Notes de Prod. : Mon Ami Machuca

    en DVD le 08 Septembre 2005

Andrés Wood, réalisateur, parle de son film…

Le récit se situe à la frontière de cette société qui aurait pu alors voir le jour, et de celle qui est effectivement la nôtre : à la lisière de nos rêves d’une époque et de l’âpre réalité. Cette période est évoquée avec un rien de mélancolie. Il ne s’agit pas de nostalgie, mais au contraire d’enthousiasme semblable à celui de deux enfants de onze ans qui découvrent un univers dans lequel ils se sentent épanouis. C’est à travers eux, que nous découvrons, de façon fragmentée, l’expérience éducative de cette école, les problèmes de leurs familles et les événements qui secouent le pays. J’ai souhaité que l’esthétique soit en accord avec ce principe. La lumière évoque les photos couleurs du début des années 70 : ces photos légèrement délavées, au cadre blanc, où s’inscrivait en anglais la date. La musique joue un rôle fondamental pour nous permettre, grâce aux émotions, de nous replonger dans cette époque.

Comment ce projet est-il né ?

C’est un film qui a de multiples origines. J’avais d’abord été séduit par une ébauche de projet de l’un des scénaristes de mon précédent film, La Fievre De L’ormeau : l’intrigue se déroulait en 1978 et les protagonistes étaient un tandem d’adolescents, tous deux fans du film La Fievre Du Samedi Soir et de sa musique. En discutant avec les scénaristes en question, je me suis rendu compte que nos points de vue sur ce projet étaient radicalement différents. C’est ma femme qui m’a fait comprendre que le film que je voulais réaliser concernait mon expérience du collège. J’ai contacté Roberto Brodsky, avec qui j’ai travaillé sur un documentaire, sur cette époque réalisé, pour la télévision, et j’ai ensuite solliciter Mamoun Hassan. Tous deux ont nourri le scénario final de souvenirs personnels de leur enfance.

Comment avez-vous obtenu cette lumière et ces couleurs qui évoquent si bien les années 70 ?

Nous avions à cœur de créer une atmosphère extrêmes réaliste, qui soit à la fois d’un réalisme cru et chaleureuse. Pour les décors, nous avons utilisé plusieurs objets de design et différents genre de musique. Nous avons été tenté de donner au film un style plus radicalement « années 70 » ( à travers la musique pop et la culture hippie), mais nous nous sommes dits que le Chili offrait un métissage de plusieurs genre.

Comment avez-vous choisi les enfants ?

Au Chili, il n’y a pas d’enfants comédiens professionnels. Nous avons donc auditionné et enregistré plus de 2000 enfants dans les écoles, les ateliers de théâtre etc. Nous avons trouvé les petits comédiens des rôles principaux sept mois seulement avant le tournage et nous les avons fait répéter durant ce laps de temps.