Notes de Prod. : Mumu

    en DVD le 18 Août 2010

Mumu : Travailler avec des enfants

J’ai eu un immense plaisir à travailler avec des enfants. Pour moi, c’était presque la première fois ; avant j’avais seulement dirigé une petite fille de douze ans dans un téléfilm. On m’avait dit que j’aurais du fil à retordre, mais ce fut un enchantement. J’ai eu la chance de faire un très bon choix, aidé en cela par Maguy Aimé, une directrice de casting de Lyon qui a un flair formidable pour repérer les meilleurs enfants.

Le casting commença donc à Lyon, puis continua à Paris et à Niort. Valentin Ferey qui joue Perchard vient de Lyon et Balthazar Dejean De La Bâtie qui est parisien, et interprète Roger, fut découvert à Niort. En vacances chez sa grand-mère, des membres de sa famille ont insisté pour qu’il rencontre Maguy Aimé alors qu’il n’avait jamais participé à un casting. Dès que je l’ai vu entrer dans la pièce où avait lieu l'audition, j’ai senti que j’étais en présence de Brasse Coulée, le héros de l’histoire.

J’étais aussi convaincu qu’il s’entendrait très bien avec Valentin Ferey que j’avais déjà retenu pour le rôle de Perchard. Je lui ai fait lire quelques scènes que Maguy Aimé filma et compris tout de suite que j’étais en présence de mon personnage. Balthazar a rencontré Valentin à Paris, afin de faire des essais ensemble. La majorité des enfants est de Lyon et de la région Poitou, très peu sont de Paris. De nombreux enfants de la distribution font du théâtre dans de petites troupes d'amateurs, comme c'est le cas pour Valentin. Balthazar suit des cours au petit conservatoire du douzième arrondissement.

Sur le tournage, Maguy Aimé était leur coach. Je n’ai eu aucun problème avec Balthazar et Valentin, ni avec aucun autre enfant, d’ailleurs. Je les ai dirigés comme je dirige les acteurs professionnels. Dès les premières scènes, ils sont rentrés dans leur personnage, trouvant le ton juste et se prenant au jeu. C’est vrai que l’interprétation de Sylvie Testud et la personnalité hors du commun de Mumu les a beaucoup aidés. Ils avaient vraiment l’impression, comme Roger et Perchard, d’être dans une petite école de village dirigée par une maîtresse foldingue mais somme toute attachante et par un brave curé «moligasse», sous la surveillance du pion «le plus con de la terre». Joël Séria

Mumu, une histoire d'amour

Cette histoire, largement autobiographique, est restée pour moi comme une histoire d’amour. Pourquoi la filmer ?... Parce que les moments passés dans cette petite école de village où on plaçait les enfants difficiles m’ont laissé des souvenirs vivaces orchestrés par une institutrice hors du commun, considérée par nous les enfants comme «la plus vache du département».

Entretien avec le réalisateur de Mumu

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour faire un film autobiographique ?
Joël Séria : J’ai écrit ce film il y a dix sept ans. J’ai essayé de le monter à quatre reprises, sans succès. Je l’avais mis de côté et à la demande d’un producteur qui me demandait si j’avais des scripts prêts à être tour- nés, je lui ai sorti celui-là, avec deux autres. Il m’a pris une option sur les trois et c’est Mumu qui a réussi à se monter. Mais j’ai changé de producteur entre temps.