Produire le film « Moi, Van Gogh » est une histoire où la réalité une fois de plus dépasse la fiction.... Pour commencer, il s’agissait d’un projet
Star Wars ! Une production avec Camera Lucida, en numérique, pour la durée de l’exposition « Star Wars : L’Expo » à la Cité des sciences. Mais Georges Lucas interrompit l’opération...laissant une belle énergie inexprimée mais des relations de qualité bien nouées entre La Géode et Camera Lucida, merci Georges ! A la qualité de ces relations manquait donc un projet, ce que réparèrent rapidement
François Bertrand (Camera Lucida) et
Peter Knapp...Leur projet sur Van Gogh, emporta immédiatement notre enthousiasme. Il s‘agissait, dirent-ils, de proposer une nouvelle expérience face à la vie du peintre, face à ses oeuvres, de plonger dans son monde, loin des stéréotypes, pour vivre sa peinture, en grand, en format IMAXtm, sur l’écran géant de La Géode et d’autres écrans géants si possible. Grâce à leur documentaire TV (Van Gogh : derniers jours à Auvers) et Dominique Janssens de la Maison Van Gogh à Auvers-sur-Oise, François et Peter disposaient d’entrées très privilégiées pour pouvoir filmer dans les plus grands musées détenteurs des œuvres de Van Gogh. Leur discours surtout apportait au monde du format géant un nouveau ton, une histoire et de nouvelles émotions toujours très cinématographiques. Nous recherchions cela pour sortir un peu des films animaliers ou des prouesses humaines un peu trop technologiques et sportives. Alors, avec la fougue de François et la sagesse de Peter ou le contraire ( !), nous relevions évidemment un défi tous azimuts, un pari qui se révéla toujours passionnant et passionné pendant presque 3 ans de production. Il fallait commencer par séduire les professionnels de l’Imax d’abord en produisant un film annonce (FA), la copie d’examen obligatoire pour aborder les 400 professionnels du film grand format. Le FA est noté... en dessous d’une certaine note, bye-bye mais au-dessus, OK pour continuer...
Pour ce fameux FA, l’image et le propos doivent être justes autant qu’attractifs pour le public du grand format, promettant une histoire et donnant l’avant- goût d’une émotion. Pour Van Gogh, François savait que s’il insistait sur une réalisation au parti pris fort en produisant une image très soignée, notre projet atypique pourrait obtenir une bonne note. Ce fut le cas. En septembre 2006, nous avions réussi notre premier examen à Houston, à l’occasion du congrès annuel des professionnels, et séduit Greg McGillivray le premier producteur et distributeur de films grand format. La qualité était largement dans les clous des professionnels de l’IMAXtm, c’est-à-dire extrême pour un directeur de la photo, l’aventure pouvait commencer...!
Le défi suivant s’engageait; celui assez pesant pour le réalisateur d’être « avec » Van Gogh pendant les 40 minutes entières du film, tout en étant en phase avec les partenaires (le Van Gogh Museum, le Musée d’Orsay, le Kroller Muller Museum ou la Fundacion Coleccion Thyssen) et évidemment avec le coproducteur et premier destinataire du film, La Géode! Si l’image fut domptée au fur et à mesure, le format de 40 minutes fut plus résistant pour le propos du film et il fallut plus d’une année consacrée, à la réécriture, aux axes de montages, au travail sur la musique et à la recherche d’une voix afin de trouver l’unité la plus aboutie. Entre-temps, avec un script et de nouvelles images pour Greg, notre futur distributeur, nous trouvions au congrès de Vancouver 2007, une profession bien curieuse de nos travaux mais dubitative face à ces « débutants. La pression restait forte, aucune salle n’avait pris encore une option pour « licencier » le film.
En 2008, le texte produit par
Marie Sellier, le montage d’Anne-Marie Sangla, la musique d’
Armand Amar, la voix de
Jacques Gamblin, la post-prod et le laboratoire furent au rendez-vous juste à temps pour tirer la copie 0. Celle-ci qui nous permis de présenter le film à New York d’une part aux professionnels et d’autre part, aux amis du Van Gogh Museum et du MoMa à l’occasion du vernissage de l’exposition « Van Gogh and the colors of night »... Les réactions furent très nombreuses, le film considéré comme très émouvant.
Le site internet (www.filmvangogh.com) est depuis lors fortement consulté et surtout le film « Moi, Van Gogh » est demandé par plusieurs salles à travers le monde de Philadelphie à San Joé et Tokyo... Le passage de la production à l’exploitation internationale a donc eu lieu à New York aux cotés de l’exposition du MoMa, un beau lancement pour ce « Moi, Van Gogh » ou « Van Gogh : brush with genius », né dans le XIème et le XIXème arrondissement de Paris !