Comment est née l’idée de Mon Meilleur Ami ?
« Elle est née avant le tournage des Bronzés, le jour où
Jérôme Tonnerre m’a appelé pour me dire qu’il avait entre les mains un synopsis assez développé écrit par Olivier Dazat pour Fidélité. Ils avaient besoin d’un réalisateur et Jérôme a tout de suite pensé que ça pourrait m’intéresser. A juste titre. J’ai adoré le point de départ. Et même si, dans le développement de l’intrigue, j’avais plus de réserves, je suis allé rencontrer les producteurs. A la suite de ce rendez-vous fructueux, on a commencé à travailler en tandem à partir de cette base pour aller dans une direction qui nous plaisait à tous les deux. »
Qu’est-ce qui vous a séduit précisément dans l’histoire imaginée par Olivier Dazat ?
« L’enjeu de son scénario : l’histoire d’un type à qui on dit qu’il n’a pas d’amis, qui se récrie avec violence et qui, pour prouver le contraire, engage une espèce de pari absurde et abstrait : montrer aux autres cet ami qu’il n’a pas ! Je trouvais original de lancer un pari sur une base aussi impariable. Et puis ça me permettait de parler s’amitié. A mes yeux, c’est comme raconter une histoire d’amour. Il s’agit juste de changer les prénoms ! Mais si ce projet a tout de suite attiré mon attention, c’est aussi parce que je sentais que son sujet créait des résonances intimes chez moi. Ce n’est certes pas un film autobiographique mais si on me demandait à brûle pourpoint qui est mon meilleur ami, je serais bien embarrassé pour répondre. Sauf qu’à la différence de François que joue Daniel, ça ne m’empêche pas de vivre. (…)
Dernier film
Cette décision n’est pas née d’une déception sur tel ou tel film. Ce n’est donc pas parce que le tournage de Mon Meilleur Ami m’a emballé que cela peut me faire revenir sur mon choix. Je n’ai pas perdu le goût du cinéma. J’aime toujours autant faire des films. Je voudrais juste m’arrêter avant de perdre ma fraîcheur. J’agis en quelque sorte comme Anna Galiena dans
Le Mari De La Coiffeuse qui, sachant que l’amour exceptionnel qui la liait au personnage de Jean Rochefort ne serait pas éternel, choisissait de se jeter dans l’écluse alors qu’elle était encore dans les nuages. Après Mon Meilleur Ami, je ne tournerai donc plus que trois longs métrages, dont je sais d’ailleurs précisément ce qu’ils vont être. Il n’y a donc plus de place pour rien ! En l’annonçant publiquement, je ne cherche pas à faire un effet d’annonce mais à me pousser à respecter ma parole. (…)