Notes de Prod. : Nanny McPhee et le big bang

    en DVD le 03 Août 2010

Nanny McPhee et le big bang : Les personnages

Les enfants

Si l’action se déroule à l’époque d’une guerre entre pays, le véritable conflit du film est celui qui oppose les enfants de la famille Green aux enfants de la famille Gray. Contrairement au premier volet dans lequel ils se serraient les coudes, les enfants de Nanny McPhee et le big bang s’affrontent dès leur rencontre : exubérance de la campagne contre citadins snobs ! Les Green doivent faire face à d’autres problèmes que l’arrivée de leurs cousins.
«Norman a 11 ans, et il est devenu l’homme de la maison depuis que son père est parti à la guerre, souligne Asa Butterfield, qui incarne l’aîné des enfants. Sa mère tente de s’en sortir, mais elle doit se battre tout le temps et elle a besoin d’argent pour le tracteur.» La réalisatrice a repéré Asa Butterfield dans Le GarÇon Au Pyjama Rayé, et a été frappée par sa présence à l’écran : «Il n’est pas seulement cinégénique, mais il a des yeux magnifiques qui révèlent une grande sensibilité, dit-elle. Et il a le mérite de ressembler à Maggie GyllenhaalEmma Thompson renchérit : «Asa s’est imposé pour le rôle de Norman qui est le véritable héros du film. C’est un garçon direct et sensible, ce qui était fondamental puisque Norman doit exprimer des émotions très fortes.»

Lil Woods campe Megsie, la sœur de Norman qui cherche à se rendre utile par tous les moyens. «Megsie a 9 ans, explique Lil Woods. Elle est un peu garçon manqué et elle n’aime pas faire d’histoires pour un oui et pour un non. Elle est très franche et elle s’adapte à tout. C’est la fille à tout faire de la famille : s’il y a un poteau de travers, c’est elle qui le répare, ou si une fenêtre est cassée, c’est elle qui la remplace.» «Lil correspondait parfaitement au personnage : elle habite à la campagne et elle a deux cochons domestiques,» note Susanna White. Emma Thompson ajoute : «Dès que j’ai vu Lil, je me suis dit qu’elle avait l’air de vivre dans une ferme. Et pour cause : c’est là qu’elle vit ! Avec ses taches de rousseur, on voit bien qu’elle passe beaucoup de temps en plein air.»

Le cadet de la famille est Vincent, âgé de 6 ans, interprété par Oscar Steer : «Au début du film, il est très, très vilain, mais il devient sage à la fin de l’histoire,» note-t-il. «Il fallait qu’on prenne Oscar tellement il était à croquer, explique la réalisatrice. Je voulais un garçon qui soit encore assez petit pour vivre dans son monde imaginaire et s’inventer une vie de pirate. Ce monde imaginaire se manifeste par son casque d’explorateur qui en dit long sur l’esprit aventurier du personnage.» La scénariste signale au passage : «C’est sa capacité à comprendre des choses subtiles et son visage incroyablement expressif qui nous ont tous convaincu qu’Oscar s’imposait dans le rôle dès qu’il a passé son audition. D’autre part, je n’avais jamais rencontré un enfant capable de faire des bruits aussi réalistes – des bruits qui expriment la tristesse et la joie ou des gémissements – sans qu’on ait le sentiment qu’il fasse l’acteur.»

Quand on fait la connaissance des enfants Gray, on ne les trouve pas sympathiques. Mais au fur et à mesure de l’intrigue, on comprend qu’ils ont traversé des événements douloureux qui les ont amenés chez les Green. «Cyril est un garçon snob, toujours prêt à faire des bêtises et à se battre, mais qui fait pas mal de réflexions très drôles,» remarque Eros Vlahos qui interprète le personnage. «Pendant longtemps, je me suis dit qu’on n’allait jamais trouver quelqu’un d’assez drôle pour camper le rôle, signale Emma. Ce personnage était un vrai dandy sous les traits d’un enfant.
Du coup, c’est un miracle qu’on ait déniché Eros Vlahos (…) Il a su parfaitement camper ce gamin atrocement gâté tout en le rendant attachant et extrêmement émouvant.» Rosie Taylor-ritson incarne la sœur de Cyril : «Celia Gray est odieuse au début du film, elle est incapable de faire quoi que ce soit, elle est habituée à se faire servir par des domestiques…»

Celia est le rôle qui a donné le plus de mal à la production. «On a vu des tas de filles, mais on n’arrivait pas à trouver ‘notre’ Celia, souligne Susanna White. Il nous fallait une fille qui ait de la classe et qui soit capable d’exprimer toutes sortes d’émotions. Et puis alors que nous faisions un jour des auditions dans une église près du British Museum, nous avons rencontré Rosie et dès l’instant où j’ai commencé à la filmer, j’ai compris que nous avions découvert une personne à part. Elle avait une formidable présence à l’écran, et elle était très bonne actrice. Et puis, elle avait un style classique qui convenait parfaitement à un film d’époque.»
Pour les nombreuses scènes de bataille, la production a fait appel au chorégraphe combats et «directeur de mouvements» Toby Sedgwick qui a réglé toutes les séquences de bataille et de poursuite des enfants, ainsi que celle où des animaux se faufilent dans la cuisine.

«Je ne crois pas qu’une équipe de film ait déjà eu recours à un ‘directeur de mouvement’, mais la comédie burlesque nécessite une grande préparation et une rythmique très précise, et c’est exactement ce que voulaient Susanna et Emma, affirme Toby Sedgwick. Je me suis aussi bien occupé de scènes assez simples où les enfants Green poursuivent Cyril autour de la table de la cuisine qu’à la séquence complexe du salon où les enfants se battent entre eux puis se battent contre eux-mêmes. Dans cette séquence-là, il y a plusieurs gags qui doivent parfois fonctionner simultanément. Par chance, on a eu quatre semaines pour la préparer.

On a mimé certains gestes pour donner l’impression, par exemple, que lorsqu’une main attrape Cyril par le col et l’envoie rouler par terre, il ne s’agit pas de sa propre main – ou encore que lorsqu’une main attrape Norman par l’oreille et l’envoie valser à l’autre bout de la pièce, il ne s’agit pas, là encore, de sa propre main ! Les enfants ont été formidables. Même Oscar Steer, qui n’avait que 6 ans, a vite appris les techniques consistant à donner l’illusion qu’il ne maîtrisait plus ni son corps, ni sa batte de cricket.»

Comme le signale Rhys Ifans qui campe l’oncle Phil : «Je ne suis pas d’accord avec l’adage qui dit qu’il vaut mieux éviter de travailler avec des animaux et des enfants, car cela a été un vrai bonheur de tourner avec les enfants dans ce film. J’ai souvent travaillé avec des gamins, et cela s’est toujours avéré une expérience riche et heureuse. Ils n’ont pas les travers des comédiens adultes.»

La mère débordée et la nounou d’enfer

Maggie Gyllenhaal, qui interprète Mme Green, explique l’état d’esprit de son personnage au début du film : «Elle est totalement au bout du rouleau, et les choses ne font que s’empirer ! S’il y a bien quelqu’un qui a besoin de Nanny McPhee, c’est elle. J’ai accepté le rôle parce que j’ai eu le sentiment que Mme Green était un personnage vraisemblable et qu’elle me faisait penser à une mère en qui je me reconnaissais. Bien entendu, il y a des choses qui la dépassent, mais je crois que toutes les mères savent ce que c’est que de se retrouver complètement débordée.
C’est une situation très répandue, et Emma Thompson l’a dépeinte avec beaucoup de sensibilité.» Pour Susanna White, le rôle de Mme Green était absolument crucial. «J’ai été très sensible à l’histoire du père absent et au fait que Mme Green tente de tout mener de front. Elle arrive à peine à s’en sortir avec ses propres enfants, alors quand ses neveux débarquent de Londres, c’est la catastrophe. Elle essaie de travailler dans le magasin du village tout en s’occupant de la ferme, ce qui est ingérable. Je me suis dit que c’était une intrigue qui reste très actuelle, et que Mme Green était un personnage extrêmement moderne.»

La réalisatrice poursuit : «Il se dégage une vraie générosité de Maggie, et elle a un tempérament proche du personnage. Emma a fait de Mme Green une femme un peu excentrique, et je me suis dit qu’il y avait cette part d’excentricité chez Maggie.» Pour Emma Thompson, il était intéressant de lui confier un rôle à contre-emploi. «Dans le film, Maggie campe une Anglaise un peu molle, alors qu’on l’associe en général à des personnages plus dynamiques et plus dans le coup. Autant dire que c’était formidable de la voir dans un tout autre registre.»

La ménagerie

«Les enfants ont été très impressionnés par les animaux du premier épisode, et on s’est dit qu’il nous fallait de nouveau utiliser des animaux dans le deuxième volet, rapporte Lindsay Doran. Du coup, Emma a glissé des porcelets dans le scénario, qui jouent un rôle très important dans l’intrigue. Ils ne sont pas seulement mignons – ils ont une fonction dramatique. Mais c’était très sympa de les avoir sur le plateau : ils sont futés et ils faisaient presque tout ce qu’on leur demandait.» Le dresseur Gary Moi explique : «C’est formidable de dresser des cochons. Ce sont des animaux brillants et très intelligents. On se les procure quand ils ont trois semaines, on les dresse et on les filme quand ils ont six semaines.

Les cochons grandissent très vite, si bien qu’il nous fallait deux groupes de 8 cochons, que nous avons filmés chacun pendant un mois.» La production a utilisé des porcs du Yorshire qui sont généralement tout roses. Pour qu’ils ressemblent à des cochons de la race Gloucestershire Old Spot – comme le souhaitait la réalisatrice –, le maquilleur et coiffeur Peter King a conçu des dessins au pochoir pour peindre des marques bien précises sur chaque cochon.
Bien entendu, les porcelets ne pouvaient pas effectuer toutes les actions décrites dans le scénario, comme la natation synchronisée et l’escalade des arbres. Ces scènes-là ont ensuite été ajoutées de manière numérique, mais cela voulait dire que les enfants devaient parfois jouer avec des porcelets imaginaires.

«Dans la scène de natation synchronisée, les enfants étaient censés réagir avec spontanéité et enthousiasme, alors qu’ils étaient seuls dans l’étang, signale Emma. C’est très difficile à jouer pour des enfants, comme pour des adultes.» Pour les aider, l’actrice a fait une apparition inattendue dans l’étang pendant que les caméras tournaient. Elle a alors mimé le comportement des porcelets tandis que les enfants réagissaient à ses mimiques. «Dans cette scène, lorsque les enfants rient à gorge déployée, c’est parce que je suis en face d’eux en train de me noyer, reprend Emma. Cela témoigne du respect qui régnait sur le plateau !» ajoute-t-elle en riant. D’autres espèces animales habitent la ferme.
Une vache et une chèvre jouent un rôle crucial, trois oies débarquent au bon moment, des poulets arpentent la cour et, de temps en temps, la cuisine. Un éléphanteau fait même quelques apparitions, pour mettre un peu de piment dans le film. Quant à Nanny McPhee, elle nous révèle une nouvelle facette de sa personnalité à travers «M. Edelweiss,» sa corneille. «Quand avec Emma on s’est attelées à l’intrigue, on s’est dit que ce serait amusant de donner à Nanny McPhee un génie familier, poursuit Lindsay Doran. Les sorcières ont souvent des animaux qui les aident à exercer leurs pouvoirs magiques, et même si Nanny McPhee n’est pas une sorcière, on s’est dit que ce serait une bonne idée de lui donner un petit compagnon.

M. Edelweiss la suit depuis longtemps, et il essaie de regagner son amitié car il lui a fait quelque chose il y a plusieurs années qui l’a contrariée et qu’elle ne lui a jamais pardonné. Il y a donc une énigme au début du film : qu’est-ce qu’il a fait pour la rendre aussi furieuse contre lui ?
M. Edelweiss n’abandonne pas : il va insister tant et si bien qu’elle finira par le laisser se poser sur son épaule comme avant, et sa fidélité à Nanny constitue une micro-intrigue dans l’histoire du film. Grâce à ça on en apprend davantage sur Nanny McPhee et sur son passé.» «La relation entre Nanny McPhee et M. Edelweiss est beaucoup plus normale que celle qu’elle entretient avec les enfants dont elle a la charge, ajoute Emma. Elle s’énerve après cet oiseau, comme elle ne s’énerve jamais avec les gamins dont elle s’occupe.» La comédienne a adoré travailler avec les différentes corneilles qui ont «interprété»

M. Edelweiss. «Nous avons dressé les oiseaux pendant des mois,» dit-elle. «C’était génial. Je me suis vraiment attachée à mes corneilles Al, Devil et Dorian. On a commencé par travailler avec six oiseaux, puis on est passé à trois : il y en avait une qui volait particulièrement bien, une deuxième qui était un peu plus audacieuse et une troisième qui arrivait à surgir de sous ma robe.»

Les méchants de l’histoire

Comme dans toutes les bonnes histoires qui se respectent, la présence de quelques méchants est nécessaire. Rhys Ifans campe Phil Green : «C’est le beau-frère d’Isabel, et contrairement à son frère Rory qui se bat courageusement pour son pays, Phil prétend avoir les pieds plats pour éviter d’être appelé sous les drapeaux, note l’acteur.
Du coup, il passe son temps à traîner. Il est propriétaire de 50% de la ferme, mais il est très endetté à force de jouer au casino et sa seule manière de rembourser ses dettes consiste à revendre ses parts. En clair, Phil est un type qui a échappé à la conscription et qui, au fond, n’est qu’un lâche.» Susanna White poursuit : «Phil est un faible. Il pense être un type bien, mais il ne fait que s’attirer des ennuis. C’est un indécrottable optimiste qui pense toujours que le nouveau coup qu’il prépare va lui rapporter gros, et Rhys a tout de suite cerné le personnage.
Il est formidable dans un registre burlesque, mais il sait aussi être émouvant. C’est un merveilleux méchant, qui est aussi étrangement sexy.» Dans l’entourage de Phil, on trouve aussi Mlles Tohu et Bohu, les deux «femmes de main» de la sinistre Mme Bigleuse qui comptent bien faire payer Phil.

«Tous les hommes sont à la guerre, et il ne reste donc plus que ces femmes fortes et effrayantes qui fichent la trouille à Phil et qui le menacent de lui arracher les reins s’il n’honore pas sa dette.» Katy Brand (Mlle Bohu) ajoute : «Elles travaillent comme femmes de main pour Mme Bigleuse qui tient un casino. On est en temps de guerre, et Mlles Tohu et Bohu sont faites pour ce boulot.
Elles n’en peuvent plus de manger des œufs séchés et du porridge, et si elles réussissent à récupérer la ferme que doit Phil à leur patronne, elles seront récompensées sous forme de loukoums.» Sinead Matthews (Mlle Tohu) affirme : «Je le menace tout en flirtant avec lui et en riant bêtement.» Katy brand conclut : «Je suis tout en muscles et j’ai l’esprit d’une psychopathe.»

Nanny McPhee et le big bang : Notes de production

Le retour de Nanny
Cinq ans après le succès de Nanny Mc Phee, Emma Thompson et la productrice Lindsay Doran ont souhaité ajouter un nouveau chapitre à la saga. «Pour nous, le point de départ du premier épisode pouvait se résumer ainsi : une nounou aux pouvoirs magiques contre les sept enfants les plus horribles du monde, explique Lindsay Doran. C’est le principe même de la saga : la rencontre entre des gosses mal élevés et une nounou qui leur vient en aide.