Genre : Comedie Dramatique - Durée : 1H20 mn
Sortie en salles le 13 Avril 2011 - en VOD/DVD le 06 Septembre 2011
Presse ★★★★
Spectateurs ★★★

Entretien avec François Cluzet

Qu' est-ce qui vous a intéressé dans ce personnage ?

J'ai eu envie de l’incarner. Il m'a semblé que je le connaissais un peu, il a fait partie de ma famille socialement. Bien sûr, il y a son rôle de père qu'il prend très au sérieux, légitimé par son abnégation magnifique et l'idée qu'il se fait du devoir et de l'éducation. Il y a aussi son aspect sacrificiel auprès du fils, un ascenseur social qu'il pousserait à bout de bras pour être sûr que son fils le prenne, la quête des diplômes qu'il n'a pas eu et, l'exigence qu'il a d'accepter sa condition avec pour toute nécessité qu'elle permette à son fils de s'élever.

Il y a un amour sincère qui le porte et une volonté d'en rire pour mieux faire passer ce qu'il à dire, à transmettre. Il y a aussi l'intelligence et la lucidité face à l'absence de choix. On se sort de là, un point c'est tout.

Qu' est-ce qui vous aide à trouver un personnage ?

Pour m'approcher au maximum du rôle, il a fallu faire des choix, notamment sur le costume qui se devait d'être élémentaire, rendu au strict nécessaire, bon marché et rarement dans des teintes seyantes. Je me suis retrouvé dépourvu et ça m'a été très utile pour croire que j'étais lui. Les décors, les situations, mes partenaires et l'équipe ont fait le reste sous la direction de Saphia.

Vous fiez-vous entièrement aux indications du metteur en scène?

Je ne me fie aux indications du metteur en scène qu'après avoir vérifié qu'elles m'apportent quelque chose au moment précis. Nous avons travaillé bien avant le tournage pour éplucher le script, ne pas commettre de contre-sens, respecter l'auteur et connaître la logique interne du personnage, son chemin, son évolution.

J’ ai me rencontrer tous l es partenaires sans exception, lire les scènes et me familiariser avec les autres personnages. On a appris le scénario comme une partition, pour interpréter le rôle comme le ferait un musicien, avec justesse, sans l'embellir ni le déprécier. Enfin l'échange que nous avons eu avec a été déterminant. Il s'est imposé avec une intelligence et une maturité remarquables et une tendresse inouïe. Le tandem père-fils a été tout de suite sur les rails.

Comment travaille-t-on avec une réalisatrice débutante?

Faire un premier film, c'est un choix dans l'individu qui va prendre les rênes et dans la qualité de son histoire. C'est très fragile, même lorsqu'on est soutenu par un producteur. Il y a dans les dangers de l'inexpérience une volonté de se prouver qu'on maîtrise et qu'on doit tout maîtriser, qu'on est fait pour ça. On peut se surprendre à être comme un poisson dans l'eau certains jours, or le seul intérêt artistique commande qu'on soit bien au-delà de la maîtrise et plutôt près de l'abandon, son contraire.

Face aux acteurs, en dire le moins possible, s'effacer, ne pas intervenir, leur libérer l'esprit pour qu'ils puissent ne pas avoir à penser à ce qu'ils ont à faire afin que ça leur échappe, surtout avec des ados de 16 ans. Voilà : on a beaucoup échangé avant le tournage, et ensuite on a essayé de faire le film tous ensemble.

Entretien avec Saphia Azzeddine

Après Confidences À Allah, votre premier livre, devenu une pièce de théâtre, le second devient un film. Pourquoi ce désir de cinéma, après l'écriture ?

Je n’ai jamais vraiment su répondre au pourquoi des choses. J’accueille les évènements tels qu’ils arrivent.
C’est mon père qui m’a, le premier, encouragé à écrire. Il y croyait bien plus que moi. Puis j’ai rencontré Léo Scheer, mon éditeur, qui m’a présenté , ma productrice. Finalement je laisse le fil se dérouler et je travaille. Mais raconter des histoires reste la chose que j’aime faire par dessus tout.
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