Notes de Prod. : Modern Love

    en DVD le 01 Octobre 2008

Entretien avec Stéphane Kazandjian

- La genèse du film

J’ai toujours eu envie de faire une comédie romantique, étant moi-même adepte du genre en tant que spectateur. Pourtant, au-delà de ses grands principes, celui-ci peut prendre des formes très différentes, selon qu’on adopte un point de vue masculin, féminin, qu’on choisisse une vision réaliste ou bien féerique de l’amour.
Ces approches différentes, j’ai voulu les mêler. Raconter à la fois l’histoire d’un homme, d’une femme, d’un couple. Etre à la fois urbain, générationnel et référentiel. C’est ainsi que les histoires d’Eric, Elsa, Vincent et Marianne ont commencé à s’entrecroiser.

- La comédie musicale

J’ai voulu utiliser la comédie musicale pour marquer l’opposition entre la « vraie vie » et le « film dans le film ». Or, quoi de plus cinématographique, de plus éloigné de la réalité que la comédie musicale ? J’aimais bien cette opposition entre un monde dans lequel on a du mal à dire ses sentiments et un autre où non seulement on les dit, mais en plus on les chante et on les danse.

- La danse

Dès ma rencontre avec Sidi Larbi Cherkaoui, j’ai su qu’il était le chorégraphe que je cherchais. Il a le don de mélanger les genres, de la danse contemporaine au music hall en passant par le Bollywood. J’avais une idée assez précise de l’énergie et de la couleur que je souhaitais développer pour chaque scène chorégraphiée. Des intentions qu’avec l’aide de sa troupe de danseurs, il a su parfaitement retranscrire à l’écran. Pour la scène du restaurant, par exemple, je voulais quelque chose de joyeux et ludique, presque enfantin.
Il a eu cette idée de détourner des danses slovaques.

- Les chansons

Deux éléments étaient pour moi essentiels : des mélodies pop immédiatement mémorisables et des orchestrations riches... J’avais déjà travaillé avec Martin Rappeneau sur mon premier court métrage dont il avait composé la musique. Et j’avais suivi depuis son parcours avec beaucoup d’intérêt. Pour son sens mélodique, sa passion du cinéma et sa grande capacité d’écoute et d’adaptation, il est vite devenu le choix évident. Ces qualités, on les retrouve chez Benjamin Seilles avec qui Martin a écrit les chansons et Martin Gamet qui s’est occupé de la réalisation musicale et du score. Sur ce dernier point, je tenais à ce que la musique épouse l’opposition « film dans le film » / « vraie vie ». Ainsi aux orchestrations fournies du
premier, répondent des compositions plus minimalistes, un poil « bricolées ».

- Le choix des comédiens

Les comédies romantiques fonctionnent avant toute chose sur le charme des comédiens et l’alchimie qui les lie. Le casting était donc un élément clé de la réussite du film. Je tenais par ailleurs à garder une certaine fraîcheur, travailler avec des comédiens confirmés mais en leur proposant des rôles dans lesquels on n’avait pas l’habitude de les voir. Par exemple, Pef en auteur névrosé, ou bien Bérénice en gaffeuse romantique. Au final, passée la crainte initiale, tous ont joué le jeu au-delà de mes espérances.
Un mot sur Stéphane Rousseau et Alexandra Lamy. Au-delà de leur performance vocale qui nous a tous bluffés - car oui, ce sont bien eux qui chantent -, ils ont été incroyables durant toute la préparation pour laquelle nous disposions de très peu de temps. Pourtant le programme était chargé : chant, danse, équitation, kendo, langage des signes... Sans leur investissement à 200%, jamais nous n’aurions pu faire tout ce qui était prévu.

- Les personnages

Tous les protagonistes de « Modern Love » ont pour point commun la peur d’être seuls. De ne pas être compris, aimés. Pour certains, c’est une peur de solitude physique (comme de toute évidence Vincent). Mais pour d’autres, ce peut être la crainte d’une solitude plus spirituelle, comme celle que ressentait visiblement Elsa lorsqu’elle était avec Victor (quoi de pire que se sentir seule à deux ?).
J’aime les personnages qui apprennent à faire le deuil de quelque chose : un rêve, une vision d’eux-mêmes, un projet, etc. De ce point de vue, Eric et Elsa se ressemblent car ils ont l’un et l’autre une vision très précise de ce que serait une vie amoureuse pleinement réussie : retrouver Marie pour Eric, rencontrer « l’homme idéal » pour Elsa. Au début du film, ils ont les réponses, ils savent ce qui est bon pour eux. Le film, en exauçant leur vœu le plus cher, les confronte à la réalité. Mais au bout du compte, leurs comédies romantiques individuelles
se finissent mal. Eux qui avaient débuté avec des réponses terminent avec des questions. Et c’est justement là, comme chacun le sait, que tout devient possible.
Vincent et Marianne sont un peu différents dans la mesure où ce sont en premier lieu des personnages de cinéma. Leur évolution est dictée par les lois du genre : ils se rencontrent, se détestent, tombent amoureux, prennent peur et se séparent, mais l’amour triomphe de leurs peurs et ils se retrouvent. Néanmoins, je tenais à ce qu’ils gardent des failles qui les rendent touchants. C’est pourquoi je les ai imaginés comme des vrais personnages contraints de jouer un rôle – la féministe pragmatique ou le séducteur volage. Ils ont une partition à jouer, une partition dont ils sont prisonniers mais qui en même temps les définit. Là encore, leur évolution s’assimile à un deuil, celui de la vision qu’on a de soi.

- Créer deux univers

Avec Régis Blondeau, le chef opérateur, nous avons décidé de créer une opposition subtile entre les deux mondes. Ainsi dans la vraie vie, les températures de couleurs se mélangent entre intérieur et extérieur, le contraste est volontiers plus soutenu... A l’inverse, dans « le film dans le film », tout est contrôlé, les cadres sont plus frontaux et symétriques (comme face à une scène). Nous avons suivi la même démarche avec le chef décorateur Philippe Chiffre : décors très structurés pour « Modern Love », plus de fouillis dans la vraie vie. Je tenais par ailleurs à ce que la comédie musicale demeure atemporelle – ni trop ouvertement années 50, en
référence aux classiques du genre, ni trop ouvertement contemporaine. C’est ainsi que des éléments très design peuvent y côtoyer d’autres plus rétro.
Au final, tout cela reste discret, mais je suis convaincu que tous ces éléments participent à créer inconsciemment chez le spectateur l’opposition de ces deux mondes.

Alexandra Lamy nous dit tout !

QU’EST-CE QUI VOUS A DONNE ENVIE DE FAIRE CE FILM ?

J’ai beaucoup aimé le scénario et ça m’amusait de chanter, danser, faire des claquettes, du kendo... C’était passionnant. On a même appris le langage des signes... C’est très agréable pour un comédien de pouvoir faire autant de choses aussi variées.

Quelques mots de Stéphane Rousseau

QU’EST CE QUI VOUS A DONNE ENVIE DE FAIRE CE FILM ?

Le scénario m’a beaucoup plu, mais le côté comédie musicale surtout m’a séduit parce qu’on en fait peu. Quand j’étais petit, c’était les films que je préférais et qui m’ont donné envie de faire ce métier. A l’époque on mettait tellement d’énergie et de temps sur les chorégraphies.

Entretien avec Bérénice Béjo

COMMENT ETES-VOUS ENTREE DANS CETTE AVENTURE ?

J’adore les comédies romantiques. Je trouve que c’est agréable d’aller voir ce genre de cinéma quand il est bien fait. J’ai été ravie que Stéphane pense à moi car je n’ai jamais joué de la comédie pure. Là pour une fois je sentais que le personnage d’Elsa pouvait me permettre de faire des choses assez drôles, me pousser à aller vers quelque chose que je n’avais jamais fait. On a retravaillé le personnage pour qu’il soit gaffeur, maladroit... c’était déjà dans le scénario mais on l’a accentué. On a tenté des choses vraiment à l’américaine, avec des rythmes, des regards un peu appuyés qui sont vraiment liés à la comédie romantique.

Entretien avec Pierre François Martin-Laval

QU’EST CE QUI VOUS A DONNE ENVIE DE FAIRE CE FILM ?

Le film de Stéphane est très bien écrit et très original. Les dialogues sont très bons, il y a beaucoup de vannes, qui ne sont pas du tout dans mon style, et ça m’a plu de découvrir un autre univers. Il y aussi des scènes émouvantes... Il y a un peu tout ce que j’aime faire. Ce qui m’a donné envie de faire ce film c’est le personnage qu’il m’a proposé, et puis la rencontre avec Stéphane, que je ne connaissais pas, qui est très convaincant. Stéphane a vraiment un univers à lui. Il écrit des dialogues que je n’aurais pas pu écrire, d’ailleurs, plus je le connais, plus je le retrouve dans le film. Mon personnage lui ressemble un peu.

Entretien avec Clotilde Courau

COMMENT ETES-VOUS ENTREE DANS CETTE AVENTURE ?

Stéphane Kazandjian a voulu me rencontrer car il pensait à moi pour le rôle de Marie et quand j’ai lu le scénario, j’ai eu un vrai coup de cœur. Puis quand on s’est rencontrés, j’ai été encore plus conquise par la perception qu’il avait de ce personnage et la manière dont il parlait de son film. En plus, on m’a vue beaucoup dans des rôles dramatiques, surtout dernièrement dans « La Môme », donc j’avais envie de montrer une autre facette.

Entretien avec Stéphane Debac

QU’EST CE QUE QUI VOUS A DONNE ENVIE DE FAIRE CE FILM ?

D’abord le genre, la comédie romantique, parce que c’est malgré tout assez rare en tant qu’acteur d’avoir la chance de s’inscrire dans des projets qu’on aime aussi en tant que spectateur.
Me retrouver dans cette comédie romantique, au traitement original, j’ai adoré l’idée !
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 667 entrées

  • 1ère semaine France : 147 341 entrées