développement s'est révélée très utile pour transformer la courte nouvelle en film. Bob Shaye raconte : «Par nature, la plupart des nouvelles ne comptent que quelques pages, ce qui les rend difficiles à adapter au cinéma car il faut développer l'histoire. Ses thèmes étant très actuels, nous voulions que cette histoire fasse réagir les enfants et les adolescents. Nous avons donc demandé à un très bon auteur, James Hart, d'écrire une première ébauche.» La première mouture a été commandée en 1993.
Michael Phillips explique : «Je suis producteur depuis 35 ans et je dois dire que cette histoire est une expérience inhabituelle dans ma carrière. Son développement a duré douze années durant lesquelles elle a connu 19 versions écrites par 5 auteurs différents. Nous avons commencé avec James Hart, puis Toby Emmerich - actuel président de la production de New Line Cinema -, puis finalement
Bruce Joel Rubin. Jim Hart a donné un corps à cette histoire, Toby Emmerich a fait battre son cœur, et
Bruce Joel Rubin lui a donné des ailes.
Il nous aura fallu tout cela pour valoriser l'idée de départ.»
Bruce Joel Rubin raconte : «Quand j'avais 10 ans, je regardais “Science Fiction Theater” à la télé. Je me souviens qu'il y avait un épisode dans lequel deux enfants trouvaient des jouets venant d'un autre monde. C'était la chose la plus passionnante que j'avais jamais vue. Avec mon petit frère Gary, nous étions littéralement collés à l'écran pour savoir ce qu'ils allaient faire avec ces jouets. L'épisode s'est terminé et nous avons attendu avec impatience la semaine suivante pour découvrir la suite. Mais il n'y a jamais eu de suite ! Les années ont passé et je me demandais encore ce qui avait bien pu arriver à ces enfants et à leurs jouets.
Et puis un jour, Bob Shaye m'a appelé pour me parler de “Tout smouales étaient les borogoves” et j'ai réalisé qu'il était question de cette histoire. J'allais enfin savoir comment elle se terminait ! Mais j'ai été très déçu car il n'y avait en fait pas de fin non plus : rien ne se passait avec les jouets. J'ai donc dans un premier temps refusé de travailler sur une adaptation pour le cinéma.
Et puis Bob m'a envoyé une nouvelle version du scénario écrite par Toby Emmerich. C'était vraiment bien, mais il restait encore cette fin ouverte qui me posait un problème. En cherchant une solution, je me suis souvenu d'une chose que j'ai apprise alors que je voyageais en Asie. Au Tibet, ils ont une tradition très
intéressante lorsqu'un maître religieux meurt. Par divers moyens, ils recherchent sa réincarnation. Un de ces moyens consiste à présenter aux candidats les jouets qui appartenaient au maître quand il était enfant en les mélangeant à d'autres. Si un candidat prend les bons jouets, alors il est bien considéré comme la réincarnation du vieux maître disparu. J'ai pensé que cela pouvait être la clé de notre histoire.
Je ne savais pas encore exactement comment, mais j'en avais le sentiment. Ces jouets viennent du futur, et malgré cela, les enfants savent quoi faire avec eux.»
Bruce Joel Rubin ajoute : «Je voulais que le film aborde cette part de pureté idéale présente dans l'esprit humain. C'est un trait de l'humanité aussi intemporel que paradoxal qui nous donne notre valeur. L'histoire est simple, mais son sens est très profond.»
L’innocence pour sauver le monde
Trouver de très jeunes enfants suffisamment talentueux pour porter leurs personnages et le film a été l'un des vrais enjeux de ce projet. Bob Shaye et
Michael Phillips se sont tournés vers la directrice de casting
Margery Simkin et son expérience dans le casting d'enfants.
Margery Simkin a auditionné et filmé des enfants dans quatre grandes villes avant de présenter une première sélection.
Michael Phillips se souvient : «
Rhiannon Leigh Wryn a été formidable dès le début. Elle possède un côté malicieux que j'ai tout de suite adoré.» Pour le frère de Rhiannon, les producteurs ont choisi
Chris O'Neil. Bob Shaye raconte : «Nous avions vu bon nombre de garçons, et nous en avions sélectionné quatre pour une dernière lecture. La veille,
Margery Simkin m'avait annoncé qu'elle venait de rencontrer un gamin qui habitait juste à côté et qu'il fallait absolument que je le voie.
Chris est venu, il connaissait déjà son texte, l'apprendre ne lui avait pris que 20 minutes parce qu'il a une excellente mémoire. J'ai tout de suite senti que ce gamin était spécial. Il nous a fait une lecture incroyable. Même si les autres étaient bons, il était évident qu'il était le meilleur.
Mimzy est son premier film mais ce n'est sûrement pas le dernier.» Tout aussi important que leur talent individuel, le fait que les deux jeunes acteurs puissent jouer ensemble était essentiel.
Michael Phillips raconte : «Chris et Rhiannon se sont tout de suite bien entendus. Pendant le casting, Bob leur a fait jouer une des scènes les plus difficiles et ils ont été fascinants.» Bob Shaye ajoute : «Ces petits sont de véritables acteurs. Il est incroyable de voir de si jeunes personnes sans expérience capables de jouer leurs personnages avec autant de vie et d'émotion.» Pour les acteurs adultes du film, jouer avec des enfants a aussi été une expérience intéressante.
Joely Richardson, qui interprète Jo Wilder, la mère, raconte : «J'ai travaillé plusieurs fois avec des enfants, mais ces films ne reposaient pas autant sur leurs épaules. Rhiannon et Chris ont fait preuve d'un professionnalisme incroyable.
Ce qu'ils ont accompli est formidable. Ils sont instinctifs, naturels, ils ne s'embarrassent pas de techniques d'acteurs. Cela apporte beaucoup et c'est une des raisons qui font que j'aime jouer avec des enfants.» Les parents des enfants dans le film sont interprétés par
Joely Richardson et
Timothy Hutton.
Rainn Wilson, qui joue le professeur de sciences de Noah, raconte : «Le rôle des parents est très délicat parce qu'ils ne font que réagir à ce qui arrive à leurs enfants. Joel et Timothy ont vraiment étoffé leurs personnages par rapport à ce que l'on trouvait dans le scénario. Grâce à eux, nous pouvons ressentir ce qui les anime, leurs espoirs et leurs rêves.»
La musique
La musique originale de MIMZY a été composée par un duo de stars du monde de la musique : Roger Waters, chanteur des légendaires Pink Floyd, et
Howard Shore, le compositeur de la musique de la Trilogie du
Seigneur Des Anneaux .
Pendant qu'
Howard Shore réalisait la bande originale du film, Roger Waters a spécialement enregistré pour le film la chanson «Hello (I Love You)». Cette chanson a été enregistrée en collaboration avec
Howard Shore et le producteur des Pink Floyd, James Guthrie, et jouée par une équipe de musiciens de premier plan comme le batteur Steve Gadd (Eric Clapton, Paul Simon), le guitariste Gerry Leonard (directeur musical et guitariste de David Bowie), et Roger Waters à la basse et au chant. Du haut de ses 6 ans,
Rhiannon Leigh Wryn a aussi participé en chantant avec Roger Waters dans les chœurs.
Roger Waters se souvient : «J'ai beaucoup aimé travailler avec Bob Shaye et
Howard Shore. Ensemble, nous avons essayé de capter tous les thèmes du film dans une chanson. On y parle du conflit entre ce que l'humanité produit de mieux et de pire, et comment la pureté de l'enfance nous sauvera.»
Les effets visuels
Afin de créer les nombreux effets visuels du film, la production s'est tournée vers trois sociétés, chacune chargée de la réalisation de certaines scènes. Le studio The Orphanage (
La Nuit Au Musée de Shawn Levy,
Pirates Des Caraïbes, Le Secret Du Coffre Maudit de Gore Verbinski,
Harry Potter Et La Coupe De Feu de Mike Newell) a réalisé la plupart des effets. Rising Sun Pictures (
Superman Returns de Bryan Singer,
Batman Begins de Christopher Nolan,
Le Seigneur Des Anneaux : Le Retour Du Roi de Peter Jackson) a donné vie aux araignées et Gentle Giant Studios (
X-men L'Affrontement Final de Brett Ratner,
Da Vinci Code de Ron Howard,
Le Monde De Narnia - Chapitre 1 : Le Lion, La Sorcière Blanche Et L'Armoire Magique d'Andrew Adamson) a conçu le passage spatio-temporel.