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Notes de Prod. : Mon colonel

    en DVD le 23 Mai 2007

Sur le tournage....3 étoiles

1er mars 2006 - s’attaque à la Guerre d’Algérie
Fidèle à son goût pour les sujets engagés, s’attaque cette fois aux abus militaires français pendant la Guerre d’Algérie. On retrouve ainsi le réalisateur d’Amen sur le premier long-métrage de , Mon Colonel, pour lequel il endosse sa casquette de scénariste et co-signe avec une adaptation de l’ouvrage éponyme de Francis Zamponi.
L’intrigue débute en 1995, à Paris, alors que le colonel en retraite Raoul Duplan est retrouvé assassiné chez lui, une balle dans la tête. Quelles sont les raisons de ce meurtre ? Pour les comprendre il faut remonter dans le temps. 1956, Saint-Arnaud, Est de l’Algérie. En pleine guerre d'Algérie, Guy Rossi, vingt ans, licence de droit en poche, résilie son sursis et prend ses fonctions sous le commandement direct de Duplan. Bientôt, le jeune lieutenant devient le bras exécutif de son supérieur dans l'établissement d'une justice "spéciale", dont font partie les séances de torture. Subjugué par le personnage du colonel, Rossi se transforme, peu à peu en bourreau. L'acte de torturer n'apparaît plus comme une perversité monstrueuse, mais comme le prolongement logique de la justice.
Une justice qui rattrapera Duplan quarante ans plus tard. Le tournage débute cette semaine entre l’Ile-de-France et l’Algérie et réunit (prochainement sur les écrans dans Les Brigades Du Tigre), (La Petite Lili), (La Raison Du Plus Faible), ou encore , fraîchement Césarisée pour son interprétation dans Les Poupées Russes. Avec un tel sujet et une telle collaboration, la première réalisation de (premier assistant d’Alain Resnais sur Pas Sur La Bouche) pourrait bien être une réussite. Espérons qu’il saura conserver le ton engagé et politiquement dérangeant du livre.

Un mot de l'auteur...2 étoiles

''Mon Colonel a été écrit pour la collection Babel noir des éditions Actes Sud c’est donc un roman noir. Même si je ne me suis jamais dit cela en l’écrivant. Je ne suis d’ailleurs pas le premier à remarquer que, pour des raisons pratiques, il importe en France de ranger les livres dans des catégories. Je suis donc devenu auteur de “noir”. Je ne m’en plains pas. Je n’aurais jamais écrit ce livre si je n’avais pas vécu les premières années de la guerre d’Algérie dans le commissariat de police de Sétif. Jusqu’à l’installation de ma famille en banlieue parisienne, je croyais que le monde entier vivait au rythme de la guerre. À Paris, j’ai été surpris de voir qu’on pouvait entrer dans un cinéma sans présenter son cartable ouvert à un militaire et que lorsqu’on entendait un bruit on ne pensait pas automatiquement à l’explosion d’une bombe.

Ce qu’ils en disent…1 étoile


''Mon Colonel est un film sur le passé autant que sur le présent. Le présent ne finissant pas d’être prégnant du passé, il était indispensable d’associer l’un à l’autre, psychologiquement, historiquement, politiquement…

La quasi-absence de nos écrans de la guerre d’Algérie comme tragédies personnelles, tend à éloigner de nous ces drames, leurs victimes et leurs responsables, et à les classer parmi les histoires poussiéreuses, les faits ancestraux sortis de je ne sais quel placard du passé.

Laurent Herbiet, son premier film...

‘’Je fais partie de ces 6 à 8 millions de personnes en France liées directement ou indirectement, familialement ou personnellement, à la Guerre d’Algérie... tout comme l’est notre coproducteur , nos pères ayant servi dans les camps adverses. L’Histoire est une discipline extraordinaire et frustrante : plus on creuse, moins on est sûr... À l’adolescence, grâce entre autres au cinéma et à la télévision (merci les Dossiers de l’Écran), j’ai commencé à comprendre que tout pays possède sa part d’ombre. (…). Quand le politique cesse d’encadrer l’usage des armes c’est la porte ouverte à tous les dérapages. La guerre d’Algérie ne fut pas une exception à cette règle, pas plus que les redites de ces erreurs, hier au Vietnam et aujourd’hui en Irak. C’est ceci qui est au cœur du roman et du scénario. La grande force de l’adaptation du livre a été de mettre en évidence, à travers la partie contemporaine, l’écart entre l’indifférence quasi-générale qui prévaut toujours dans l’opinion publique au sujet de cette guerre et la vivacité des souvenirs, des douleurs de ceux qui l’ont vécu.