MY NAME IS HALLAM FOE est adapté du roman de Peter Jinks, un vieil ami du réalisateur
David Mackenzie et de la productrice
Gillian Berrie. Mackenzie et Berrie, associés depuis dix ans à travers Sigma Films, étaient présents depuis la génèse du roman et s’enthousiasmaient de sa possible adaptation au cinéma avant même qu’il ne soit terminé. « Quand j’ai fini le livre », explique Mackenzie, « j’étais très impressionné par la façon dont on rentre dans l’esprit de cet adolescent. C’était un peu comme de lire une version destroy de L’attrape-cœur, et c’était très révélateur des maux de ce 21ème siècle, où les ados doivent se conformer à une imagerie perverse dictée par la gloire et la célébrité. » « C’est ce que j’ai tout de suite aimé chez Hallam. C’est un original. Il va plus loin que n’importe qui. Il ne regarde pas Big Brother à la télévion, il observe lui-même les autres dans leur vie quotidienne. Il s’est tellement replié sur lui-même qu’il en est presque revenu à l’état sauvage. Il est comme un mélange de Rambo jeune, d’Edward aux mains d’argent et d’Harold, dans Harold et Maude de Hal Ashby. C’est un drôle d’oiseau et je pense que le futur appartient aux excentriques. » « Cette individualité si présente chez Hallam m’a beaucoup plue car on voit rarement des films qui reflètent ces conflits chez un adolescent. Beaucoup de réalisateurs font des films sur l’enfance, mais peu sont capables d’échapper à une sorte de nostalgie à propos de cette période. »

Le rôle était physiquement difficile. « Jamie s’est retrouvé au milieu du lac par un temps plus que froid ; il devait grimper sur les toits, rester sous la pluie la nuit pendant des heures. On l’a fait faire la vaisselle prise après prise. Il a été couvert de rats. À la fin, je n’avais plus d’idées pour le torturer encore un peu ! »
Jamie Bell confirme les propos de Mackenzie : « c’est pour l’instant l’un des tournages les plus éprouvants auxquels j’ai participé. Un planning très chargé, le travail sur l’accent écossais, les scènes de nu, et toutes les scènes où il fallait que je coure, saute, grimpe... ». Pour le reste du casting, il était important de créer une dynamique familiale qui soit convaincante.
Claire Forlani et
Ciaran Hinds interprètent la belle-mère et le père d’Hallam. Le courant passait bien et je lui ai parlé du script. Quelques mois plus tard, et après plusieurs versions, je le lui ai fait parvenir. » « Hallam Foe ne serait rien sans Jamie. Grâce à son interprétation, Hallam a acquis une exubérance, une énergie et un charme qui vont bien au-delà du script. C’est un acteur naturellement doué, avec beaucoup d’expérience pour son jeune âge. »

Pour Jamie, le plaisir était équivalent : « J’aimais beaucoup le travail de David sur Young Adam, et je trouvais la performance d’Ewan McGregor fantastique. On a tout de suite eu les mêmes idées sur la façon d’aborder le personnage. David m’a aussi laissé beaucoup de libertés sur le tournage. C’était important de rendre ce personnage réel et pas trop sentimental, car le public doit vraiment réussir à l’aimer. » « D’autre part, je n’avais jamais eu l’opportunité de travailler avec un personnage de cet âge. À la base, Hallam Foe est un gamin qui essaye de régler des gros problèmes. Le plus important d’entre eux étant cette relation avec sa mère décédée et sa belle-mère, le plongeant dans un univers de confusion. À la fin de l’histoire, il est presque arrivé à le résoudre, pas totalement mais assez pour que l’on comprenne qu’il va le surmonter. Toute cette étape d’accès à la maturité m’intéresse parce qu’encore aujourd’hui, je ne sais pas moi-même vraiment comment faire. » « Mais sans être totalement excentrique, Hallam est pourtant un personnage auquel on peut s’identifier. On connaît tous des moments difficiles quand on grandit. J’espère que le public saura reconnaître cela. » « Mes précédents films traitaient également de personnages quelque peu perturbés ; c’est le point commun à tous mes travaux. J’aime cette idée de personnes qui ne sont pas à leur place, ou qui ne se sentent pas à l’aise avec le monde qui les entoure. Mais MY NAME IS HALLAM FOE est beaucoup plus léger que mes deux derniers films. Et si j’ose, je dirai aussi plus romantique ! » « Je connais l’intérêt de David pour des personnages hors norme » explique la productrice,
Gillian Berrie. « Mais ce que j’apprécie tout particulièrement avec MY NAME IS HALLAM FOE, c’est que, bien que marginal, Hallam est à un âge où il peut être sauvé – ça donne de l’espoir à son voyage intérieur. »
Selon Berrie, « trouver le bon interprète pour le rôle fut facile. J’avais travaillé avec
Jamie Bell sur Dear Wendy de Thomas Vinterberg, dont j’étais co- productrice. » David a rencontré Jamie au Festival de Berlin, dans un restaurant japonais. « Au bout de chaque table se dressaient des écrans de TV qui diffusaient des mangas pornographiques. Je pense que l’un comme l’autre étions à moitié attentifs. Pour
David Mackenzie, «
Claire Forlani, qui interpète Verity Foe, est juste incroyable. Elle a trouvé cet équilibre : est-elle cette horrible belle-mère ou est-ce Hallam qui imagine tout cela ? Et
Ciaran Hinds participe à cet équilibre en interprétant ce père accablé par le deuil et la culpabilité, tout en aspirant à un nouveau départ avec sa nouvelle épouse. »
Sophia Myles a elle aussi apporté une autre dimension à son personnage, elle est à la fois solide et fragile, professionnelle et vulnérable. L’actrice était impressionnée par la performance de
Jamie Bell. « Parce qu’il a été Billy Elliot, il est un trésor national ! »
La ville d’Edimbourg est un élément-clé dans le film. Pour Mackenzie, il était primordial d’adopter deux styles visuels très différents pour chaque partie de l’histoire : « Il fallait rompre avec la première partie qui se passe en campagne lors de l’arrivée d’Hallam en ville. On s’est donc concentré sur la vieille ville. À mon sens, Edimbourg a beaucoup de charme et une apparence gothique. Dans le film, il y a une évidente texture visuelle entre les couleurs de la campagne et celles de la ville. Les mouvements de caméra sont plus fluides et élégants dans la première partie du film, ils se font plus brusques par la suite– grâce à l’utilisation de la caméra à l’épaule – pour tenter de capturer l’énergie urbaine. » « Je connais bien Edimbourg pour y avoir emménagé à peu près à l’âge d’Hallam. Et l’hôtel où il travaille est celui où j’ai eu mon premier emploi. Mais cette histoire n’est en rien autobiographique ! »