Notes de Prod. : Mr 73

    en DVD le 23 Septembre 2008

Entretien avec Guy Lecluse

Quel personnage interprétez vous ?
Jumbo est un flic qui fait partie de la police scientifique. On est loin de la version américaine de Les Experts Il est le premier sur les scènes de crime et photographie ce qui servira de preuves par la suite à l’enquête. C’est un personnage avec lequel j’ai eu beaucoup de mal. Des trois personnages qu’Olivier m’a fait incarner dans ses films, Jumbo est celui auquel je trouvais le moins d’humanité. J’ai aucune béquille sentimentale avec lui. C’est un homme assez solitaire, ce que je ne suis pas. Son boulot, il le fait en traînant des pieds, ce que je ne fais pas… C’est un homme qui ne cristallise aucun amour, et j’ai dû faire avec ça. J’ai composé. J’ai fait du faux avec du vrai !

Dans le schéma des rôles qui composent ce film où se situe Jumbo ?
De Matéo, Kovalski ou Schneider, le personnage de Jumbo me paraît le moins défini. Non pas qu’il soit moins bien écrit mais on ne sait pas s’il appartient au côté des bons, représentés par Schneider et Matéo ou à l’autre rive, celle de Kovalski et de Roques. C’est un personnage qui déambule entre le bien et le mal. Alors que les autres flics forment des binômes, Jumbo est un homme seul et sans attache. Ce n’est pas un hasard si Olivier l’a écrit dans ce sens. Car c’est la condition de nombreux flics qui sont arrivés accompagnés dans leur existence avec des enfants et une femme et qui ont été massacrés par leur vie de flic et de fait ont perdu toutes leurs attaches sentimentales. Jumbo, lui, est arrivé dans la police démuni de tout cela. La solitude et l’errance c’est peut-être aussi le seul point commun entre tous ces personnages. Chacun le gérant de façon différente.

Comment définiriez-vous Mr 73 ?
Spontanément on peut dire polar, mais c’est plus que ça. C’est une histoire d’amour, un thriller… Il y en a pour tout le monde. Après on peut le voir aussi comme une peinture de mœurs, un film social et politique par rapport à ce qu’il dénonce de l’humanité qu’il représente. Sans être un réquisitoire c’est un appel à regarder autrement les flics. Le mal-être de la police, c’est ce tiraillement où le flic est à la fois pas aimé pour son boulot et qu’on est pourtant bien content d’appeler quand on est dans la merde. Ca reste des hommes à qui on demande de nettoyer et de faire le tri de ce que la société à de plus abject : tueurs, malfrats… « Cette vie existe aussi », c’est ce que semble nous dire Olivier.

Olivier Marchal metteur en scène n’en est pas moins acteur. Comment se concrétise sa direction d’acteurs sur le plateau ?
Quand il dirige, Olivier mime parfois les scènes. Il aime bien prendre la place du comédien, puisqu’il l’est lui-même. Certains pourraient y voir un danger, celui de tomber dans le mimétisme moi j’y trouve une inspiration. Quand je le vois faire c’est comme s’il nous montrait le film qu’il a déjà fait dans sa tête. Il nous fait un storyboard vivant. Il nous montre ce qu’il voudrait que le personnage fasse. C’est un gain de temps. Après il nous laisse faire. A aucun moment on se sent offusqué de cela en se disant qu’il veut prendre notre place. Parce qu’à aucun moment à la fin de la prise, il nous demande de recommencer parce qu’on n’a pas joué comme il l’avait fait.
Il montre aux acteurs comme on montre à un enfant comment on marche, et c’est l’enfant qui va marcher. Les parents ne marchent pas à la place de leurs enfants.

Puisqu’il y a une part d’Olivier Marchal dans chacun de ses personnages, qu’est ce qu’il y a de lui dans Jumbo ?
Peut-être ce qu’il y a de moins sentimental.

Notes du réalisateur Olivier Marchal

MR 73 est le troisième volet d’un triptyque qui a débuté avec Gangsters. Un triptyque qui aurait pour thèmes,la solitude,la désespérance et l’errance.
Au travers de ces trois films, j’ai voulu rendre hommage aux flics que j’ai connus. Des flics abandonnés par les leurs, trahis par les instances supérieures et rongés par un métier qu’ils mettent au-dessus de tout.

Entretien avec Olivier Marchal

Après 36, Quai Des Orfèvres est-ce que ce nouveau film est né avec la peur ? Peur de décevoir, du jugement…
Les plus belles émotions de ma vie sont liées à la naissance de mes 3 filles. La sortie de 36, Quai Des Orfèvres restera le quatrième évènement de mon existence, bien plus que mon entrée dans la police. Alors si je ressens une peur c’est d’abord celle de ne pas décevoir le public et les gens qui m’ont fait confiance. J’ai mis tout en œuvre pour faire mieux. Avec 36, Quai Des Orfèvres il fallait surprendre avec Mr 73 il ne faut pas décevoir.

Entretien avec Daniel Auteuil

Comment introduiriez-vous Louis Schneider, votre personnage ?
C’est un bon flic. Mauvais mari, il n’a pas eu le temps d’être bon père. C’est un survivant.

Après 36, Quai Des Orfèvres vous aviez fait une demande ou exprimé un désir de retravailler avec Olivier Marchal ?

Entretien avec Olivia Bonamy

Comment présenter Justine ?
Au moment où l’on prend Justine dans le film, c’est quelqu’un qui ne peut pas être dans la vie. Ce n’est pas quelqu’un qui est en sursis, c’est quelqu’un qui est en survie : elle porte en elle la culpabilité d’être encore en vie après la mort de ses parents. Elle a sauvé la vie de sa sœur, mais elle n’a pas pu faire plus que ça. Ce n’est pas quelque chose qui s’est brisé, c’est quelque chose qui n’a pas pu se construire. Justine, c’est juste une hormone de croissance qui l’a faite pousser. Mais au final, elle reste une petite fille.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 2 058 entrées

  • 1ère semaine France : 448 334 entrées