Notes de Prod. : Miss Pettigrew

Note de production

"Un conte de fée pour adultes", voici comment Bharat Nalluri, son réalisateur, décrit Miss Pettigrew, qui réunit à l’écran Frances Mcdormand, Oscar de la Meilleure Actrice pour Fargo(1997), et Amy Adams, révélée en 2007 par le succès d’il était ne fois.

Du roman à l’écran
Tourné en Angleterre, notamment dans les studios de Ealing - connus pour avoir abrité les tournages des comédies britanniques des années 40 et 50 - Miss Pettigrew est tiré du roman éponyme publié en 1938 par Winifred Watson, « un peu en avance sur son époque », selon le producteur Stephen Garrett. « Dans ses livres, il est question de femmes qui changent de vie et se moquent des conventions, de tensions entre classes sociales, et d'adultère ».
Le roman, qui remporta un grand succès à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, avait été écrit en six semaines par son auteure, qui, selon son fils, « réfléchissait à ses dialogues pendant qu'elle faisait la vaisselle, puis les couchait sur papier une fois la vais- selle terminée ». Stephen Garrett poursuit : « Miss Pettigrew est à mille lieues de moi mais, après avoir lu le livre, je voyais le monde de manière plus positive : je voulais faire un film qui refléterait cet esprit, et qui aurait le même effet sur le public ».
À l’occasion de la réédition du roman en 2000, le producteur pose donc une option sur les droits avant de s’associer à Nellie Bellflower, la productrice de Neverland: « à l'instar de Neverland, j'étais convaincue qu’il s’agit du genre de film que le public réclame et dont il a besoin à notre époque. C'est une histoire à la Cendrillon en plus sexy et plus drôle, sauf qu’elle compte deux Cendrillon : pour le rôle- titre, je me suis tout de suite dit, « C'est Frances Mcdormand ».
À la simple lecture du roman, cette dernière accepte le rôle, sans même connaître le nom du réalisateur attaché au projet. C’est finalement Bharat Nalluri qui est choisi, fort du succès de ses réalisations pour la télévision : la minisérie Tsunami, et Les Arnaqueurs VIP. « Je n'avais pas forcément le profil pour une comédie romantique », avoue le réalisateur, « mais, après Tsunami, qui parlait de souffrance et de douleur, j'avais envie – besoin, même – de faire un film sur l'amour et l'espoir. Miss Pettigrew incarne ces émotions ».

Trois femmes de tête

Frances Mcdormand profite de la phase de développement du scénario pour faire des recherches sur le personnage et son époque : « Par rapport au scénario, la seule chose majeure que j'ai changée, ça a été de m'éloigner de l'idée que la façon de parler de Miss Pettigrew est un signe de réticence et de timidité, et qu'elle ne finit jamais ses phrases. Elle termine chaque phrase, car elle sait exactement ce qu'elle pense et ce qu'elle veut exprimer. Le problème, c'est que les gens n'entendent pas la fin de sa phrase parce qu'ils occultent totalement sa présence ».
Si Frances Mcdormand a toujours été le seul choix envisagé pour incarner Miss Pettigrew, l'autre premier rôle féminin du film a suscité beaucoup d'intérêt parmi les actrices, et beaucoup de discussions entre les producteurs et le réalisateur. Stephen Garrett explique : « Miss Pettigrew et Delysia sont diamétralement opposées en termes de personnalité, de disposition et de vécu. On n'avait pas le droit de se tromper ». Et ce n’est qu’avec l’arrivée d’Amy Adams que tous ont été convaincus d’avoir trouvé leur Delysia : « Amy », s'extasie Bharat Nalluri, « a un sens inné de la comédie tout en sachant rester extraordinairement fragile à l'écran. Les acteurs qui possèdent ces deux qualités sont une denrée rare ». Et Nellie Bellflower d’ajouter : « Amy est belle et sexy, et elle sait faire rire, par sa gestuelle comme par son esprit, sans pour autant perdre son innocence. Elle fait sauter toutes les barrières entre son personnage et le public ».
Pour Amy Adams, l’opportunité de jouer face à Frances McDormand s’est révélée une motivation supplémentaire d’accepter le rôle : « j’étais uper excitée à l'idée de ce qu'on pourrait accomplir ensemble. Sur le plateau, elle est généreuse et joyeuse, et en même temps très pro et sincère. Elle fait ressortir tout l'humour du texte. Pour ma part, je n'ai fait que croiser les doigts et essayer de l'imiter ». Bharat Nalluri s'est évidemment employé à alimenter la complicité entre Frances Mcdormand et Amy Adams : « on a fait une première lecture, et leur duo fonctionnait déjà à merveille, ça a tout de suite suggéré le ton et le style du film. Elles ont donné vie à leur personnage, et j'ai su encore plus précisément comment aborder le tournage.
À mon sens, l’idéal en comédie, c'est d'installer le matériel, donner un cadre sympathique aux acteurs, puis les lâcher dans l'arène ». Autre personnage féminin de caractère : Edythe, incarnée par Shirley Henderson (la Mimi geignarde d’Harry Potter: « à l'époque », commente la comédienne, « les gens avaient de l'esprit et un débit rapide. Il n'y avait pas de télé, donc ils savaient entretenir une conversation. Jouer tout cela est bon pour la tête et la bouche, il faut que les deux fonctionnent très vite ».
Côté masculin, le personnage de Joe nécessitait un comédien capable, en peu de scènes à l’écran, de dégager un immédiat sentiment de confiance. Pour Bharat Nalluri, le choix de l’Irlandais Ciarán Hinds (Le Cuisinier, Le Voleur, Sa Femme Et Son Amant, Munich...) a encore renforcé l’impact du personnage : « quand on voit un acteur, aussi brillant que lui, donner la réplique à Frances, c'est magique. Époustouflant !
Le scénario était déjà très beau sur le papier, mais ils l'ont transcendé jour après jour sur le plateau ».
Lee Pace, nominé aux Golden Globes pour Pushing Daisies, série américaine à succès, incarne le séduisant Michael, pianiste de Delysia et amoureux transi : « aujourd'hui, il n'y a plus beaucoup de films comme celui-ci, où les gens tombent amoureux et doivent faire des choix de vie. Aussi, quand j'ai appris que Frances McDormand et Amy Adams jouaient les rôles principaux, je me suis dit que je devais absolument le faire. La première fois que j'ai vu Amy, c'était dans Arrête-moi Si Tu Peux et je me suis dit, « Mais c'est qui, ça ? Elle est géniale ! ».
Pour l’ensemble des comédiens, le débit typique des films des années 30, très rapide, constituait un véritable défi : « Les répliques fusent véritablement. Je voulais que les acteurs et les mouvements de caméra soient tout aussi percutants ». (Bharat Nalluri)

L’habit fait la condition sociale
Pour aider les acteurs à se fondre dans leur personnage avant même que les caméras ne commencent à tourner, le costumier Michael O’connor et son équipe se sont montrés attentifs aux moindres détails : « de l'époque découle un certain nombre de paramètres. Cette histoire se déroule en 1939. Le style classique des années 30 est en train de céder la place au style des années 40. On est parti là-dessus. Les hauts deviennent plus larges aux épaules et les jupes se raccourcissent.

On découvre aussi les motifs. C'est l'âge d'or de la mode ». Frances Mcdormand a participé de près au choix du costume dans lequel le public devait la découvrir, avant de s’arrêter sur une tenue très classique de gouvernante : un manteau doté d’une ceinture et de boutons dans le dos, qui reflète la modestie de son état, mais aussi sa décennie de retard sur la mode.
Pour le personnage incarné par Amy Adams, au contraire, la mode est une préoccupation permanente, et un certain reflet de sa psychologie : « Les costumes m'ont permis de me faire une idée plus précise de la personnalité de Delysia, puisque tout était assorti et pile dans le mille. Ça m'a aidé à comprendre qu'elle cherche à tout prix à se faire une place au sein d'une certaine élite ». « Delysia commence en bleu pâle et évolue vers le rose et l’or », ajoute Michael O’Connor.
« Ce sont des couleurs vives, qui contrastent avec les tons plus subtils de Miss Pettigrew. De la même façon, nous avons distingué Phil de Nick en tirant les costumes du premier vers des couleurs claires, tandis que le second porte des tonalités propres aux gangsters ».

Le Londres De 1939
L’adaptation du roman de Winifred Watson supposait un important travail de direction artistique. « Ce film est le rêve de tout décorateur », confirme Sarah Greenwood, nominée aux Oscars pour son travail sur Orgueil Et Préjugés, qui a travaillé en étroite collaboration avec le directeur photo du film, John De Borman. « Nous avons décidé de prendre la tangente par rapport au "look" traditionnel des films d'époque, d’axer sur l'abondance de couleurs », explique ce dernier. « Ainsi, nous n'avons pas surexposé les scènes ni filtré les objectifs. Nous nous sommes inspirés de photos d'époque, notamment celles de Madame Yvonne."
Le décor de l’appartement dans lequel vit Delysia, créé en studio à Ealing, reflète les origines américaines de la jeune femme : Sarah Greenwood s’est notamment inspirée du travail de Dorothy Draper et William Haines, connus pour avoir œuvré sur de nombreuses maisons de stars hollywoodiennes dans les années 30. « Sarah s'est pro- curé un nombre étonnant de livres sur le sujet », souligne Fae Hammond, chef maquilleuse. « Dans les années trente, les Anglais sont très influencés par les magazines et les films amé- ricains. On ne recule devant rien, Max Factor a inventé le maquillage pour la femme ordinaire, qui s'efforce d'être belle en toute circonstance et d'imiter les stars.

Les hommes aussi soignent leur image, à l'instar de Cary Grant et de David Niven ». En revanche, il se révéla plus compliqué de trouver dans le Londres contemporain des édifices datant des années 30. C’est la salle de bal du Savoy de Londres qui a servi au défilé de lingerie au cours duquel Miss Pettigrew rencontre Joe pour la première fois. « C'était parfait », commente Sarah Greenwood : « la salle de bal me faisait penser à des sous-vêtements ! Elle a une certaine douceur, un côté dentelle avec des couleurs fabuleuses, et l'hôtel lui-même date des années trente".
Pour cette scène, le chorégraphe Jack Murphy a été appelé pour expliquer aux mannequins comment marcher et se tenir. En tout, ce sont environ quatre-vingt personnes qui évoluent dans la salle de bal, vêtues de tenues confectionnées par trois différentes maisons londonien- nes engagées par Michael O'Connor.
Les articles de lingerie des mannequins, eux, sont tous des créations. Bharat Nalluri s'émerveille : « Le résultat final est un décor somptueux et authentique, mais j'ai été encore plus ébahi en arrivant au Rivoli Ballroom dans le sud de Londres. Sarah et son équipe y ont recréé un véritable bar clandestin des années trente ».
Concernant la transformation du Rivoli Ballroom en Scarlet Peacock, le club de Nick, Sarah Greenwood avoue : «La salle de bal est magnifique et elle a beaucoup de cachet, mais on devait la rendre légèrement plus classe, dans le style club. On s'est inspiré librement des cercles à la mode au Café Royal de l'époque.
Une inspiration-clé a été de suspendre du cristal Swarovski partout ».
Parmi les autres extérieurs, on compte l'ancien hôpital de Ravenscourt Park, le Fortune Theatre, Covent Garden, Borough Market et Freemasons Hall - qui deviennent respectivement l'extérieur et l'intérieur d'une gare - et Belgrave Square. « On a fait de notre mieux pour que le film reflète notre énergie », conclut son réalisateur. « La caméra se déplace autant que les gens, qui parlent beaucoup et vite, et Londres est montrée sous son plus beau jour ».
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 397 entrées
  • 1er jour IDF : 1 910 entrées
  • 1ère semaine IDF : 13 499 entrées
  • Cumul IDF : 19 378 entrées

  • 1ère semaine France : 20 474 entrées
  • Cumul France : 32 194 entrées