Notes de Prod. : Mongol

    en DVD le 04 Novembre 2008

Genghis Khan, un destin entre histoire et légende

Conquérant impitoyable, guerrier hors pair, Genghis Khan est l’une des figures emblématiques de l’histoire de l’humanité, mais ses exploits et son tempérament exceptionnel l’ont aussi installé au cœur de ce que l’imaginaire populaire compte de plus spectaculaire. Au-delà de l’image d’envahisseur sanguinaire qui soumettait ou détruisait, la réalité de Genghis Khan est aussi complexe que fascinante. L’année de sa naissance est incertaine et communément située aux alentours de 1160. Il est alors connu sous le nom de Témoudjin - celui de Genghis Khan, «roi universel», ne lui étant attribué qu’en 1206 juste après qu’il a réussi à unifier les tribus mongoles. Celles du Nord, forestières, vivaient de la chasse et habitaient dans des huttes rudimentaires. Celles du Sud, nomades, vivaient de l’élevage des moutons et des chevaux, entre autres, et se déplaçaient au gré des saisons et des points d’eau. Descendant des premiers chefs de clan, Genghis Khan réussit à associer ces peuples et à mettre à profit leurs formidables talents de cavaliers et d’archers.

C’est pour contrer ces peuplades depuis toujours menaçantes que l’Empire chinois avait commencé la construction de la Grande Muraille, mais celle- ci ne résista plus à ces tribus devenues une armée. Après avoir réuni les 21 clans mongols et 22 peuples turcs, Genghis Khan créa la première capitale de son empire, une gigantesque ville de tentes située à Karakorum. Alors que la plupart des corps d’armes pouvaient alors parcourir environ 80 km en contrée étrangère, les hommes de Genghis Khan couvraient plus du double, ne laissant derrière eux que cendres et désolation. Après avoir soumis les Tangouts, Genghis Khan attaqua la Chine en 1209 et parvint à prendre Pékin en 1215. Il réorienta ensuite ses conquêtes vers l’Occident et remonta jusqu’au Caucase avant de déferler sur les steppes d’Ukraine. Pillant et massacrant, il ne laissait la vie qu’à ceux qui se soumettaient. Une de ses techniques consistait à faire marcher les prisonniers devant ses troupes, en leur faisant porter les étendards, ce qui rendait l’arrivée beaucoup plus impressionnante. Sa cruauté et sa hardiesse étaient légendaires, mais il se montra également parfois diplomate et tira parti des civilisations qu’il renversait. C’est ainsi qu’il fit adopter l’écriture ouigoure à son peuple et l’amena à maîtriser tous les artisanats ainsi que le développement urbain.

Il existe assez peu de documents fiables sur ses premières années, mais le nombre impressionnant de poèmes et de chansons qui lui sont consacrés sur presque tout le continent asiatique témoignent de son importance et de sa réputation. Au sommet de sa gloire, Genghis Khan avait réussi à constituer un empire qui surpassait celui des empereurs chinois et qui s’étendait de la mer Caspienne à la Mandchourie, en passant par le nord de l’Inde. L’empire mongol était organisé sur le modèle d’une hiérarchie féodale, chaque seigneur jurant fidélité au grand Kahn. Il finit par léguer les territoires conquis à ses quatre fils, Toloui, Oegoedèi, Djaghataï et Djoetchi/Juchi. A son fils Toloui, il légua aussi ce principe écrit : «La pitié est un signe de faiblesse. Seule une sévérité absolue maintient les hommes dans leurs devoirs. Si tu te contentes de vaincre tes ennemis, ils ne te pardonneront jamais ta victoire et détesteront toujours leur nouveau maître.» Genghis Khan mourut le 18 août 1227. Ses enfants étendirent encore ses conquêtes pendant deux générations, allant jusqu’à Moscou et Bagdad, avant que les luttes intestines et les pressions chinoises et russes ne mettent fin à l’épopée mongole, dont Genghis Khan reste l’emblème et l’architecte. En presque 70 ans de vie, ce géant avait entièrement refaçonné l’Asie orientale et le centre de l’Europe.

Notes de production

Fresque épique dont l’ampleur est à la mesure de son héros, MONGOL nous plonge au plus intime du destin d’un des conquérants les plus célèbres que la terre ait portés, entre grand spectacle et secrets... MONGOL constitue la première partie d’un incroyable projet pour lequel se sont associés la Russie, l’Allemagne et le Kazakhstan. Le célèbre réalisateur russe Sergei Bodrov Sr., dont le film Le Prisonnier Du Caucase, d’après Tolstoï, a été nommé à l’Oscar, en signe la mise en scène. Le scénario est de Bodrov et Arif Aliyev, avec qui Bodrov avait déjà écrit Le Prisonnier Du Caucase. Gigantesque saga, MONGOL raconte l’incroyable destinée de Genghis Khan. De son vrai nom Témoudjin, ce légendaire chef des forces armées mongoles fut l’un des plus grands conquérants de l’histoire de l’humanité. Entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe, il réussit à unifier les tribus mongoles et créa un empire colossal qui couvrait presque un continent.

Le destin d'une légende

Le cinéaste Sergei Bodrov a entendu parler pour la première fois de Genghis Khan sur les bancs de l’école quand il était enfant, à l’époque de l’ancienne Union Soviétique. Il raconte : «La Russie a fait partie des nombreux pays conquis par les Mongols, qui ont lancé leur première invasion en 1222 sous le commandement de Batu, le petit-fils de Genghis Khan. Les Russes ont vécu sous le règne des Mongols pendant 200 ans et dans nos livres d’histoire, Genghis Khan était décrit comme un monstre. Bien sûr, ces livres étaient le reflet d’une certaine époque et le point de vue qu’il donnait était aussi épouvantable que simpliste.» Dans les années 90, le cinéaste a découvert «The Legend of the Black Arrow», un livre sur les Mongols et les Turcs écrit par Lev Goumilev, un éminent historien russe. L’auteur y faisait un portrait plus nuancé de Genghis Khan, qui donna envie à Sergei Bodrov d’en apprendre davantage sur celui qui est né en 1162 sous le nom de Témoudjin. En 2000, Sergei Bodrov avait ajouté à la liste de ses projets un film sur Genghis Khan...

Des acteurs venus des terres de leurs ancêtres

Le casting de MONGOL s’est déroulé dans plusieurs pays à travers le monde : Mongolie, Kazakhstan, Kirghizstan, Japon, Chine, Corée, Los Angeles, et dans les régions russes de Tuva, Bouriatie, Tatarstan, Bachkirie, Yakutie, Volga, Oural et Sibérie. Pour interpréter Témoudjin à l’âge adulte, Sergei Bodrov a choisi un acteur japonais couronné à de multiples reprises, Tadanobu Asano. Véritable pilier du cinéma indépendant japonais, Tadanobu Asano a joué dans plusieurs films remarqués comme Zatoichi de Takeshi Kitano et Last Life In The Universe de Pen-Ek Ratanaruang, qui lui a valu un Prix d’interprétation au Festival du Film de Venise 2003. Sergei Bodrov déclare : «Je cherchais le meilleur acteur possible, celui qui serait capable de me fasciner et de fasciner le public, et d’interpréter Témoudjin avec toute l’énergie qui anime ce personnage. Tadanobu Asano est quelqu’un de très spécial. C’est un acteur capable de jouer dans de nombreux registres, un véritable artiste, mais il est aussi musicien et dessinateur. Il s’intéresse à beaucoup de choses. Quand je l’ai rencontré, j’ai été impressionné par l’homme. Il possède une dignité et une aura de mystère qui convenaient parfaitement à Témoudjin.» Sergei Bodrov ajoute : «Je sais qu’il peut paraître un peu étrange d’engager un acteur japonais pour interpréter Genghis Khan, mais il faut savoir que beaucoup de Japonais pensent que le chef des Mongols était un compatriote, un célèbre guerrier de leur île disparu sans laisser de traces qui serait allé en Mongolie pour y devenir Genghis Khan. Pour eux, c’est un héros national. Même si les Mongols affirment qu’il était l’un des leurs, les Japonais continuent de croire en cette histoire. En fait, c’est une histoire qui fonctionne aussi dans d’autres pays : au Kazakhstan, ils pensent qu’il était kazakh, en Corée ils sont persuadés qu’il était coréen...» L’acteur chinois Sun Hong Ley, que l’on a pu voir dans The Road Home de Zhang Yimou et Seven Swords de Tsui Hark, interprète Jamukha, le frère de sang de Témoudjin et son ennemi mortel.

L'aventure au bout du monde

Le tournage de MONGOL a débuté en 2005 dans les régions reculées de la Chine, de la Mongolie et du Kazakhstan. Ces terres appartenaient autrefois à l’empire mongol et leurs vastes steppes et leurs forêts denses ont vu grandir le jeune Témoudjin. Le film montre comment les tribus nomades mongoles du XIIe siècle traversaient les étendues sauvages à dos de cheval et déplaçaient leurs larges campements et leurs troupeaux au gré des saisons. Dans certaines régions de la Mongolie, plusieurs tribus nomades continuent à vivre de nos jours comme le faisaient leurs ancêtres. Pour mieux comprendre cette culture, Sergei Bodrov a travaillé avec l’artiste Dashi Namdakov, qui a fait office de chef décorateur sur le film. Sculpteur de renommée internationale, Dashi Namdakov est originaire de Buryat, une région russe qui borde la Mongolie et dans laquelle résident de nombreux Mongols.

La musique

Le tournage terminé, Sergei Bodrov a accepté une invitation du Président de la Mongolie dans la capitale du pays, Ulan Bator. Pendant sa visite, le réalisateur a assisté à un concert d’Altan Urag, un groupe folk-rock composé de huit Mongols. Il se souvient : «J’ai immédiatement adoré, leur musique avait une énergie formidable. J’ai demandé aux musiciens de composer des morceaux pour la bande originale du film. Leurs rythmes vocaux donnent une force incroyable, presque surnaturelle, à plusieurs scènes où Témoudjin fait face à ses ennemis.» Pour créer une musique originale orchestrale qui convienne au souffle épique du XIIesiècle, Sergei Bodrov a travaillé avec le compositeur finlandais Tuomas Kantelinen. Celui-ci a écrit plusieurs chansons évocatrices qui soulignent les superbes paysages et les puissantes émotions qui nourrissent le film.

Le montage

Pour le montage de MONGOL, Sergei Bodrov a collaboré avec Zach Staenberg, oscarisé pour son travail sur MATRIX des Wachowski, et Valdís Óskarsdóttir, monteur de THE ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND de Michel Gondry et de FESTEN, FETE DE FAMILLE de Thomas Vinterberg. Sergei Bodrov confie : «J’étais très fier de travailler avec eux. D’une façon générale, tous ceux qui ont collaboré à ce film ont fait un travail admirable. Le degré d’implication et l’enthousiasme des acteurs et de toute l’équipe étaient fantastiques. Tout le monde adorait le sujet de MONGOL. Genghis Khan est un personnage passionnant, exceptionnel, qui n’a rien de commun avec les personnages historiques que l’on a pu voir au cinéma. Avec ce film, les spectateurs vont le découvrir comme ils ne l’ont jamais vu, ni même jamais imaginé...»
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 921 entrées

  • 1ère semaine France : 128 802 entrées