Notes de Prod. : Mr. Nobody

    en DVD le 21 Juillet 2010

Entretien avec les acteurs de Mr. Nobody

Connaissiez-vous le travail de Jaco Van Dormael avant de tourner avec lui ?
Jared Leto : J’avais entendu beaucoup de belles choses à propos de lui mais je n’avais pas vu ses films. J’en connaissais juste les titres. Ce fut réel un plaisir de découvrir son travail, j’ai été très impressionné par ses films et sa manière de réaliser.
Sarah Polley : Toto Le Héros est l’un des plus beaux films que j’ai vus. Jaco a une manière unique de voir le monde et une imagination particulière. Ses films ne ressemblent à aucun autre et ils expriment de manière éclatante qui il est, son humanité.
Diane Kruger : Pour être honnête, je ne connaissais pas son nom. Mais à sa sortie, j’avais beaucoup aimé Toto le héros. Le scénario m’avait touchée et j’avais l’impression que les comédiens me prenaient par la main pour m’entraîner dans un rêve.
Linh-dan Pham : J’avais vu Toto Le Héros que j’avais adoré. Il y a dans ce film toute la poésie et la fantaisie qu’on retrouve dans Mr. Nobody, ce côté touchant qui nous ramène avec bonheur vers l’enfance.

Comment êtes-vous arrivé(e) sur ce film ?
Jared Leto : J’ai vu pour la première fois Jaco à la fin d’un concert que je donnais à Utrecht, aux Pays-Bas. On m’avait prévenu de sa venue juste avant de monter sur scène. J’avais lu son scénario quelques mois plus tôt et j’avais été complètement emporté par l’histoire. En repensant à la qualité de l’écriture et à la forte émotion que j’avais ressentie en lisant le scénario, je lui ai immédiatement dit à quel point il était génial et que bien évidemment j’étais d’accord pour faire ce projet.
Sarah Polley : Dès que j’ai appris que Jaco préparait un nouveau film, j’ai voulu en faire partie à tout prix. J’ai fait part de ce désir et ai rapidement eu le scénario en main. à la lecture, j’ai su que je voulais jouer Elise. Nous avons convenu d’un rendez-vous à New-York. Je me suis entraînée pour le convaincre que j’étais l’actrice qu’il lui fallait pour le rôle. Il est arrivé en espérant, lui, que j’allais accepter ! On était donc vraiment sur la même longueur d’ondes. Cela a donné le ton de ce qu’a été cette aventure : tout s’est enchaîné comme par magie. Je n’ai jamais été aussi heureuse sur un plateau.
Diane Kruger : Je suis venue un peu par hasard sur ce projet. C’est quelqu’un d’autre qui devait tenir le rôle et ne l’a finalement pas fait. Dans le but de me convaincre, j’ai eu la chance qu’on me fasse découvrir un premier montage des scènes tournées avec mon personnage et celui de Jared, enfant. C’était absolument sublime. Le lendemain, je suis partie voir Jaco en Belgique. à chaque première rencontre avec un metteur en scène, j’essaie de m’habiller comme le personnage pourrait l’être. J’avais choisi de mettre une robe rouge. Quand je suis arrivée, Jaco est resté bouche bée. J’étais, sans le savoir, habillée comme Anna de la couleur rouge, code visuel de tout son univers. ça a été le début de l’aventure.
Linh-dan Pham : Comme son film était tourné en anglais, Jaco ne voulait a priori pas faire de casting en France. Il se disait que les Français ne parlaient pas cet anglais sans accent, nécessaire au rôle. Puis, un jour, j’ai reçu un coup de fil de son premier assistant, Renaud Alcalde, qui m’a expliqué que Jaco Van Dormael avait vu De Battre Mon Coeur S’est Arrêté de Jacques Audiard et souhaitait travailler avec moi. Son directeur de casting à Londres m’a appelée peu après et ce coup de fil fut un vrai test d’anglais ! Cinq minutes après avoir raccroché, il m’a rappelée pour me dire qu’il m’envoyait le scénario afin d’organiser une rencontre ! J’ai découvert comment Jaco travaillait, en douceur. Assez directif tout en laissant beaucoup de liberté.

Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario ?
Jared Leto : J’ai été littéralement stupéfait. Au risque que cela fasse un peu cliché, pour moi, Jaco est un véritable génie. Son scénario est d’une complexité et d’une fluidité hallucinantes. Ce qu’il écrit, ce qu’il transmet est singulier, original, unique. Il est loin de tout conformisme, des clichés hollywoodiens que j’ai l’habitude de lire. Pour un acteur, c’est un cadeau inestimable de pouvoir travailler avec lui.
Sarah Polley : Je l’ai lu et relu plusieurs fois. Je ne sais pas vraiment si c’est parce que je n’avais pas tout compris ou juste pour le plaisir de me replonger à chaque fois dans ce délice. Se plonger dans ce scénario, c’est comme dévorer un roman majeur. Je l’ai même fait lire à toute ma famille dans la foulée et cela a nourri pas mal de discussions entre nous !
Diane Kruger : En le lisant, je n’en revenais pas de ma bonne étoile. C’était une très belle proposition. Car même si ce scénario n’est pas simple à lire car extrêmement riche, j’ai tout de suite pensé aux émotions ressenties devant Eternal Sunshine Of The Spotless Mind de Michel Gondry. Tout ce questionnement autour des choix auxquels on est tous à un moment confronté dans nos vies. Et puis je trouvais que le personnage d’Anna était le plus poétique, celui auquel on a envie de s’identifier.
Linh-dan Pham : Je suis beaucoup revenue en arrière au fur et à mesure de la lecture. Je me demandais comment Jaco allait s’en sortir pour faire tenir autant d’idées dans un film. Mais je sentais que ça allait être dans la veine de Toto Le Héros donc je n’ai pas hésité une seconde. En plus, Jaco ne fait qu’un film tous les dix ans donc je n’allais pas le louper !

Comment définiriez-vous votre rôle ?
Jared Leto : Mr. Nobody est tout le monde et personne à la fois. Une illusion. Le fruit de rêves. Il représente à la fois l’amour, l’espoir, la peur, la vie et la mort. C’est sans aucun doute le personnage le plus complexe que j’ai jamais eu à jouer. C’était un challenge de garder toutes ces vies concentrées en un seul personnage tout au long du tournage, sans ne jamais se perdre.
Sarah Polley : Elise est une jeune femme qui a beaucoup d’amour en elle. Elle aspire à être la meilleure des mamans mais elle n’y arrive pas. Elle est donc frustrée par cette incapacité à vivre comme elle aimerait, tout cela à cause de sa dépression. Elle ne comprend pas pourquoi elle n’arrive pas à s’en sortir. Et au fil du temps, elle développe un sentiment de honte et de culpabilité par rapport à son mari et ses enfants.
Diane Kruger : Anna est à mes yeux le personnage le plus entier de tous. Dans chacune de ses vies du film, elle va au bout des choses. Elle se marie ainsi avec un homme et tient jusqu’au bout sa promesse de ne jamais tomber amoureuse de quelqu’un d’autre. C’est un peu la femme que je rêverais d’être…
Linh-dan Pham : Elle s’appelle Jeanne. Elle aime passionnément Nemo Nobody mais lui ne l’aime pas. Ils se sont rencontrés sur un malentendu. Elle le pensait honnête et plein d’amour pour elle. Mais, alors qu’ils ont fondé une famille, elle s’aperçoit qu’il manque quelque chose dans leur relation, qu’il n’est jamais vraiment là. Je crois que ces histoires sont très fréquentes. Moi-même, je me suis posée des questions par rapport au couple. Comment évolue l’amour au fil du temps ? Quand la passion s’étiole, l’amour s’envole-t-il ou non ? Et puis, cela montre aussi que les vies parfaites sur papier peuvent ne pas l’être dans la réalité. Car en apparence tout va bien pour Jeanne et Nemo : un beau couple avec de beaux enfants qui vit dans une maison magnifique. Et pourtant, ça ne marche pas. C’est tragique et ça me bouleverse !

Comment avez-vous préparé Mr. Nobody ?
Jared Leto : Je me suis avant tout appuyé sur le scénario. J’avais une confiance totale en ce que Jaco avait écrit. à partir de là, j’ai fait travailler mon imagination… En fait, il fallait ne pas oublier que toutes les vies sont vécues par une seule et même personne. Si ce film brise beaucoup de règles, je n’interprète qu’un personnage avec beaucoup de ramifications différentes. Mon but a donc été de parvenir à jouer douze versions différentes de la même personne, au gré des choix qu’il fait. Et donc de construire les différences entre chacune sans s’éloigner d’une base commune. Travailler dans le détail le plus infime.
Sarah Polley : Honnêtement, je n’ai pas trouvé ce personnage si difficile à composer. J’avais tellement confiance en Jaco que tout s’est fait naturellement. On a juste parlé et ces conversations ont suffi à m’éclairer. Quand on sent qu’un réalisateur vous fait confiance et que c’est réciproque, rien ne vous fait peur. Tout coule de source. On va naturellement trouver en soi ce qui est nécessaire au personnage. D’autant plus sur le plateau de ce film où il régnait vraiment une atmosphère amicale et joyeuse. C’est dans ces moments-là que le métier d’actrice devient le plus beau métier du monde.
Diane Kruger : évidemment, Jaco m’a beaucoup parlé de la manière dont il voyait ce personnage. Mais ce sont les costumes et surtout le fait d’être brune qui m’ont aidé à devenir Anna. L’univers de chaque personnage est défini avec une précision rare chez Jaco. Cette Anna est tellement éloignée de ce que je suis dans la vie, qu’étrangement ce fut assez évident de me fondre dans le personnage.
Linh-dan Pham : Jaco laisse beaucoup de liberté en amont. Pour ma part, j’ai surtout travaillé sur mon accent anglais. J’ai eu un coach qui par la suite est venu sur le plateau. Et je me suis vite aperçue que dans toutes les prises où l’accent était juste, le jeu suivait. Sur le personnage en lui-même, c’était plus simple. être folle amoureuse, je peux comprendre ce que c’est. Je n’ai pas eu à chercher très loin et à faire mon Actor’s Studio !

Racontez-nous Jaco sur le plateau de Mr. Nobody
Jared Leto : On sent que Jaco aime les acteurs. En tout cas, il sait où il va et il est très précis pour nous le communiquer. C’est quelqu’un d’adorable et de très délicat. Le dialogue est toujours ouvert. Et quand j’avais des idées très précises sur ce que je voulais faire, et notamment sur toutes les scènes où je joue Nemo Nobody en vieillard, il m’écoutait et m’encourageait. Je pense que c’est lors des répétitions, que j’ai vraiment rendu Jaco heureux pour la première fois. Il a vu que j’avais compris ce qu’il voulait et que mes propositions ne faisaient que prolonger ses intentions. On faisait bien le même film. Alors, au final, ce n’est pas ma performance mais celle de Jaco qu’on voit à l’écran ! On a tous fait ce film pour lui. C’est un vrai artiste. Quelqu’un de rare humainement et professionnellement.
Sarah Polley : Jaco est quelqu’un de profondément joyeux qui sait faire partager son enthousiasme. Il est en empathie permanente avec ses acteurs. Il ne nous lâche jamais du regard. Il est avec nous. On se sent en sécurité. C’est la meilleure direction d’acteurs possible.
Diane Kruger : Un metteur en scène a souvent un regard de désir pour son actrice. Jaco, lui, aime ses personnages. Il est amoureux, dans le sens le plus pur du terme. Il a écrit ce scénario depuis dix ans donc il connaît sur le bout des doigts chaque détail intime de chaque personnage. Il a vécu avec chacun d’eux. Sur le plateau, il m’a vraiment regardée, il a vraiment regardé Anna. Il a intégré toutes les idées que j’ai pu avoir sur ce personnage, très naturellement, et il a su trouver les mots-clés pour débloquer une situation ou une scène difficile.
Linh-dan Pham : Il est toujours de bonne humeur ! Il dit toujours que la vie est trop courte et souvent très difficile et qu’il faut donc rigoler autant qu’on peut. Il s’entoure donc de gens qu’il aime. Quand il vous choisit, il vous ouvre les bras et les bras de sa famille de cinéma. J’ai donc trouvé ce tournage chaleureux et convivial, ce qui pousse forcément à donner le meilleur de soi-même. J’aime son idée qu’on n’ait pas besoin de souffrir pour l’art. Ensuite, techniquement, il laisse beaucoup de liberté puis corrige au fur et à mesure des prises. Il n’a pas besoin de beaucoup de prises en général. Mais on sent qu’aucun petit détail ne lui échappe. Ces petits détails qui peuvent passer inaperçus – un regard furtif… - mais qui font souvent une scène.

Comment avez-vous vécu le tournage de Mr. Nobody ?
Jared Leto : C’était vraiment un tournage de longue haleine. Il a fallu quitter son quotidien pendant six ou sept mois. Certains jours, je devais jongler entre quatre Nemo Nobody différents ! Avec le recul, je dirais que mon approche a été assez scientifique, très cérébrale pour ne pas me perdre. Ensuite, j’ai évidemment pu compter sur le regard de Jaco qui vous accompagne et vous porte. Ce fut un moment vraiment magnifique à vivre, sans drame, ni souci insurmontable, avec une réelle fluidité. Sur le plateau, il y avait une sensibilité que je n’avais encore jamais connu jusque-là. La majorité de l’équipe ayant déjà travaillé aux côtés de Jaco sur ses précédents films, on sentait un grand respect pour son travail. Je le dis et je le répète, c’est un cadeau merveilleux d’avoir été invité dans cette famille pour vivre cette aventure.
Sarah Polley : Grâce à l’ambiance créée par Jaco, j’ai pris un plaisir fou à être au milieu de cette équipe. Je n’ai pas eu besoin de m’isoler pour me concentrer avant mes scènes les plus dures, à l’exception des premiers jours, où je voulais m’assurer que j’allais être capable d’accéder à cette noirceur dans laquelle élise peut se perdre. Mais je me suis vite aperçue que je n’avais pas besoin d’être seule dans mon coin, à broyer du noir pour atteindre cet état-là. Toute l’équipe était tellement passionnée par le travail de Jaco, qu’elle nous portait.
Diane Kruger : L’ambiance était super joyeuse. J’ai déjà connu beaucoup de plateaux extrêmement sympathiques, mais là, il y avait un côté familial inédit pour moi. Jaco connaissait la plupart des techniciens depuis des années. Et, sur toute la durée du tournage, je n’ai jamais eu l’impression de travailler. D’ailleurs, même lorsque je ne tournais pas, j’allais sur le plateau voir les autres simplement pour passer un bon moment avec eux.
Linh-dan Pham : Comme le tournage était très long, je suis arrivée à chaque fois en pointillés. Ce qui n’a rien de simple. Mais, à chaque fois, j’avais l’impression de les avoir quittés la veille !

Quelle scène redoutiez-vous le plus ?
Jared Leto : Ce qui m’inquiétait le plus c’était de jouer le rôle de Nemo marié à élise interprétée par Sarah Polley. C’est le rôle le plus éloigné de ce que je suis. Jaco a écrit ce personnage comme quelqu’un qui ne sait pas quoi faire, ni comment, ni quand, qui se sent complètement impuissant face à la détresse de sa femme. J’étais un peu perdu dans ces scènes. J’avais envie d’être beaucoup plus fort que le personnage. De plus, n’ayant pas d’enfant moi-même, incarner Nemo dans le rôle d’un père de trois enfants, n’avait rien d’évident. C’est dans ces moments là que j’ai été le plus nerveux sur le tournage. Je n’avais pas de repères. Mais Jaco a été très patient avec moi et il m’a beaucoup aidé.
Sarah Polley : La scène de l’anniversaire de la fille d’élise. J’étais terrifiée car j’avais le sentiment de m’humilier devant des enfants en jouant cette maman un peu folle. Je pensais que tous ces enfants allaient me fixer en se demandant si je n’étais pas moi même un peu dingue !
Diane Kruger : Jouer des scènes romantiques est toujours complexe. C’est facile de rentrer dans le cliché. D’autant plus que celles que vit Anna sont toujours extrêmes : dans la déchirure ou dans les retrouvailles. Il fallait prendre garde de ne pas en faire trop. C’est ce qui m’inquiétait le plus…
Linh-dan Pham : La scène dans le lit où Jeanne essaie de confronter Nemo Nobody à son manque d’amour pour elle et lui reproche, entre autres, de ne même pas savoir le nombre de morceaux de sucre qu’elle met dans son café. Je la redoutais pour son côté émotionnel mais aussi parce que c’est un moment clé de leur histoire. Jeanne essaie de sauver leur relation mais se heurte à un mur puisque Nemo ne réagit pas.

Si vous aviez une image à retenir de toute cette aventure, quelle seraitelle ?
Jared Leto : Il y en a tellement. Nous avons tourné à Bruxelles, Anvers, Montréal, Londres et Berlin. C’est le genre d’expérience qui n’arrive qu’une fois dans une vie, et je ne remercierai jamais assez Jaco pour son invitation et sa confiance. J’espère que le film est tout ce dont il avait rêvé, ce fut un réel plaisir de travailler avec lui. Si Jaco est heureux alors je suis heureux !
Sarah Polley : J’ai juste le souvenir d’avoir passé mon temps à rire. Ce qui peut être étrange quand on voit le personnage que je joue. Mais je ne vous mens pas, ça s’est vraiment passé comme ça !
Diane Kruger : Parmi tous les beaux moments que j’ai vécus, le plus inoubliable pour moi restera ma dernière journée de tournage. Sarah et Linh-Dan avaient déjà terminé. Jared allait encore continuer dix jours et j’étais la dernière actrice à partir. Jaco pleurait et Philippe (Godeau) était hyper triste… C’était émouvant et gravé depuis dans ma mémoire.
Linh-dan Pham : Le jour où, au Canada, on a tourné les trois mariages de Nemo Nobody avec ses trois femmes, Diane Kruger, Sarah Polley et moi. Juste avant, Jared nous avait expliqué qu’il avait un style de baiser particulier pour chacune. Moi, j’ai eu droit au sexy kiss. Et c’était bien !

Notes de tournage de Mr Nobody

Le 17 Juillet 2007 - Jared Leto fantasme sa vie avec Sarah polley.

« Dans la vie, il y a deux tragédies. L’une est de ne pas réaliser ses rêves. L’autre est de les réaliser ». Le scénariste Jaco Van Dormael (Le huitieme jour, La Face cachée) portera sur les écrans son récit Mr. Nobody. Dormael signe ici un roman d’anticipation, où Mr. Nobody, dernier des mortels à 120 ans, s’imagine les différentes vies qui auraient pu être les siennes, si…Si, enfant, sur le quai de la gare, il avait choisi les bras de sa mère ou ceux de son père.

Mr. Nobody par Philippe Godeau

Philippe Godeau : A la fin du Huitième jour, Jaco m’a dit : « Pour mon prochain film, je vais faire quelque chose de simple, pas cher et rapide ! ». et puis, petit à petit, ça a pris une toute autre tournure… Un film est une matière vivante, il évolue constamment. L’accouchement a été très long, car Jaco ne fait pas partie des gens qui font les choses pour faire les choses. C’est un artiste avant d’être un cinéaste. Il faut lui laisser le temps pour arriver au bout de ses inspirations.

Entretien avec Jaco Van Dormael (Réalisateur de Mr. Nobody)

Pourquoi avoir attendu autant de temps avant de revenir sur un plateau ?
J’ai vécu. Et j’ai écrit. Bien sûr, je ne pensais pas que ce film me prendrait autant de temps. Mais plus j’écrivais, plus j’avais à écrire. Tant que je n’aimais pas, je continuais à expérimenter des pistes. Peut-être suis-je monomaniaque compulsif ? Au final, le scénario m’a pris sept ans, tous les jours, de 10h à 15h30, heure à laquelle finissait l’école de mes enfants. L’avantage, c’est que l’écriture est totalement compatible avec la vie de famille. Je n’avais aucune pression. Au cinéma, un film qui a cinq ans est un vieux film. C’est confortable d’être un « has-been ».

Mr. Nobody : notes de production

Philippe Godeau : A la fin du Huitième jour, Jaco m’a dit : « Pour mon prochain film, je vais faire quelque chose de simple, pas cher et rapide ! ». Et puis, petit à petit, ça a pris une toute autre tournure… Un film est une matière vivante, il évolue constamment. L’accouchement a été très long, car Jaco ne fait pas partie des gens qui font les choses pour faire les choses. C’est un artiste avant d’être un cinéaste. Il faut lui laisser le temps pour arriver au bout de ses inspirations.